La chenille processionnaire du chêne : la reconnaître, s'en protéger, lutter

Moins connue que la processionnaire du pin, la processionnaire du chêne est de plus en plus signalée, par exemple en Normandie d’après l’ARS. Elle vit au printemps et en été, en hauteur, sur les chênes. Ses poils sont tout aussi urticants, et ses nids restent dangereux longtemps après le départ des chenilles.
Comment la reconnaître
D’après l’ARS Normandie, la jeune chenille est jaunâtre avec une ligne plus foncée sur le dos. Plus âgée, elle devient grisâtre, couverte de longs poils, avec le ventre jaunâtre, et dépasse 5 cm. L’ARS Auvergne-Rhône-Alpes la décrit sombre, à tête noire, avec des taches rougeâtres et des poils argentés. Elle mange les feuilles de chêne, surtout la nuit.

Les nids ne pendent pas au bout des branches comme ceux du pin : ce sont des amas soyeux et compacts, plaqués sur l’écorce du tronc et des grosses branches, que l’ARS Normandie appelle des cocons. Les chenilles s’y regroupent, puis s’y transforment en chrysalides.
Pin ou chêne : la différence qui compte
La processionnaire du chêne se déplace en rangs sur l’arbre, mais elle ne descend pas au sol en procession, rappellent l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes et l’ARS Normandie. Conséquence pratique : les pièges posés autour du tronc pour intercepter les chenilles qui descendent, utiles contre celle du pin, sont inefficaces ici, selon l’ARS Normandie.
Son calendrier est aussi décalé : l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) observe les expositions d’avril à août, avec un pic en juin, alors que celle du pin culmine en mars. Pour l’autre espèce, voir notre page chenille processionnaire du pin.
Son cycle et la période à risque
D’après l’ARS Normandie, les œufs passent l’hiver en plaques de quelques centimètres sur l’arbre. Les chenilles éclosent au printemps, se développent jusqu’en été, puis se transforment en chrysalides dans le nid. Le papillon, gris à brun et nocturne, en sort ensuite et pond à son tour.

La chenille n’est pas urticante avant son troisième stade. Ensuite, le risque augmente avec sa croissance : il est le plus élevé de mai à juillet, selon l’ARS Normandie. Les poils restent près des nids même quand les chenilles sont parties, et le vent les transporte.
Les risques pour la santé
Les poils provoquent des démangeaisons et des plaques sur la peau, des atteintes des yeux, des troubles respiratoires et parfois des réactions allergiques graves, d’après l’ARS Normandie. Les chiens, les chats et les chevaux sont aussi sensibles et peuvent être gravement touchés.
Les arbres souffrent également : les chenilles mangent les feuilles, parfois jusqu’à défolier le chêne. D’après l’ARS Normandie, ces défoliations ne le tuent pas, mais il devient beaucoup plus sensible aux maladies.
Les bons gestes
L’ARS Normandie conseille :
- de ne toucher ni les chenilles, ni les nids, ni les cocons ;
- d’éviter de rester sous ou près des chênes atteints, et d’en éloigner les enfants et les animaux ;
- de ne pas faire sécher le linge près des arbres porteurs de nids ;
- d’arroser les zones contaminées pour faire pénétrer les poils dans le sol ;
- de ne pas se frotter les yeux.
Après une exposition, prenez une douche et changez de vêtements. Si la peau ou les yeux sont irrités, ou si la respiration est gênée, surtout chez une personne allergique ou asthmatique, consultez rapidement un médecin ou un pharmacien. Pour une urgence, appelez le 15. Pour un animal, contactez un vétérinaire. Signalez les nids à votre mairie.
Comment lutter contre la processionnaire du chêne
L’ARS Normandie décrit trois méthodes, à combiner selon la saison :
| Méthode | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Nichoirs à mésanges | à poser en automne ou en hiver | trou d’entrée de 32 à 34 mm pour la mésange charbonnière, 28 à 29 mm pour la mésange bleue ; 20 nichoirs à l’hectare, ou un tous les 50 m en lisière |
| Traitement biologique (Bacillus thuringiensis) | début du printemps (mars-avril), avant le 3ᵉ stade | pulvérisation du feuillage par un professionnel, en respectant les précautions d’usage |
| Retrait des nids | de mai à septembre | grattage ou aspiration, puis destruction, par une entreprise équipée |
Le retrait des nids exige une protection complète : combinaison étanche, masque filtrant, gants et bottes. Pour les grands arbres et les branches hautes, faites appel à une entreprise spécialisée. L’ARS Normandie signale aussi le rôle des chauves-souris, qui mangent les papillons : conserver les arbres morts et les cavités les aide.
Ce que dit la loi
Depuis le décret du 25 avril 2022, la processionnaire du chêne et celle du pin sont classées parmi les espèces dont la prolifération est nuisible à la santé humaine. Les mesures de prévention et de lutte sont fixées par arrêté préfectoral. L’article R1338-5 du code de la santé publique oblige alors tout propriétaire, locataire, exploitant, gestionnaire de terrain ou occupant à appliquer ces mesures, dans le délai fixé par l’arrêté. Voir aussi notre page chenilles processionnaires. Pour savoir ce qui s’applique chez vous, renseignez-vous auprès de votre mairie ou de la préfecture.
Sources
- ARS Normandie – Fiche « La chenille processionnaire du chêne » (avril 2024)
- Anses – Les chenilles processionnaires : des chenilles urticantes à ne pas toucher ni approcher (10 mars 2023)
- ARS Auvergne-Rhône-Alpes – Chenilles processionnaires (chêne ou pin) : risques et comment se protéger (26 juin 2026)
- Légifrance – Décret n° 2022-686 du 25 avril 2022 relatif à la lutte contre la chenille processionnaire du chêne et la chenille processionnaire du pin
