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La fouine : la reconnaître, ses dégâts et comment la faire partir

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En brefLa fouine mesure 40 à 50 cm sans la queue et se reconnaît à sa bavette blanche et à sa truffe rosée. La martre a une bavette jaune et vit en forêt ; la belette pèse moins de 150 g. Pour la faire partir du grenier, la LPO conseille de boucher tous les accès sauf un et de poser un répulsif. Une fois l'animal sorti, on ferme le dernier passage, de préférence de septembre à février.
Fouine dressée contre une planche, un oisillon dans la gueule : bavette blanche, truffe rosée, grandes oreilles rondes
Photo : Лариса Артемьева (Larissa Artemieva), CC0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

La fouine est le petit carnivore qui court, saute et crie la nuit au-dessus de nombreux plafonds. Elle vit volontiers près des maisons, dort dans l’isolant des combles et s’en prend parfois aux câbles des voitures. Elle ne se multiplie pas comme les souris et ne s’attaque pas à l’homme. Avec un peu de méthode, on peut la faire partir sans la piéger.

À quoi ressemble une fouine ?

D’après la fiche de la LPO Alsace, la fouine mesure 40 à 50 cm, plus une queue touffue de 20 à 28 cm. Elle pèse 1,3 à 2,3 kg. Son pelage est brun-gris. Sous la gorge, elle porte une bavette blanche, séparée en deux lobes. Sa truffe est rosée.

Elle est active presque uniquement la nuit. C’est une excellente grimpeuse : elle passe par un trou d’environ 7 cm, la taille de son crâne, et saute jusqu’à 3 m selon le canton de Fribourg.

Fouine, martre ou belette : comment les distinguer ?

Martre des pins assise devant un tronc mort : pelage brun, large bavette jaune orangé sur la gorge
La martre : bavette jaune orangé, truffe foncée. Elle fréquente surtout les forêts. Photo : Charles J. Sharp, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).
Belette debout sur une planche : petit corps fin brun roux, gorge et ventre blancs, courte queue
La belette : bien plus petite, gorge et ventre clairs nettement séparés du dos brun. Photo : Keven Law, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Les trois animaux sont des mustélidés et se ressemblent de loin. La taille, la couleur et la forme de la bavette, et la couleur de la truffe sont les meilleurs indices. Le lieu et l’heure aident à confirmer : aucun indice ne suffit seul.

FouineMartreBelette
Taille sans la queue40 à 50 cmgabarit très proche16 à 24 cm
Poids1,3 à 2,3 kggabarit très proche45 à 140 g
Gorgebavette blanche, en deux lobesbavette jaune, en triangleventre clair, nettement séparé du dos
Trufferoséefoncée
Où la voirmaisons, granges, villagesforêtshaies, bocage, villages

La martre vit en forêt et peut sortir le jour en été, alors que la fouine vit près de l’homme et sort la nuit. La belette, elle, est minuscule : la LPO lui donne 16 à 24 cm et moins de 150 g, avec une queue courte de la couleur du dos. Un animal de 40 à 50 cm sans la queue, qui vit dans un grenier, est donc le plus souvent une fouine.

Que mange la fouine ?

Elle mange de tout. La LPO Alsace cite les petits mammifères, les oisillons et les œufs, les fruits et les baies, et les charognes. Le canton de Fribourg ajoute les insectes et les vers de terre, et les fruits mûrs en été. En chassant les rats et les campagnols, elle aide à limiter les rongeurs.

Près des maisons, elle profite aussi des poubelles et de la nourriture pour chat laissée dehors la nuit.

Les signes de sa présence : bruits, crottes, isolant

  • Le bruit : courses, bonds, cris et grattements dès la tombée de la nuit. On peut l’entendre toute l’année, mais surtout de mars à mi-août : de début mars à mi-juillet, les petits jouent et réclament à manger, puis du 15 juillet au 15 août vient le rut, avec des cris et des poursuites.
  • Les crottes : de la taille d’une crotte de chat, 8 à 10 cm de long sur 1,2 cm de large selon La Hulotte, en général torsadées, à l’odeur forte. Elles contiennent souvent des poils de rongeurs, et en saison des noyaux de cerises. La fouine marque son territoire avec elles et les dépose souvent en hauteur, parfois en tas.
  • L’isolant arraché : elle se sert de la laine de verre pour faire son nid, ou s’installe dedans.
  • Les empreintes : cinq doigts terminés par des griffes, visibles dans la poussière ou dans une couche de farine.

Pour nettoyer, portez des gants, ne balayez pas à sec pour ne pas soulever de poussière, puis lavez-vous les mains. Pour une grosse accumulation, faites appel à un professionnel. Pour comparer avec les autres animaux du grenier, voir notre page bruits dans les murs ou le grenier.

Comment faire partir une fouine du grenier

La LPO déconseille le piégeage : une fois l’animal enlevé, une autre fouine a de fortes chances de reprendre le territoire. N’utilisez jamais de poison : la LPO rappelle qu’empoisonner une fouine est interdit, et un raticide n’est autorisé que contre les rats et les souris. Le poison tue aussi les chats, les hérissons et les écureuils. La méthode conseillée consiste à la faire partir, puis à fermer derrière elle.

