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L'abeille charpentière (xylocope) : la grosse abeille noire du jardin

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En brefLa grosse abeille noire aux ailes bleu violet qu'on appelle souvent « bourdon noir » est l'abeille charpentière, ou xylocope. Elle mesure jusqu'à 3 cm et creuse son nid dans le bois mort. Les femelles ont un dard mais ne sont pas agressives. Ses dégâts sont en général limités : elle choisit un bois mort et assez tendre. Il est rarement nécessaire d'intervenir.
Abeille charpentière sur des fleurs roses : grosse abeille entièrement noire, aux ailes sombres à reflets bleu violet
Photo : Cisamarc, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Grande, toute noire, elle vrombit comme un bourdon et tourne autour des poutres de la pergola : l’abeille charpentière impressionne. Elle est pourtant pacifique, utile pour les fleurs, et ses dégâts sont en général limités. Voici comment la reconnaître et quand s’en inquiéter.

À quoi ressemble l’abeille charpentière ?

En France, l’espèce la plus commune est le xylocope violet (Xylocopa violacea). D’après l’INRAE, c’est une grosse abeille solitaire, très sombre, noir violacé à reflets métalliques. Elle mesure jusqu’à 30 mm de long et 50 mm d’ailes déployées.

Son corps est plus compact et plus massif que celui du frelon asiatique, avec lequel on la confond parfois. Pour l’Office pour les insectes et leur environnement (Opie), c’est elle qu’on décrit souvent comme un insecte noir et bleu métallique qui ressemble à un bourdon.

Bourdon noir, abeille noire : de quoi parle-t-on ?

Deux appellations prêtent à confusion :

  • le « bourdon noir » n’est pas le nom d’une espèce : dans les conversations de jardin, c’est le plus souvent l’abeille charpentière. Les vrais bourdons, eux, sont très velus, d’après l’INRAE : voir notre page bourdon ;
  • l’« abeille noire » désigne autre chose : c’est l’abeille domestique d’origine du territoire français (Apis mellifera mellifera), une race d’abeille à miel que des conservatoires cherchent à préserver, d’après l’Institut de l’abeille (ITSAP).

Pique-t-elle ? Est-elle dangereuse ?

Comme toutes les abeilles, les femelles ont un dard. Mais l’Opie et l’INRAE s’accordent : elle n’est pas agressive. L’INRAE précise que sa piqûre peut être douloureuse.

En cas de piqûre, lavez à l’eau et au savon, puis désinfectez. Si la piqûre est sur la main, enlevez les bagues avant que ça gonfle. Appelez le 15 ou le 112 en cas de gêne pour respirer ou avaler, ou de gonflement de la langue, des lèvres, de la gorge ou des yeux. Même chose en cas de malaise ou d’allergie connue aux piqûres d’abeilles, de guêpes ou de frelons. Ce sont les signes d’alerte de l’ARS Centre-Val de Loire.

Son nid dans le bois

Abeille charpentière accrochée à une fleur de pois de senteur, ailes déployées aux reflets bleu violet
Le xylocope violet butine beaucoup : il fait partie des pollinisateurs du jardin. Photo : Krigore, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

L’abeille charpentière tire son nom de son nid. D’après l’Opie, la femelle creuse avec ses mandibules une galerie dans le bois, d’environ 20 cm de long. Elle la divise en cellules séparées par des cloisons de sciure collée à la salive. Dans chaque cellule, elle dépose un œuf et une réserve de pollen et de nectar. Les jeunes sortent à la fin de l’été.

Selon l’INRAE, la nidification commence en avril ou en mai. Elle creuse dans des poutres, des bûches, de vieilles charpentes, ou réutilise d’anciennes galeries. Les nids contiennent peu d’individus. D’après l’Opie, les adultes, mâles et femelles, passent l’hiver à l’abri dans des recoins.

Abîme-t-elle les poutres ?

Les dégâts sont limités, selon l’INRAE. L’Opie explique pourquoi : le bois qu’elle choisit est toujours mort et assez tendre pour ses mandibules. Pour l’Opie, si elle s’attaque à une charpente, c’est que celle-ci est déjà en mauvais état, et elle ne la considère pas comme nuisible.

Des galeries dans une poutre ne signifient pas forcément que la charpente est fragile, mais elles méritent l’attention. L’INRAE conseille de surveiller la solidité des poutres et charpentes où elle s’installe. Si les trous sont nombreux ou si le bois montre d’autres signes de dégradation, faites vérifier la pièce par un charpentier.

Que faire d’une abeille charpentière ?

Il est rarement nécessaire d’intervenir, d’après l’INRAE. Pour l’attirer ailleurs que sur une pergola ou un abri, le meilleur moyen selon l’Opie est de lui proposer du bois mort et de le laisser en place au jardin. Un vieux tronc ou un arbre mort laissé debout convient. Rien ne garantit qu’elle abandonnera une galerie déjà creusée, mais elle aura un autre endroit où nicher.

Inutile de recourir à un insecticide : c’est une abeille solitaire utile, qui butine beaucoup, notamment la glycine au printemps.

Sources

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