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Fourmis : trouver d'où elles viennent et s'en débarrasser

Quelques fourmis sur le plan de travail sont le plus souvent des éclaireuses venues d’un nid. Quand l’une d’elles trouve de la nourriture, elle laisse derrière elle une odeur que les autres ouvrières suivent. C’est ainsi qu’une fourmi isolée devient vite une colonne entière.

Petites fourmis noires qui courent sur des morceaux de sucre
Des fourmis sur du sucre : ce qui les attire en cuisine, c'est d'abord le sucré et le gras. Photo : CostaPPPR, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Suivre la piste jusqu’au nid

Avant de traiter, observez la colonne : d’où sort-elle ? Une fissure au bas d’un mur, une plinthe, le cadre d’une fenêtre, une gaine de câble ? Le point d’entrée indique où poser les appâts et quoi reboucher.

Ce qui les attire

Les fourmis cherchent surtout le sucré et le gras : miettes, confiture, beurre de cacahuète, gamelle du chien ou du chat. Santé Canada conseille de :

  • ranger les aliments dans des bocaux ou des boîtes hermétiques ;
  • nettoyer souvent le plan de travail et le sol, surtout autour des gamelles ;
  • rincer les emballages avant de les jeter et vider souvent la poubelle de cuisine ;
  • poser la gamelle d’un animal dans un plat peu profond rempli d’eau, que les fourmis ne traversent pas ;
  • reboucher les fissures visibles et les jours au bas des plinthes.

Anti-fourmis : bien utiliser les appâts

Un appât fonctionne parce que les ouvrières rapportent le produit au nid, où il atteint la colonie et la reine. Il doit donc agir lentement.

Grosse reine de fourmi noire des jardins entourée de nombreuses ouvrières plus petites
Une reine de fourmi noire des jardins (Lasius niger), au centre, entourée de ses ouvrières. C'est elle que l'appât doit atteindre. Photo : Jason Berger, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Trois erreurs annulent son effet :

  1. Pulvériser un insecticide à côté : Santé Canada prévient que les appâts deviennent alors inefficaces.
  2. Le retirer trop tôt : Santé Canada recommande de le laisser au moins deux semaines et de le remplacer quand il est consommé. L’étiquette du produit que vous achetez reste la règle.
  3. N’en poser qu’un seul : mieux vaut plusieurs points le long des pistes, hors de portée des enfants et des animaux.

Que Choisir ajoute une limite : un appât empoisonné ne vient à bout que des petites infestations.

La fourmi charpentière

Fourmi charpentière sur du bois clair : grande fourmi à tête et abdomen noirs, thorax et pattes brun-rouge
Fourmi charpentière (Camponotus ligniperda), l'une des espèces présentes en Europe. Photo : Georg Haberfellner, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

C’est la plus grosse des fourmis qui entrent dans les maisons : de 6 à 25 mm d’après Santé Canada, qui décrit les espèces d’Amérique du Nord. Elle ne mange pas le bois mais y creuse des galeries pour nicher, de préférence dans du bois humide ou pourri. Le signe typique est un petit tas de copeaux fins comme de la sciure au pied d’une poutre, d’un cadre de fenêtre ou d’une terrasse. Sa présence peut donc révéler un problème d’humidité : cherchez une fuite ou une infiltration, sinon le problème revient.

Fourmis invasives : Tapinoma magnum et fourmi électrique

Plusieurs espèces exotiques progressent en France. Elles forment des supercolonies avec de nombreuses reines, ce qui les rend très difficiles à éliminer avec les méthodes habituelles.

  • Tapinoma magnum : petite fourmi noire et brillante, en expansion. Elle ne présente pas de danger sanitaire selon Que Choisir, mais ses supercolonies peuvent couvrir jusqu’à 20 hectares.
  • La fourmi électrique (Wasmannia auropunctata) : originaire d’Amérique du Sud, sa piqûre est très urticante. Elle figure depuis 2022 sur la liste européenne des espèces exotiques envahissantes préoccupantes. En juin 2026, le ministère de la Transition écologique comptait trois foyers dans le Var, à Toulon, La Croix-Valmer et Cavalaire. Les appâts n’ayant pas donné les résultats attendus, un arrêté du 25 mars 2026 a autorisé deux autres produits pour 180 jours. Ils servent à la lutte contre ces foyers : ce n’est pas un traitement conseillé aux particuliers.

Si vous suspectez une espèce invasive, faites-la identifier avant d’agir, prévenez vos voisins et signalez-la à la mairie : traiter un seul jardin ne suffit pas. Que Choisir recommande de ne la traiter chimiquement que par des appâts, et de garder les aliments dans des boîtes hermétiques.

Sources