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Abeille ou guêpe : les différences, et leurs sosies (frelon, bourdon, syrphe)

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En brefL'abeille domestique est brunâtre et velue ; la guêpe est jaune vif rayé de noir, d'aspect lisse, avec une taille très fine, et vient volontiers à table en fin d'été. L'abeille nourrit ses larves de pollen et de nectar, la guêpe d'insectes. Le dard de l'abeille ouvrière, crocheté, reste souvent dans la peau ; celui de la guêpe est lisse, elle peut piquer plusieurs fois.
Abeille domestique posée sur un avant-bras, en train de piquer, abdomen rayé brun et noir
Photo : Hadi, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Un insecte rayé tourne autour de vous : abeille ou guêpe ? La réponse change la conduite à tenir. Une abeille occupée sur une fleur ne cherche pas le contact. Une guêpe vient souvent tourner autour des repas, et un essaim d’abeilles se confie à un apiculteur, pas à un désinsectiseur. Les repères ci-dessous suffisent dans la grande majorité des cas.

Les différences en un coup d’œil

Abeille domestique butinant des fleurs blanches : corps brun doré et poilu, abdomen rayé brun et noir, pelotes de pollen sur les pattes
Abeille domestique : brunâtre, velue, chargée de pollen. Photo : INotSasuKe1, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).
Guêpe germanique posée sur un fruit tombé : abdomen jaune vif rayé de noir, face jaune, antennes noires
Guêpe : jaune vif rayé de noir, d'aspect lisse, taille très fine. Photo : Bernie, Domaine public, via Wikimedia Commons (redimensionnée).
Frelon européen : abdomen jaune taché de noir, tête et pattes brun-roux
Frelon européen : bien plus gros, tête et thorax brun-roux. Photo : Richard Bartz, CC BY-SA 2.5, via Wikimedia Commons (redimensionnée).
Abeille domestiqueGuêpe commune ou germaniqueFrelon européen
Taille de l’ouvrière11 à 13 mmenviron 15 mm18 à 23 mm
Couleurbrunâtre, bandes sombresjaune vif et noirabdomen jaune, avant brun-roux
Aspectvelued’aspect lisse, taille très finetaille fine, bien plus grand
Nourriture des larvespollen et nectarinsectesinsectes
Où vit la colonieruche, rayons de ciresol, grenier, recoin sombrearbre creux, trou de mur
Dardcrocheté, reste dans la peaulisse, peut piquer plusieurs foislisse

Les tailles sont celles des ouvrières, d’après l’Institut de l’abeille (ITSAP) pour l’abeille et le Muséum national d’histoire naturelle pour la guêpe et le frelon. Les reines sont plus grandes. Les couleurs sont des repères pour les espèces les plus courantes, pas un critère sûr. Le frelon asiatique, plus sombre et aux pattes jaunes, est décrit sur notre page frelon asiatique.

Pourquoi on les confond, et le critère des spécialistes

En France, il existe plus de 1 000 espèces d’abeilles et plus de 5 000 espèces de guêpes, rappelle l’Office pour les insectes et leur environnement (Opie). Certaines abeilles sauvages sont lisses et rayées, certaines guêpes sont sombres. Pour l’Opie, couleurs et formes ne sont pas des critères fiables à l’échelle de toutes ces espèces.

Les spécialistes regardent la forme des poils : plumeux chez les abeilles, droits et lisses chez les guêpes. Il faut une loupe binoculaire et un insecte mort pour le voir. Au quotidien, on combine plutôt plusieurs indices : silhouette, pilosité, comportement. Pour les insectes qu’on croise le plus souvent, l’abeille domestique, les guêpes sociales et les frelons, les repères du tableau suffisent.

Ce qu’elles mangent, et pourquoi la guêpe vient à table

Les abeilles nourrissent leurs larves avec du pollen et du nectar. On les voit sur les fleurs, souvent couvertes de pollen. Les guêpes sociales, celles qu’on croise au jardin, chassent chenilles, mouches et autres insectes pour nourrir leurs larves, qui sont carnivores. Les adultes, eux, mangent surtout du sucré, et butinent aussi. Les habitudes varient d’une espèce de guêpe à l’autre.

À la fin de la saison, la colonie de guêpes décline et se désorganise. D’après Bruxelles Environnement, les ouvrières, plus loin de leur nid, se tournent alors vers le sucré, entrent dans les maisons pour se nourrir et ont davantage tendance à piquer. C’est le moment où elles tournent autour des verres et des fruits.

