Chenille processionnaire du pin : la reconnaître, se protéger, protéger son chien

Une file de chenilles poilues qui traverse l’allée en fin d’hiver, une poche blanche au bout d’une branche de pin : c’est la chenille processionnaire du pin. Ses poils sont urticants pour l’homme comme pour le chien.
Comment la reconnaître


D’après l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes, la chenille est brune avec des taches orangées, couverte de poils. Elle vit sur les pins, et parfois sur les cèdres, dont elle mange les aiguilles. Les chenilles vivent ensemble dans un nid soyeux au bout des branches, qui peut en abriter des milliers.
Le signe le plus connu est la procession : de février à avril, les chenilles quittent le nid et descendent au sol l’une derrière l’autre, tête contre queue, pour s’enterrer.
Son cycle dans l’année
D’après l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes :
- De juin à septembre, les papillons pondent sur les aiguilles de pin 150 à 320 œufs, groupés en un manchon gris argenté de 2 à 5 cm.
- Les œufs éclosent 5 à 6 semaines plus tard. Les jeunes chenilles mangent les aiguilles.
- Au cours de leur développement, elles construisent le nid d’hiver au bout des branches.
- De février à avril, elles descendent en procession et s’enterrent pour se transformer.
- Les papillons apparaissent quelques mois plus tard, et le cycle recommence.
Quand est-elle dangereuse ?
L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) observe la plupart des expositions de janvier à mai, avec un pic en mars. Le risque ne disparaît pas ensuite : les nids vides contiennent encore des poils urticants, que le vent peut disperser.
Les poils contiennent une protéine très irritante. Ils se détachent quand la chenille se sent menacée et peuvent voler sur plusieurs dizaines de mètres. Selon l’Anses, dans un cas sur deux, les personnes atteintes n’avaient pas vu de chenille.
Les symptômes chez l’homme
D’après l’Anses :
- sur la peau : boutons rouges, cloques et plaques qui démangent, comme après un contact avec des orties. C’est le cas le plus fréquent ;
- dans les yeux : douleur, larmes, rougeur, paupières gonflées, et dans les cas graves des lésions de la cornée ;
- dans les voies respiratoires : toux, nez qui coule, éternuements, parfois une crise d’asthme ;
- plus rarement, une chute de tension, un malaise ou une perte de connaissance.
Un jeune enfant qui porte une chenille à la bouche peut avoir le visage et la gorge qui gonflent. Sur plus de 1 200 expositions recensées entre 2012 et 2019, 90 % étaient bénignes.
Que faire en cas de contact ?
- Douchez-vous et rincez-vous bien, sans frotter. Retirez les vêtements avec des gants et lavez-les à plus de 60 °C, selon l’ARS.
- L’ARS conseille de retirer les poils invisibles de la peau avec un ruban adhésif, collé puis décollé.
- Yeux : ne les frottez pas, rincez-les et consultez rapidement un ophtalmologue.
- Dans la bouche : buvez un grand verre d’eau. L’ARS indique qu’on peut ensuite retirer prudemment les poils restants avec une compresse ou du papier collant, sans frotter.
- Pour des démangeaisons ou des rougeurs, appelez un centre antipoison ou consultez un médecin. Prenez la chenille en photo si possible.
Appelez le 15 ou le 112 en cas de gêne pour respirer, de gonflement du visage ou de la gorge, de malaise ou de perte de connaissance.
Chenille processionnaire et chien : symptômes et urgence
Les animaux sont exposés au sol, et le chien est le plus à risque : il renifle, et peut prendre une chenille dans la gueule. D’après l’Anses, la réaction peut aller jusqu’à la mort d’une partie de la langue. Le signe d’alerte est une salivation abondante.
Dans ce cas, consultez un vétérinaire ou un centre antipoison vétérinaire sans attendre. Ne cherchez pas à nettoyer vous-même sa gueule. Ne caressez pas son pelage après une promenade dans une zone infestée : des poils peuvent s’y être accrochés. Pendant la période à risque, tenez-le en laisse près des pins.
Le chat qui sort peut lui aussi être exposé au sol : en cas de doute, consultez un vétérinaire.
Piège à chenille processionnaire et autres moyens de lutte
L’ARS Auvergne-Rhône-Alpes cite plusieurs moyens, complémentaires. Ils n’agissent pas au même moment du cycle :
- les pièges à phéromone, qui capturent les papillons mâles, installés en août et en septembre par une entreprise spécialisée ;
- les pièges posés autour du tronc, souvent appelés écopièges, qui capturent les chenilles quand elles descendent en procession ;
- les nichoirs à mésanges : ces oiseaux mangent les chenilles ;
- un traitement biologique à base de Bacillus thuringiensis, à pulvériser en fin d’hiver, avant les processions, en respectant les précautions d’usage ;
- la taille des branches atteintes, qui peut réduire le risque.
Le retrait des nids est à confier à un professionnel équipé, rappellent l’Anses et l’ARS. Ne grimpez pas dans l’arbre pour couper un nid vous-même.
Ce que dit la loi
Depuis le décret du 25 avril 2022, la processionnaire du pin et celle du chêne sont classées parmi les espèces dont la prolifération est nuisible à la santé humaine. Les mesures de prévention et de lutte sont fixées par arrêté préfectoral. L’article R1338-5 du code de la santé publique oblige alors tout propriétaire, locataire, exploitant, gestionnaire de terrain ou occupant à appliquer ces mesures, dans le délai fixé par l’arrêté. Voir aussi notre page chenilles processionnaires. Pour savoir ce qui s’applique chez vous, renseignez-vous auprès de votre mairie ou de la préfecture.
Pour l’autre espèce, active plus tard dans l’année et qui ne descend pas en procession, voir processionnaire du chêne.
Sources
- Anses – Les chenilles processionnaires : des chenilles urticantes à ne pas toucher ni approcher (10 mars 2023)
- ARS Auvergne-Rhône-Alpes – Chenilles processionnaires (chêne ou pin) : risques et comment se protéger (26 juin 2026)
- Légifrance – Décret n° 2022-686 du 25 avril 2022 relatif à la lutte contre la chenille processionnaire du chêne et la chenille processionnaire du pin
- Légifrance – Code de la santé publique, article R1338-5
