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Dératisation : déroulé, prix, qui paie et comment choisir une entreprise

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En brefUne dératisation sérieuse commence par un diagnostic, puis combine postes d'appâtage sécurisés, pièges et bouchage des accès. Le suivi dure en général plusieurs semaines. Aucun tarif national ne fixe son prix : comparez des devis écrits. Dans une location, le logement doit être sans nuisibles ; le locataire ne paie que si l'infestation vient de sa négligence. Le dératiseur doit détenir un Certibiocide « nuisibles ».
Rat brun assis au pied d'un mur, sur des dalles de terrasse, entre du lierre et une pierre couverte de mousse
Photo : Jethro Busby, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Une dératisation, c’est l’élimination des rats ou des souris d’un logement, d’un immeuble ou d’un terrain par une entreprise spécialisée. On y fait appel quand les pièges posés soi-même ne suffisent plus, quand les rongeurs viennent des caves ou des parties communes, ou quand la mairie l’exige. Avant de signer un devis, il est utile de savoir ce que doit contenir une intervention sérieuse, et qui doit la payer.

Comment se déroule une intervention

Chaque raticide a sa propre autorisation de l’Anses, avec ses conditions d’emploi. Celle d’un raticide en blocs autorisé pour les professionnels (FRAP BLOCK) donne une bonne idée d’une intervention bien menée. Le calendrier exact dépend du produit utilisé.

  1. Un diagnostic sur place avant de poser le moindre appât : quelle espèce, où passent les rongeurs, pourquoi ils sont là, combien ils sont.
  2. Des mesures d’hygiène et de bouchage en plus du poison. L’Anses exige que ces produits soient utilisés dans une « lutte intégrée », avec si possible des méthodes physiques comme les pièges.
  3. Des postes d’appâtage fermés, fixés au sol si possible, étiquetés pour signaler qu’ils contiennent un raticide, hors de portée des enfants et des animaux.
  4. Des visites de contrôle tous les 2 à 3 jours au début, puis au moins une fois par semaine. Le technicien vérifie la consommation, recharge les postes et retire les cadavres.
  5. Un bilan. Pour ce produit, l’autorisation prévoit d’éliminer les rongeurs en 35 jours. Si les appâts sont encore mangés après 35 jours sans baisse d’activité, il faut en chercher la cause, par exemple des rongeurs résistants. Demandez que la durée du suivi figure sur le devis.

Une dératisation se fait donc rarement en un seul passage. Un devis qui promet de tout régler en une visite, sans diagnostic ni suivi, doit vous faire poser des questions.

Pendant le traitement, ne faites pas de grand ménage dans la zone infestée : l’Anses note que cela dérange les rongeurs et leur fait bouder l’appât. Retirez en revanche toute nourriture accessible.

Combien coûte une dératisation

Aucun tarif national ne fixe le prix d’une dératisation chez un particulier, et nous n’avons trouvé aucun prix moyen publié par une source officielle. Les fourchettes qui circulent en ligne viennent de sites de mise en relation ou d’entreprises, et nous n’avons pas pu les vérifier. Nous préférons ne pas en donner.

Le prix dépend de ce que demande le chantier : la surface, le nombre de postes, le nombre de visites et la durée du suivi. Demandez plusieurs devis écrits et comparez ce qu’ils contiennent, pas seulement le total : diagnostic, nombre de passages, produits utilisés, bouchage des accès ou non.

Certaines villes proposent une aide. À Bordeaux, le centre municipal de dératisation peut proposer un premier traitement chimique sous condition de ressources, sans remplacer les professionnels. Renseignez-vous auprès de votre mairie.

Qui paie : locataire, propriétaire ou copropriété

Un logement loué doit être décent. Service-public.fr le rappelle : un logement décent n’est pas infesté par des animaux nuisibles, par exemple des rats. C’est la loi du 6 juillet 1989 qui l’impose au bailleur.

Cela ne veut pas dire que le propriétaire paie tout, dans tous les cas. Selon la Caf, les frais reviennent au locataire si l’infestation vient de sa négligence. Une juriste de l’ANIL y précise que, depuis la loi Elan de 2018, ce n’est plus au locataire de prouver qu’il n’est pas responsable : c’est au propriétaire de démontrer sa faute. Gardez donc des preuves datées : photos, échanges écrits, rapports d’intervention. En cas de désaccord, la Caf conseille de prévenir le bailleur, puis de lui écrire en recommandé avec des preuves. Une conciliation ou le juge restent possibles ensuite.

