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Moustiques : reconnaître le moustique tigre et s'en protéger

Parmi les moustiques qui piquent en France métropolitaine, deux se rencontrent très souvent : le moustique commun, actif la nuit, et le moustique tigre, actif le jour. Le second avait colonisé 83 des 96 départements de l’Hexagone au 1er janvier 2026, selon Santé publique France. Un département colonisé ne l’est pas forcément dans toutes ses communes. Les bons gestes ne sont pas tout à fait les mêmes pour les deux moustiques.

Moustique tigre ou moustique commun ?

Moustique tigre femelle en train de piquer une peau humaine : corps et pattes noirs rayés de blanc, abdomen gonflé de sang
Moustique tigre : noir rayé de blanc, il pique en journée. Photo : James Gathany (CDC), Domaine public, via Wikimedia Commons (redimensionnée).
Moustique commun du genre Culex posé sur une surface blanche : corps brunâtre sans rayures noir et blanc
Moustique commun (Culex) : brunâtre, il pique la nuit. Photo : 根川大橋, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).
Moustique tigre (Aedes albopictus)Moustique commun (Culex)
CouleurNoir rayé de blanc, corps et pattesBrunâtre, sans rayures noir et blanc
Signe distinctifUne ligne blanche sur le dessus du thoraxAucun
Taille4 à 5 mm, plus petit qu’une pièce de 1 centimeDu même ordre
Heure des piqûresLe jour, surtout vers 7-8 h et 18-20 hLa nuit
BruitSilencieuxVol bruyant, le « bzz » nocturne

Le nom est trompeur : le moustique tigre n’est pas jaune et noir mais noir et blanc. Le bout de ses pattes arrière porte cinq anneaux blancs et se termine par du blanc. D’autres moustiques rayés existent, d’où l’intérêt d’une photo nette avant de conclure.

Où se développent-ils ?

Le moustique tigre pond sur les parois sèches de récipients qui peuvent se remplir d’eau, quelle que soit leur forme. Les ARS citent les soucoupes de pots de fleurs, les vases, les seaux, les pneus usagés, les jouets, les récupérateurs d’eau de pluie et le mobilier de jardin.

Il vole peu : environ 150 mètres autour de l’endroit où il est né. Si vous êtes piqué en journée dans votre jardin, les larves se trouvent sans doute chez vous ou dans le voisinage proche.

Supprimer les eaux stagnantes

C’est la mesure la plus efficace, et elle ne coûte rien. Une fois par semaine, de mai à novembre :

  • videz les soucoupes, seaux, arrosoirs et jouets d’enfants restés dehors, ou remplissez les soucoupes de sable à ras bord ;
  • retournez ou rangez à l’abri ce qui peut retenir l’eau ;
  • couvrez les récupérateurs d’eau avec une moustiquaire ou un couvercle bien ajusté ;
  • curez les gouttières et vérifiez qu’elles s’écoulent ;
  • tendez les bâches pour que l’eau ne s’y accumule pas.

D’après l’ARS Île-de-France, les œufs supportent des froids de -10 °C et restent viables hors de l’eau pendant près d’un an. Un récipient vidé puis laissé dehors peut donc redevenir un gîte à la pluie suivante. La même ARS le rappelle : insecticides, répulsifs et pièges n’éliminent pas durablement le moustique tigre. Chez soi, la solution efficace est de supprimer les lieux de ponte.

Se protéger des piqûres

À la maison, les moustiquaires aux fenêtres et aux portes-fenêtres restent la protection la plus simple pour dormir fenêtres ouvertes. Dehors, en journée, des vêtements longs et amples limitent les piqûres du moustique tigre.

Pour les répulsifs à appliquer sur la peau, suivez la notice : nombre d’applications par jour, âge minimal, précautions en cas de grossesse. En cas de doute, en particulier pour un jeune enfant, demandez conseil à un pharmacien ou à un médecin.

Comment signaler un moustique tigre ?

Le signalement se fait sur le portail de l’Anses, signalement-moustique.anses.fr, avec une photo ou un moustique en assez bon état pour être identifié. Un court questionnaire vérifie d’abord les critères principaux. Ces signalements aident les autorités sanitaires à suivre la progression de l’espèce.

Pourquoi il est surveillé

Le moustique tigre peut transmettre la dengue, le chikungunya et le Zika lorsqu’il a piqué une personne déjà malade. Les autorités sanitaires renforcent donc la surveillance de ces maladies du 1er mai au 30 novembre, sa période d’activité.

Le risque n’a plus rien de lointain. En 2025, Santé publique France a recensé en métropole près de 809 cas autochtones de chikungunya, c’est-à-dire contractés sur place, et 30 cas autochtones de dengue. Pour le chikungunya, c’est le nombre le plus élevé depuis le début de la surveillance renforcée, en 2006.

En cas de fièvre après un séjour dans une région où circulent la dengue, le chikungunya ou le Zika, consultez un médecin et signalez-lui ce voyage. Sans voyage, si vous avez de la fièvre après des piqûres de moustique, parlez-en aussi à votre médecin.

Sources