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Cafard ou blatte : reconnaître l'espèce et savoir si elle vit chez vous

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En brefCafard et blatte désignent le même insecte. En France, seules 4 espèces vivent dans les maisons, la plus courante étant la blatte germanique : beige, 1,1 à 1,4 cm, deux bandes sombres derrière la tête. Elle vit en groupe dans les endroits chauds et humides, surtout la nuit. Une blatte vue en plein jour près d'une fenêtre ouverte peut être une blatte des bois : elle vient du jardin et ne s'installe pas dans la maison.
Blatte germanique adulte vue de dessus : petit cafard beige aux longues antennes, deux bandes sombres derrière la tête
Photo : Clemson University – USDA Cooperative Extension Slide Series, CC BY 3.0 US, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Une petite bête brune qui file sous l’évier quand vous allumez la lumière de la cuisine : c’est très probablement un cafard. Avant de traiter, il faut savoir de quelle espèce il s’agit. Toutes ne vivent pas dans les maisons, et l’une d’elles, venue du jardin, ne demande aucun traitement.

Cafard ou blatte : quelle différence ?

Aucune : « cafard » est le nom courant de la blatte. Dans le monde, on compte plus de 4 000 espèces de blattes, d’après l’Office pour les insectes et leur environnement (Opie). La plupart vivent dehors, dans la litière des forêts, où elles décomposent les feuilles mortes.

En France, 4 espèces seulement vivent dans les maisons. Elles viennent de pays chauds et ne survivent pas l’hiver à l’extérieur. Une quinzaine d’autres espèces, sauvages, vivent dans la nature et entrent parfois par accident dans un bâtiment.

Les 4 cafards des maisons

EspèceTailleAspectOù elle vit
Blatte germanique1,1 à 1,4 cmbeige, deux bandes sombres derrière la têtecuisines et salles de bain : la plus courante
Blatte orientale2 à 2,8 cmassez sombre, seuls les mâles ont des ailesmêmes lieux que la germanique, plus rare
Blatte américaine2,5 à 3,2 cmla plus grande, vole assez bienlieux très chauds et humides : égouts, serres
Blatte des meubles1 à 1,4 cmailes barrées d’une bande brunelieux chauds et secs : appareils électriques

Tailles et habitats d’après l’Opie, aspect d’après l’Opie et l’Office fédéral suisse de l’environnement (OFEV).

Femelle de blatte germanique vue de dessous, portant au bout de l'abdomen une capsule d'œufs brune et allongée
Une femelle de blatte germanique vue de dessous, avec son oothèque : la capsule d'œufs qu'elle porte au bout de l'abdomen. Photo : CDC, Public Health Image Library (image n° 6321), Domaine public, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

La blatte germanique, le cafard des cuisines

C’est l’espèce qu’on trouve le plus souvent dans les logements. Elle recherche la chaleur et l’humidité : derrière le réfrigérateur, sous l’évier, dans la salle de bain. D’après l’Opie, la femelle forme une petite capsule, l’oothèque, qui contient 30 à 40 œufs. Elle en produit jusqu’à quatre, et chacune reste accrochée au bout de son abdomen pendant plus de 20 jours. Les jeunes deviennent adultes en six mois environ, et l’adulte vit 120 à 250 jours selon la température et l’humidité.

La blatte orientale, plus grande et plus sombre

Deux fois plus grande que la germanique et assez sombre, elle vit dans les mêmes endroits mais se rencontre moins souvent. L’OFEV précise qu’elle se plaît aussi dans les canalisations et les bâtiments chauffés.

Les cafards volent-ils ?

Certains, oui. D’après l’Opie, la blatte américaine vole assez bien, alors que la blatte orientale ne vole pas : ses ailes ne sont pas assez développées. Pour la blatte germanique, les deux fiches de l’Opie divergent : l’une indique que les deux sexes peuvent voler, l’autre que leurs ailes ne leur servent qu’à planer quand ils sautent d’une certaine hauteur. En pratique, on la voit surtout courir.

Les cafards de jardin : la blatte des bois

Blatte des bois posée sur des herbes, dans la végétation : petite blatte brune aux ailes couvrant tout l'abdomen
Une blatte des bois dans la végétation : une espèce sauvage, active le jour, qui n'entre dans la maison que par erreur. Photo : Syrio, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Ce qu’on appelle souvent « cafard de jardin » est en général une blatte des bois, une espèce sauvage. Une blatte entrée par une fenêtre ouverte, en plein jour, en est souvent une. D’après l’OFEV, ces blattes sauvages sont actives le jour, peuvent voler, et n’entrent dans les bâtiments que par erreur. Inoffensives, elles sont incapables de survivre à l’intérieur.

Une blatte des bois isolée ne signale donc pas une infestation. Remettez-la dehors : aucun traitement n’est nécessaire.

Comment savoir si vous avez des cafards ?

Les blattes des maisons sont surtout actives la nuit, si bien qu’on les voit rarement de jour. D’après l’OFEV, cherchez près des cachettes :

  • de petites crottes noires, qui ressemblent à du marc de café ;
  • des oothèques, ces capsules brunes qui contiennent les œufs ;
  • des mues, les peaux vides laissées par les jeunes en grandissant.

Les blattes vivent en groupe, rappelle l’Opie : là où il y en a une, il y en a souvent d’autres. Inspectez le soir, avec une lampe de poche, derrière et sous les appareils de la cuisine, sous l’évier et autour des tuyaux.

Les cafards sont-ils dangereux ?

Ils ne piquent pas. D’après l’Opie, ils provoquent des allergies respiratoires et souillent les aliments avec leur salive et leurs crottes, en passant des poubelles au garde-manger. Leur rôle dans la transmission de maladies est discuté dans les pays occidentaux. L’OFEV rappelle qu’ils peuvent transporter des agents pathogènes. Si vous pensez faire une allergie, parlez-en à votre médecin.

Qu’est-ce qui attire les cafards ?

La nourriture, l’eau et la chaleur. D’après l’Opie, les blattes des maisons sont omnivores et se nourrissent des moindres débris alimentaires. Elles recherchent les endroits chauds et humides, et restent groupées, attirées les unes par les autres par une odeur qu’elles émettent. Une cuisine où traînent des miettes, de la vaisselle sale ou une fuite d’eau leur offre tout ce dont elles ont besoin. Mais leur présence ne prouve pas un manque de propreté : pour l’OFEV, l’apparition de blattes dans une maison « n’a rien à voir » avec la propreté. Elles arrivent souvent avec des objets ou des bagages.

D’où viennent-ils ?

Les blattes des maisons voyagent avec les objets. L’OFEV conseille d’inspecter les objets, vêtements et appareils d’occasion avant de les rentrer, et de laver les textiles à 60 °C au moins. Au retour de voyage, défaites les valises sur le balcon et lavez les vêtements aussitôt.

Pour les éliminer, voir notre page se débarrasser des cafards.

Sources

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