Le loir gris : le reconnaître et le faire partir de la maison

Le loir gris est un petit animal des bois, un rongeur, qui peut s’installer sous les toits, en hiver comme en été. Il est discret le jour, mais la nuit on entend ses courses, ses cris et ses sifflements. Le faire partir demande surtout de fermer ses passages au bon moment.
À quoi ressemble un loir ?
D’après la LPO, le loir gris mesure 14 à 20 cm, plus une queue de 11 à 19 cm, et pèse 80 à 250 g. Il a :
- un pelage gris ;
- de gros yeux noirs saillants, entourés d’un fin liseré sombre ;
- une queue touffue, plus courte que le corps et parfois tronquée.
La LPO note qu’avec un autre pelage, on pourrait presque le confondre avec un écureuil.
Loir ou lérot ?
Le lérot, son cousin, fréquente lui aussi les greniers. Il est plus petit, roux et blanc, et porte un masque noir autour des yeux que le loir n’a pas. Les deux mangent à peu près la même chose et se comportent de façon proche : l’atlas des mammifères de Bretagne note qu’on les confond souvent. Tous les détails sont sur notre page lérot.
Où vit le loir en France ?
Il vit dans les forêts, les haies, les vergers, les parcs et les jardins. Il fait son nid dans des creux d’arbres, de rochers ou de bâtiments. La LPO précise qu’en hiver, il s’installe dans les cabanes et les greniers.
Il n’est pas présent partout : en Bretagne, l’atlas du Groupe mammalogique breton juge sa présence « anecdotique et accidentelle ». Si vous habitez une région où il est rare, pensez d’abord au lérot.
Que mange le loir ?
Surtout des végétaux. La LPO cite les feuilles, les fruits, les baies, les bourgeons, les jeunes pousses, les faînes, les noisettes et les champignons. Au printemps, il mange aussi des œufs et des oisillons. Dans une maison, il ronge aussi les objets rangés au grenier.
L’hibernation du loir
Il hiberne environ 7 mois, de l’automne au printemps. D’après la brochure de la ville de Klagenfurt, son corps descend alors vers 3 °C au lieu de 35 °C. Son cœur passe de 450 battements par minute à 35 ou moins. Il vit sur la graisse accumulée en été.
Un loir qui hiberne dans le grenier ne fait pas de bruit. C’est au réveil, au printemps et en été, qu’on l’entend.
Les bruits et les dégâts
La brochure de Klagenfurt décrit des cris saccadés, des feulements, des sifflements et des bruits de course et de bagarre. Ils sont surtout forts au début de l’été et en été, pendant l’élevage des petits, puis à la période des amours.
Les nuisances les plus souvent signalées :
- l’odeur des crottes, de l’urine ou des restes de repas ;
- l’isolant abîmé ;
- les câbles et les objets rangés au grenier rongés.
Si les bruits ressemblent plutôt à ceux d’un chat qui court et saute, pensez à la fouine. Pour comparer tous les bruits, voir notre page bruits dans les murs ou le grenier.
Les crottes de loir
Nous n’avons trouvé, dans les sources officielles et naturalistes consultées, aucune mesure fiable de la taille des crottes du loir. Mieux vaut donc ne pas identifier un loir à partir de ses seules crottes. Elles ne suffisent pas non plus à le distinguer du lérot, dont les crottes mesurent 7 à 15 mm d’après le plan franco-belge de protection de cette espèce. Pour savoir quel animal vous avez, fiez-vous plutôt à la saison, aux bruits et, si possible, à une observation : une caméra de chasse ou de la farine sur le plancher aident beaucoup.
Pour nettoyer, portez des gants, ne balayez pas à sec pour ne pas soulever de poussière, puis lavez-vous les mains. Pour une grosse accumulation, faites appel à un professionnel.
Loir dans le grenier : comment le faire partir

La brochure de Klagenfurt cite trois approches : la capture vivante, réservée aux spécialistes, le dérangement par le bruit, la lumière ou les odeurs, et la fermeture des accès. Seule la fermeture protège durablement.
- Trouvez les entrées : trous dans les murs, fentes d’aération, fenêtres de toit abîmées, tuiles qui bougent. D’après la brochure de Klagenfurt, un trou d’environ 2,5 cm peut lui suffire : inspectez aussi les petits interstices autour du toit et des aérations.
- Choisissez le moment. La brochure de Klagenfurt déconseille toute fermeture de mars à juin : vous risqueriez de séparer une mère de ses petits, qui mourraient de faim. Ne fermez pas non plus s’il hiberne dans le grenier. En cas de doute sur la présence de petits, demandez conseil avant de fermer.
- Fermez la nuit, quand les loirs sont sortis manger. La brochure conseille de faire un peu de bruit avant, par précaution. Cela ne garantit pas que tous soient dehors : vérifiez d’abord, avec de la farine, qu’il n’y a plus de traces vers l’intérieur.
- Bouchez solidement, avec une planche, du grillage ou un habillage lisse qu’il ne peut pas escalader.
Rangez aussi les fruits et les graines stockés au grenier. Si les animaux reviennent, c’est qu’un passage a été oublié.
Répulsif et piège à loir
Les répulsifs, le bruit ou la lumière peuvent le déranger quelque temps. D’après la brochure de Klagenfurt, ils ne protègent pas sur la durée : sans fermeture des accès, le loir revient.
Pour le piège, la prudence s’impose. Le loir ne figure pas dans la liste des espèces susceptibles d’occasionner des dégâts fixée par l’arrêté du 10 août 2026 : les règles de sa capture ne se déduisent donc pas de ce texte, et sa capture vivante demande de l’expérience. Avant de poser un piège, renseignez-vous auprès de la direction départementale des territoires, ou faites appel à un professionnel. Le poison est à exclure : les raticides ne sont autorisés que contre les rats et les souris.
Vous avez trouvé un loir blessé ou un petit ?
Ne le nourrissez pas et ne le gardez pas chez vous. Placez-le dans un carton fermé et aéré, au calme, et appelez un centre de soins pour la faune sauvage, qui vous dira quoi faire et pourra le prendre en charge. Manipulez-le avec des gants épais.
Le loir est-il protégé ?
En France, non : il ne figure pas dans la liste des mammifères protégés (arrêté du 23 avril 2007). La LPO rappelle qu’il est inscrit à l’annexe III de la convention de Berne, qui encadre son exploitation en Europe. Cela ne veut pas dire que tous les moyens sont permis : la fermeture des accès reste la méthode à privilégier. Comme tout animal sauvage, ne le prenez pas à mains nues.
Sources
- LPO – Fiche espèce : Loir gris
- Ville de Klagenfurt (Autriche), service climat et environnement – Brochure « Untermieter » : loir et fouine, chauves-souris, oiseaux dans les bâtiments
- Groupe mammalogique breton – Atlas des mammifères de Bretagne : Loir gris (Glis glis)
- Légifrance – Arrêté du 23 avril 2007 fixant la liste des mammifères terrestres protégés (version en vigueur au 29 octobre 2026)
- Légifrance – Arrêté du 10 août 2026 fixant la liste des espèces susceptibles d'occasionner des dégâts (JO du 21 août 2026)
- Plan d'actions transfrontalier pour le lérot (Province de Flandre occidentale et partenaires, 2017), pour la taille des crottes du lérot



