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Bruits dans les murs ou le grenier la nuit : quel animal est-ce ?

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En brefDes petits grattements et des courses légères évoquent des souris, des bruits plus lourds un rat. Un vacarme de courses, de bonds et de cris, surtout du printemps à l'été, fait penser à une fouine. Des sifflements et couinements de petits groupes la nuit, de la fin du printemps à l'automne, orientent vers le lérot. Les crottes et une couche de farine sur le plancher permettent de trancher.
Fouine au pied d'un rocher : pelage brun, large bavette blanche sur la gorge et le poitrail
Photo : Charles J. Sharp, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Des bruits au-dessus du plafond ou dans une cloison, surtout la nuit, inquiètent vite. Plusieurs animaux peuvent en être la cause, et la bonne réaction dépend de l’espèce : certains se traitent par pièges, d’autres doivent seulement être incités à partir. Le type de bruit et la saison orientent vers une espèce. Les traces, surtout les crottes, permettent ensuite de confirmer.

Le tableau pour s’orienter

AnimalBruit typiqueSaison la plus bruyanteIndice décisif
SourisGrattements fins, petites courses rapidesAutomne et hiverCrottes de 3 à 6 mm, pointues
RatBruits plus lourds, rongement, couinementsToute l’annéeCrottes jusqu’à 2 cm, traces grasses le long des murs
LérotCouinements, sifflements, bruits de repas, à plusieursFin de printemps à l’automnePetit rongeur à masque noir, silencieux l’hiver
FouineCourses-poursuites, bonds, cris, comme un chatMars à mi-aoûtCrottes torsadées, isolant arraché
Chauve-sourisPetits cris aigus en fin de journéeÉtéCrottes qui s’émiettent sous le point d’envol

Souris et rats

Les souris font des bruits légers : grattements, courses brèves, rongement. Elles s’installent souvent à l’intérieur des cloisons et des faux plafonds quand il fait froid. Le rat fait des bruits plus lourds. D’après l’université de Californie, des bruits venant du grenier ou d’un faux plafond orientent plutôt vers le rat noir, bon grimpeur. Le rat brun fréquente davantage caves et rez-de-chaussée.

Les crottes permettent de trancher : voir crotte de souris et crotte de rat.

Le lérot

Lérot sortant la tête d'un creux d'arbre : masque noir autour des yeux, grandes oreilles, ventre blanc
Le lérot : plus grand qu'une souris, plus petit qu'un rat, reconnaissable à son masque noir. Photo : Jan Ebr, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Surnommé « loir des greniers », le lérot est un petit rongeur de 10 à 17 cm sans la queue, avec un masque noir autour des yeux. D’après le plan d’actions transfrontalier franco-belge « Tous éco-citoyens » qui lui est consacré, il vit la nuit, souvent en petits groupes. Ces groupes émettent toutes sortes de sons : couinements, sifflements, bruits de repas.

Il hiberne de l’automne au printemps, parfois dans un grenier. On l’entend donc surtout de la fin du printemps à l’automne. Les redoux peuvent le réveiller en hiver : il cherche alors à manger, par exemple un stock de pommes au grenier.

En France, le lérot n’a pas de statut protégé. Il est pourtant classé « quasi menacé » sur la liste rouge européenne. Le plus simple reste de boucher ses accès, mais seulement quand vous êtes sûr qu’il est dehors. Le plan d’actions indique qu’il hiberne d’octobre à avril : ne fermez rien pendant cette période s’il a pu s’installer dans les combles, vous risqueriez de l’enfermer. Pendant l’été, des jeunes peuvent aussi se trouver au nid. Ne fermez donc qu’une fois sûr que le grenier est vide : de la farine devant l’accès ne doit plus montrer de traces vers l’intérieur pendant plusieurs nuits.

La fouine

Fouine au pied d'un rocher : pelage brun, large bavette blanche sur la gorge et le poitrail
La fouine : pelage brun et large bavette blanche, truffe rosée. Photo : Charles J. Sharp, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

La fouine est un petit carnivore de 40 à 50 cm, à la bavette blanche. Elle vit volontiers dans les combles et utilise l’isolant pour faire son nid. D’après la LPO Alsace :

  • elle est bruyante dès la tombée du jour : courses-poursuites, bonds, cris, grattements ;
  • de mars à mi-juillet, les petits font beaucoup de bruit en jouant et en se nourrissant ;
  • de mi-juillet à mi-août, c’est la période des amours, avec des cris et des poursuites ;
  • de mi-août à mars, elle est beaucoup plus discrète.

Ses crottes torsadées, souvent déposées en hauteur, et l’isolant arraché confirment sa présence. Elle passe par un trou d’environ 7 cm.

Faire partir une fouine

La LPO déconseille de la piéger : une autre fouine prend vite la place libre. L’empoisonnement est interdit et dangereux pour les autres animaux. La méthode recommandée :

  1. Repérer tous les accès. Une fine couche de farine sur le plancher révèle les empreintes et les passages.
  2. Boucher tous les accès sauf un, avec une planche ou un grillage rigide, pour ne pas l’enfermer.
  3. Poser un répulsif dans le gîte et sur les passages, puis écouter pendant 48 heures.
  4. Une fois l’animal parti, fermer le dernier accès, au plus tard dans les 3 jours.

La période conseillée pour la déloger va de septembre à février, pour ne pas laisser des petits enfermés. Le canton de Fribourg conseille aussi de couper les branches qui touchent le toit : la fouine saute jusqu’à 3 m.

Selon les départements, la fouine peut être classée comme espèce susceptible d’occasionner des dégâts et piégée par un piégeur agréé. Renseignez-vous auprès de la préfecture avant toute capture.

Les chauves-souris

Elles se signalent surtout par de petits cris aigus à la tombée du jour en été, et par des crottes qui s’émiettent sous leur point d’envol. Elles ne rongent rien et ne construisent pas de nid. En France, elles sont protégées par l’arrêté du 23 avril 2007 : il est interdit de les déranger ou de détruire leur gîte. Pour une colonie gênante, contactez une association de protection de la nature, qui conseille gratuitement.

Et si c’était autre chose ?

Les bruits de dilatation du bois et des tuyaux au refroidissement du soir sont des craquements secs, réguliers, sans déplacement. Un animal, lui, se déplace : le bruit change d’endroit. En cas de doute, la farine sur le plancher reste le test le plus simple. Des empreintes le lendemain matin confirment une visite.

Sources

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