Le nid et l’hiver

Abeilles domestiques sur un rayon de cire tenu dans un cadre de ruche : alvéoles hexagonales, larves blanches, cellules operculées et miel
Chez l'abeille : des rayons de cire aux alvéoles régulières, ici dans une ruche, avec larves et miel. Photo : Waugsberg, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).
Nid de guêpes abandonné dans un caisson de volet roulant ouvert : masse grise d'aspect papier, en couches ondulées
Chez la guêpe : un nid gris d'aspect papier, ici abandonné dans un caisson de volet roulant. Photo : Christoph Sager, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

L’abeille domestique vit en colonie toute l’année. Les ouvrières fabriquent la cire et construisent les alvéoles où sont élevées les larves et stocké le miel. L’hiver, la colonie se serre en grappe et survit sur ses réserves.

Chez les guêpes sociales, seule la colonie d’une année existe : une reine qui a hiverné à l’abri fonde un nouveau nid au printemps, dans le sol ou dans un grenier. À l’automne, la colonie se défait, et seules les jeunes reines fécondées passent l’hiver.

Le dard et la piqûre

Chez l’abeille domestique, le dard de l’ouvrière est crocheté, d’après l’Institut de l’abeille. Selon l’Opie, ses barbules font hameçon : le dard reste souvent planté dans la peau, et quand on chasse l’abeille, il s’arrache avec la glande à venin et l’abeille meurt. La reine, elle, a un aiguillon lisse, et le mâle n’en a pas. Ce fonctionnement ne vaut pas pour toutes les abeilles. Le dard de la guêpe est lisse : il ressort facilement, et la guêpe peut piquer plusieurs fois.

Si un dard est resté planté dans la peau, c’était donc probablement une abeille. L’ARS Centre-Val de Loire conseille de le retirer rapidement avec l’ongle ou une carte souple. Enlevez les bagues si la piqûre est sur la main, puis lavez à l’eau et au savon et désinfectez.

Appelez le 15 ou le 112 en cas de gêne pour respirer ou avaler, ou de gonflement de la langue, des lèvres, de la gorge ou des yeux. Même chose en cas de malaise ou d’allergie connue aux piqûres d’abeilles, de guêpes ou de frelons. Il faut aussi consulter en urgence en cas de piqûres nombreuses : plus d’une vingtaine chez un adulte, 4 ou 5 chez un enfant, d’après l’ARS. Pour les autres conseils après une piqûre, voir notre page guêpe.

Abeille ou bourdon ?

Reine de bourdon terrestre sur des fleurs de tilleul : corps rond et très velu, noir avec une bande orangée et le bout de l'abdomen blanc
Bourdon terrestre : rond, très velu, peu agressif. Photo : Ivar Leidus, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Le bourdon est plus gros et plus rond que l’abeille domestique : 10 à 25 mm selon l’INRAE, et très velu, tête, thorax, abdomen et pattes compris. Il n’est pas agressif envers l’homme, sauf s’il est vraiment dérangé. Ses pattes ne sont pas jaunes, ce qui le distingue du frelon asiatique. Il niche souvent dans le sol, dans d’anciens terriers ou nids d’oiseaux, parfois dans un mur de pierre.

La « mouche qui ressemble à une guêpe » : le syrphe

Syrphe ceinturé posé sur des fleurs : mouche à abdomen orange rayé de noir, une seule paire d'ailes transparentes, gros yeux
Syrphe ceinturé : une mouche sans dard, qui ressemble à une guêpe. Photo : Hans Hillewaert, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Beaucoup d’insectes jaunes et noirs des jardins sont en fait des syrphes, des mouches qui imitent les guêpes. Bruxelles Environnement les cite parmi les insectes qui ressemblent aux guêpes. D’après le site Jardiner Autrement, on les reconnaît à :

  • une seule paire d’ailes, contre deux chez les guêpes et les abeilles ;
  • l’absence de dard : ils sont inoffensifs ;
  • l’absence de taille fine ;
  • leur vol stationnaire, immobiles en l’air.

Ce sont des alliés du jardin : les adultes pollinisent, et les larves de certaines espèces mangent des pucerons.

Un essaim ou un nid d’abeilles chez vous

Un essaim, c’est une partie d’une colonie qui quitte sa ruche avec une reine. Selon l’ITSAP, c’est surtout entre avril et juillet que les colonies essaiment. D’après l’Union nationale de l’apiculture française (UNAF), il faut contacter rapidement un apiculteur local, qui vient en général le chercher gratuitement. Les pompiers n’interviennent pas pour les essaims d’abeilles domestiques.

En attendant, éloignez les passants : un essaim n’est généralement pas agressif, car il n’a pas de couvain à défendre. Prenez une photo ou une vidéo, qui permettra à l’apiculteur de vérifier qu’il s’agit bien d’abeilles et non de guêpes. Ne cherchez pas à le détruire.

Pour un nid de guêpes, la conduite à tenir est différente : voir notre page guêpe. Pour un nid de frelons, voir frelon européen et nid de frelon asiatique.

Sources

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