  1. Repérer les accès. Une fine couche de farine sur le plancher montre les empreintes et les passages. Le canton de Fribourg conseille aussi de boucher les petits trous avec du papier journal froissé : la fouine l’enlève s’il bloque un passage qu’elle utilise.
  2. Boucher tous les accès sauf un, avec une planche ou un grillage rigide. Le dernier reste ouvert pour ne pas l’enfermer.
  3. Poser un répulsif en gel ou en liquide dans le gîte et sur les passages, puis écouter et observer pendant au moins 48 heures.
  4. Vérifier qu’elle est sortie : plus de bruit, plus de nouvelles traces dans la farine, papier journal non déplacé. Au moindre doute, attendez encore.
  5. Fermer le dernier accès dès que vous êtes sûr qu’elle est sortie. La LPO conseille de le faire au plus tard 3 jours après son départ : sinon, une autre fouine risque de s’installer.

Faites-le de septembre à février, pour ne pas enfermer des petits. En cas de doute, demandez conseil à une association de protection de la nature. N’utilisez pas le répulsif en continu : selon la LPO, l’animal finit par s’y habituer. Des bruits irréguliers la nuit, comme une radio, peuvent aussi la déranger.

Pour éviter son retour, coupez les branches qui touchent le toit. Le canton de Fribourg conseille aussi un obstacle lisse d’environ 50 cm autour de la descente de gouttière, à 2,5 m de hauteur. La LPO cite les colliers à pics en fer blanc, à poser d’octobre à fin novembre, une fois sûr qu’aucune fouine n’est restée dedans.

Les répulsifs pour fouine

Les répulsifs du commerce existent en gel ou en liquide. Ils servent à pousser la fouine à partir pendant l’opération ci-dessus, pas à la tenir à l’écart pour toujours. Sans fermeture des accès, elle revient.

La fouine et les poules

D’après la LPO Alsace, la fouine s’intéresse surtout aux œufs. Elle attaque rarement les poules elles-mêmes, sauf quand elles s’agitent : le mouvement déclenche son réflexe de chasse. Le canton de Fribourg signale pourtant des pertes dans les poulaillers et les petits élevages.

La protection est simple : enfermez les poules la nuit et ne laissez aucune ouverture de plus de 5 cm. La LPO conseille un grillage solide à mailles de 25 mm.

Fouine et voiture

La fouine ronge parfois les câbles et les durites sous le capot. La cause n’est pas établie. Selon la LPO Alsace, il semblerait qu’elle le fasse par distraction, pour se faire les griffes et les dents. La LPO Alsace et le canton de Fribourg proposent plusieurs solutions :

  • fermer les ouvertures du garage de plus de 5 cm ;
  • laver la voiture et le moteur, pour effacer les marques d’urine laissées par la fouine ;
  • protéger les câbles et les durites avec une gaine en plastique nervurée, en suivant les conseils d’un garagiste ;
  • empêcher l’accès au moteur avec un grillage, ou poser un appareil anti-fouine à décharge électrique ;
  • mettre du répulsif près de la voiture tous les 3 à 4 jours pendant 2 à 3 semaines, et la garer à des endroits différents.

La fouine est-elle dangereuse ?

Non pour l’homme. Comme la plupart des animaux sauvages, elle a peur de nous et préfère fuir, sauf si elle se sent acculée. Ne cherchez pas à l’attraper à la main. Elle ne se multiplie pas non plus comme les souris : les jeunes quittent la mère 5 à 6 mois après leur naissance, et chaque adulte défend son territoire.

La fouine est-elle protégée ?

Non : elle ne figure pas dans la liste des mammifères protégés en France (arrêté du 23 avril 2007). Cela ne veut pas dire qu’on peut la capturer ou la tuer comme on veut.

Elle est classée espèce susceptible d’occasionner des dégâts dans une partie des départements seulement. La liste actuelle, département par département, est fixée par l’arrêté du 10 août 2026, qui remplace celui de 2023. Là où elle est classée, ce texte permet de la piéger toute l’année dans certains lieux, notamment à moins de 250 m d’un bâtiment ou d’un élevage. Ce classement n’est pas un permis général : les autres règles du piégeage s’appliquent.

Ces règles sont fixées par l’arrêté du 29 janvier 2007. Seuls certains types de pièges sont autorisés, et ils doivent être visités chaque matin, avant midi. En principe, le piégeur doit être agréé par le préfet et déclarer ses pièges en mairie. Ces deux formalités ne s’appliquent pas à l’intérieur des bâtiments, des cours et jardins, des élevages et des enclos attenants à l’habitation. Un bilan annuel des captures doit alors être envoyé au préfet. Avant toute capture, vérifiez le classement de votre département auprès de la préfecture ou de la direction départementale des territoires. Tout le détail, et ce que devient une fouine capturée, est sur notre page piège à fouine.

Le lérot, autre habitant fréquent des greniers, est bien plus petit et se traite autrement : voir notre page lérot.

Sources

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