Côté charges, la liste des dépenses récupérables sur le locataire est fixée par un décret de 1987. Elle cite les produits de désinsectisation et de désinfection, mais pas la dératisation. La Cour de cassation juge cette liste limitative, rappelle l’ANIL à propos d’un arrêt du 3 avril 2007 : le bailleur ne peut pas réclamer une dépense qu’elle ne prévoit pas. Cette règle concerne les charges, pas la question de savoir qui est responsable de l’infestation. En cas de doute sur une ligne de vos charges, demandez le détail au bailleur ou à l’ADIL de votre département.

Dans un immeuble, prévenez le syndic ou le bailleur dès les premiers signes. Traiter un seul appartement suffit rarement si les rats circulent par les caves, les vide-ordures ou les gaines.

Le rôle de la mairie

Le maire dispose de pouvoirs de police en matière de salubrité publique. Les règles locales dépendent du règlement sanitaire départemental et des arrêtés de la commune. Les villes interviennent sur l’espace public, comme Paris avec son service municipal. Sur une propriété privée, la lutte revient en principe aux propriétaires et aux occupants.

Certaines communes vont plus loin. À Fresnes (Val-de-Marne), un arrêté du 3 juillet 2026 oblige propriétaires, syndics, bailleurs et occupants à faire dératiser « sans délai » dès que des rongeurs sont constatés. La mairie peut demander les contrats, les bons de passage ou les rapports d’intervention.

Si le propriétaire ou le syndic ne fait rien, adressez-vous au service d’hygiène de votre mairie. À Strasbourg, par exemple, il peut mener une enquête sanitaire et donner des consignes pour faire cesser l’infestation.

Dératisation à Paris

À Paris, la Ville traite l’espace public par son service municipal d’actions de salubrité et d’hygiène (SMASH). Dans les cours, caves et bâtiments privés, le règlement sanitaire départemental impose aux propriétaires d’organiser la lutte. La Ville recommande une dératisation en cas de forte présence de rats. Pour signaler des rats dans la rue ou un parc, la Ville renvoie vers l’application DansMaRue.

Comment choisir une entreprise

Le premier critère est réglementaire. Pour acheter, vendre ou utiliser les raticides réservés aux professionnels, il faut un certificat individuel, le Certibiocide. Depuis le 1er janvier 2024, il se décline en trois certificats, dont un Certibiocide « nuisibles » qui couvre notamment les rodenticides et les insecticides. Le ministère de la Transition écologique indique que l’application CERTIBIOCIDE permet de vérifier la validité d’un certificat : demandez son numéro au technicien.

Poste d’appâtage fermé, en métal peint, portant le numéro 2 et l’inscription Rodent bait station, posé contre un mur
Un poste d'appâtage fermé et numéroté, posé le long d'un mur : chaque poste est repéré pour être contrôlé à chaque passage. Photo : John Hill, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Ensuite, regardez le devis :

  • un diagnostic sur place avant tout traitement, pas un prix donné au téléphone sans visite ;
  • le nombre de passages prévus et la durée du suivi ;
  • des postes fermés et étiquetés, jamais de grains en vrac ;
  • des conseils ou des travaux pour boucher les accès, sans quoi d’autres rats prendront la place ;
  • un rapport remis à la fin, utile si votre mairie ou votre bailleur le demande.

L’université de Californie rappelle que le bouchage des accès reste la stratégie la plus durable contre les rats autour des bâtiments. Sans bouchage des points d’entrée et sans suppression de la nourriture, d’autres rats risquent de revenir.

Avant d’appeler un professionnel

Pour quelques rats dans une maison individuelle, des pièges bien posés suffisent souvent : voir piège à rats. Les produits vendus « anti-rats » sans poison ont peu d’effet, comme l’explique notre page répulsif pour rats. Si vous utilisez vous-même un raticide, les règles sont sur la page mort aux rats. Pour un poulailler, les précautions sont différentes : voir rats au poulailler.

Sources

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