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Piège à frelon asiatique : quel modèle choisir et quand piéger

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En brefPiégez au printemps, deux mois au plus pendant la période fixée dans votre département, près des ruchers, et seulement là où le frelon est bien présent. Choisissez un piège sélectif : le plan national cite le piège japonais, le piège coréen à ailes et la nasse Néoppi. Évitez les bouteilles-pièges, même modifiées. Le piégeage réduit le nombre de nids mais ne suffit pas à éradiquer le frelon.
Piège à frelons asiatiques en boîte grise posé sur un support en bois, avec un panneau expliquant qu'il est sélectif
Photo : Koreller, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Le piégeage du frelon asiatique est utile à une condition : viser les reines au printemps, avec un piège qui épargne les autres insectes. Mal fait, il tue surtout des mouches, des papillons et des abeilles.

Quand piéger : le printemps, pas l’été

La période utile est le piégeage des reines fondatrices, quand elles sortent d’hivernage et commencent seules leur nid. Le plan national de lutte, adopté par l’État en septembre 2026, recommande de piéger deux mois au maximum autour du pic de sortie des reines, vers la mi-avril. On commence après les dernières gelées, quand il fait plus de 12 °C. Les dates fixées varient selon les régions, par exemple :

  • en Pays de la Loire, de février, dès que la température le permet, jusqu’au 15 mai ;
  • dans le Morbihan, 6 semaines au maximum entre le 1er avril et fin mai, pour limiter l’impact sur les autres insectes.

Le piégeage de printemps n’est pas utile partout. Le plan national le recommande surtout là où le frelon est moyennement ou très présent. Là où il est rare, il privilégie la destruction des nids. Chaque département doit adopter son propre plan dans les six mois qui suivent le plan national : renseignez-vous auprès de votre mairie ou du groupement de défense sanitaire apicole avant de piéger.

En été et en automne, le piégeage autour des ruchers peut soulager les abeilles, mais il ne remplace pas la destruction des nids : voir nid de frelon asiatique : qui appeler et qui paie.

Quel piège choisir

Un bon piège doit être sélectif : il retient les frelons et laisse sortir un maximum d’autres insectes. Le plan national recommande des pièges de type nasse, avec des cônes d’entrée et une séparation entre l’appât et la zone de capture. Il cite trois modèles :

  • le piège japonais ;
  • le piège coréen à ailes ;
  • la nasse à grilles Néoppi jaune, de l’association Robida : environ 30 € selon le comité du Morbihan (2025).

Certains départements recommandent d’autres modèles. Le comité du Morbihan conseille par exemple aussi le Beevital, à environ 40 € (2025), qui n’est pas cité par le plan national. Il accepte aussi, à défaut, un piège qui respecte trois critères de sélectivité :

Coupe d'un piège sélectif : entrée réduite en haut, trous de sortie sur la paroi, grille au-dessus de l'appât123Entrée9 à 10 mmTrous desortie5 à 5,5 mmGrilleAppât
Les 3 critères d'un piège sélectif : 1 une entrée réduite à 9-10 mm qui bloque les gros insectes, 2 des trous de 5 à 5,5 mm par où les petits ressortent, 3 une grille qui sépare l'appât de la zone de capture pour éviter les noyades. Schéma Le Nuisible, d'après le comité départemental du Morbihan et la FDGDON 56.

Aucun piège n’est sélectif à 100 %, mais ces critères limitent fortement les captures d’autres espèces. Autour de la Méditerranée, le plan national demande des entrées de 10 mm de diamètre, pour capturer aussi le frelon oriental.

Piège jaune suspendu dans une haie de lierre, contenant des frelons asiatiques et des guêpes
Piège suspendu dans une haie à Jersey : il a capturé des frelons asiatiques, mais aussi des guêpes. Aucun piège n'est totalement sélectif. Photo : Daniel Marsh (Danrok), CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

À éviter : les pièges de type bouteille, cloche ou bocal. Selon le plan national, leur sélectivité reste très mauvaise même avec des adaptations. Ils capturent et noient quantité d’autres insectes, dont des pollinisateurs. Le comité du Morbihan demande d’ailleurs de ne plus en faire la promotion. Ce qu’il faut savoir avant d’en fabriquer un : piège à frelon maison, est-ce une bonne idée ?

Où le placer

  • Près d’un rucher actif ou d’un endroit où des frelons asiatiques ont été très présents l’année précédente.
  • À l’abri du soleil direct.
  • Pas près des lieux de passage (terrasse, aire de jeux) : un piège attire les frelons.
  • Inutile de multiplier les pièges sans raison dans un jardin sans ruche ni nid connu.

Bien l’entretenir

  • Relevez le piège régulièrement, plus souvent par forte chaleur.
  • Libérez avec précaution les autres insectes pris par erreur, sans ouvrir la zone où se trouvent des frelons encore vivants.
  • Renouvelez l’appât tous les 8 à 10 jours au plus. Le plan national cite trois appâts sucrés : un tiers de sirop de fruits rouges, un tiers de bière et un tiers de vin rouge (qui repousse les abeilles) ; de l’eau sucrée fermentée à la levure avec un peu de vin rouge ; ou du jus de pomme. Il conseille de laisser quelques frelons vivants dans le piège : leurs phéromones attirent les frelons et repousseraient les autres insectes.
  • Arrêtez de piéger si la plupart des captures sont d’autres espèces, ou si vous attrapez des reines de frelon européen : le piège est alors mal placé ou utilisé au mauvais moment.
  • Retirez le piège à la fin de la période recommandée.

Ce que le piégeage peut, et ne peut pas, faire

L’Institut de l’abeille (ITSAP) a mesuré l’effet du piégeage de printemps de 2016 à 2020, avec l’appui du Muséum national d’histoire naturelle. L’étude a porté sur la Vendée, le Morbihan et les Pyrénées-Atlantiques. Ses conclusions :

  • le piégeage des fondatrices réduit le nombre de nids, à condition d’être répété plusieurs printemps de suite ;
  • sur la baisse du nombre de nids, un piégeage continu sur 4 ans s’est montré deux fois plus efficace que sur 3 ans ;
  • aucun piège ni appât n’est totalement sélectif : le piégeage est à réserver aux secteurs où le frelon menace réellement les ruchers, avec une coordination locale.

En 2024, l’ITSAP a comparé plusieurs pièges, dont ceux cités par le plan national. Le plus sélectif, un Beevital sans réducteur d’entrée, a capturé 2 771 insectes de mars à mai, dont seulement 25 % de frelons asiatiques. L’institut conclut qu’il reste néanmoins impactant pour la biodiversité.

Le piégeage ne suffit donc pas à éradiquer le frelon asiatique : il complète la destruction des nids repérés, dans le cadre du plan de lutte de votre département.

Pour reconnaître le frelon asiatique et ne pas piéger la mauvaise espèce : comment reconnaître le frelon asiatique.

Sources

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