Le lérot : le reconnaître, le distinguer du loir et le faire partir

Le lérot est le petit rongeur masqué qui couine et siffle la nuit dans les greniers, de la fin du printemps à l’automne. On le prend souvent pour un rat ou pour un loir. Il peut s’installer dans l’isolant et grignoter les fruits stockés. Le faire partir demande surtout de choisir le bon moment.
Comment reconnaître un lérot ?
Notre source principale est un plan de protection du lérot, publié en 2017 par la province belge de Flandre occidentale et des partenaires du Nord de la France. D’après ce plan, le lérot est plus grand qu’une souris et plus petit qu’un rat. Il mesure 10 à 17 cm, plus une queue de 9 à 14,5 cm, et pèse 47 à 140 g. Il est le plus lourd en automne, juste avant d’hiberner : la LPO cite jusqu’à 210 g.
Trois détails permettent de le reconnaître :
- un masque noir autour des yeux ;
- un corps nettement bicolore, dos gris-brun à roux et ventre blanc ;
- une queue velue terminée par un pinceau de poils noirs et blancs.
Ses grandes oreilles dépassent nettement, plus que celles d’une souris.
Loir ou lérot : quelles différences ?

Les deux appartiennent à la même famille, celle des gliridés, et fréquentent tous deux les greniers. Les surnoms entretiennent la confusion : le lérot est souvent appelé « loir » ou « rat fruitier » selon les régions.
| Lérot | Loir gris | |
|---|---|---|
| Taille sans la queue | 10 à 17 cm | 14 à 20 cm |
| Poids | 47 à 140 g | 80 à 250 g |
| Visage | masque noir bien net | pas de masque, un fin liseré sombre autour des yeux |
| Queue | pinceau noir et blanc au bout | plus courte que le corps, parfois tronquée |
| Dans la maison | greniers, remises, dépendances | cabanes et greniers en hiver |
Le masque noir est le meilleur indice pour reconnaître le lérot. Le loir est plus grand, gris, et n’a pas ce masque : voir notre page loir gris. Les deux espèces hibernent environ 7 mois.
Que fait un lérot dans la maison ?
Le lérot vit la nuit, seul ou en petits groupes. Il mange de tout, ce qui est rare chez les rongeurs : des insectes, des escargots, des oisillons, et surtout des fruits, des graines et des noix. La LPO le décrit comme « avant tout un mammifère frugivore ».
Il hiberne 6 à 7 mois, d’octobre à avril, souvent en groupe, sans faire de réserves. Un redoux peut le réveiller en plein hiver. Il cherche alors à manger, par exemple un stock de pommes au grenier. La reproduction a lieu d’avril à septembre. Le plan de protection compte en général 4 à 6 jeunes par an.
On l’entend surtout de la fin du printemps à l’automne, mais pas toutes les nuits : le plan de protection note que les lérots ne sont pas aussi bruyants chaque nuit ni chaque mois. Un petit groupe en sortie la nuit couine, siffle et fait du bruit en mangeant. Ces cris servent à marquer le territoire au printemps et à rassembler la famille en été.
Comment reconnaître une crotte de lérot ?
Elles sont allongées et mesurent 7 à 15 mm, parfois plus. Celles des souris font moins de 7 mm, d’après le plan franco-belge de protection du lérot. Dans un nid occupé longtemps, il les dépose souvent dans un même coin, une sorte de latrine.
Une crotte isolée ne suffit pas à trancher entre un lérot et un jeune rat : comparez avec nos pages crotte de souris et crotte de rat. Pour nettoyer, portez des gants, ne balayez pas à sec pour ne pas soulever de poussière, puis lavez-vous les mains. Pour une grosse accumulation, faites appel à un professionnel.
Le lérot est-il dangereux ?
Ses dégâts restent limités. Selon le plan de protection, il croque quelques bouchées dans les fruits, ce qui les rend invendables mais pas inutilisables. Dans les maisons, les principaux désagréments sont le bruit la nuit et les dégâts possibles dans l’isolant. Comme tout animal sauvage, ne le prenez pas à mains nues.
Comment faire sortir un lérot sans l’enfermer
La seule solution durable est de l’empêcher d’entrer. Le moment compte plus que la méthode.
- Repérez les accès : de la farine sur le plancher, devant les trous et les fentes, montre les passages.
- Attendez qu’il soit dehors. Il hiberne en général d’octobre à avril, mais les dates varient selon le temps : ne vous fiez pas au seul calendrier. S’il hiberne dans les combles, ne fermez rien, vous l’enfermeriez. En été, des jeunes peuvent se trouver au nid.
- Bouchez les accès avec du grillage fin ou du mortier, quand la farine ne montre plus de traces vers l’intérieur pendant plusieurs nuits.
- Rangez la nourriture : fruits stockés au grenier, graines pour oiseaux, croquettes.
Le poison est à exclure. Les raticides vendus aux particuliers sont autorisés contre les rats et les souris, pas contre le lérot. Le plan de protection cite d’ailleurs l’empoisonnement par la mort-aux-rats parmi les causes de son déclin.
Le lérot est-il protégé ?
En France, non : il ne figure pas dans la liste des mammifères protégés (arrêté du 23 avril 2007). Cela ne veut pas dire que tous les moyens sont permis pour s’en débarrasser : l’exclusion reste la méthode à privilégier. Il est pourtant classé « quasi menacé » sur les listes rouges européenne et mondiale, et il est protégé en Belgique, en Flandre comme en Wallonie. Il a perdu la moitié de son aire de répartition dans l’est de l’Europe en 30 ans.
Le loir gris n’est pas protégé non plus en France. Si vous entendez plutôt des courses, des bonds et de vrais cris dans le grenier, pensez à la fouine. Pour comparer tous les bruits possibles, voir notre page bruits dans les murs ou le grenier.
Sources
- Province de Flandre occidentale et partenaires du projet Interreg TEC! – Plan d'actions transfrontalier pour le lérot (O. Dochy, octobre 2017)
- LPO – Fiche espèce : Lérot
- LPO – Fiche espèce : Loir gris
- Légifrance – Arrêté du 23 avril 2007 fixant la liste des mammifères terrestres protégés (version en vigueur au 29 octobre 2026)
- Anses – Décision d'autorisation d'un rodenticide grand public (FRAP BLOCK, AMM FR-2012-0020)



