Répulsif pour rats et produits anti-rats : lesquels fonctionnent vraiment ?

Un rat traverse le jardin à la tombée de la nuit, ou des crottes apparaissent au garage : le premier réflexe est souvent d’acheter un répulsif, en sachet, en spray ou en boîtier à brancher. Ces produits promettent de faire fuir les rats sans les tuer. Les services universitaires qui étudient les rongeurs sont pourtant clairs : aucun ne règle le problème durablement.
Les odeurs : huiles essentielles, menthe, piment
Les rats ont une aversion pour certaines odeurs et certains goûts, mais elle ne dure pas. L’université de Californie le résume ainsi : aucun répulsif n’a permis de régler un problème de rats au-delà d’une très courte période. Le centre américain de référence sur les dégâts de la faune (ICWDM) juge lui aussi les répulsifs chimiques rarement utiles contre une infestation.
Même si une odeur dérange un rat au début, elle ne retire ni la nourriture qui l’a attiré, ni le trou par lequel il entre. Nous n’avons trouvé aucune étude montrant qu’une huile essentielle, la menthe poivrée comprise, éloigne durablement les rats.
Les appareils à ultrasons
Les boîtiers à ultrasons sont parmi les produits « anti-rats » les plus vendus. Les deux sources universitaires consultées sont pourtant d’accord :
- les rats s’habituent vite à un son qui se répète, ce qui rend ces appareils inefficaces dans une maison ou un jardin, selon l’université de Californie ;
- les ultrasons ne chassent pas des rats déjà installés, et l’ICWDM ne recommande pas les appareils du commerce contre une infestation.
Les raisons physiques sont les mêmes que pour les souris : le son ne passe pas derrière les meubles et faiblit vite avec la distance. Elles sont détaillées sur notre page répulsif souris et ultrasons.
La naphtaline et les remèdes de grand-mère
Les boules de naphtaline sont parfois conseillées contre les rongeurs. Une fiche de l’université du Tennessee les juge inefficaces dès que le lieu est aéré, et note que respirer longtemps leurs vapeurs peut nuire à la santé. Ne les posez pas dans les pièces où vous vivez.
Pour les autres recettes qui circulent (ammoniaque, poils de chien, piment en poudre), nous n’avons trouvé aucune étude ni recommandation officielle qui montre leur efficacité contre les rats.
Un chat ou un chien ?
Un chat ou un chien attrape parfois un rat. L’ICWDM précise qu’on ne peut pas compter sur eux pour éliminer une population installée. Un chat peut au mieux aider à éviter qu’elle se reforme. Attention aussi aux gamelles laissées dehors : l’université de Californie note que la nourriture des chats nourris à l’extérieur attire fortement les rats.
Ce qui fait vraiment partir les rats

1. Supprimer la nourriture
Sans nourriture facile, un rat a moins de raisons de rester. L’université de Californie conseille de :
- donner aux animaux la quantité qu’ils mangent en un repas, et ranger leurs croquettes dans des boîtes que les rongeurs ne peuvent pas ouvrir ;
- fermer les poubelles avec un couvercle bien ajusté ;
- ramasser les fruits et les noix tombés au sol ;
- garder le compost dans un bac rigide fermé.
La Ville de Bordeaux conseille de nourrir les animaux à heures fixes, puis de retirer les restes. Elle rappelle aussi que le règlement sanitaire départemental interdit de nourrir les animaux errants et les pigeons. Si vous avez des poules, voir notre page rats au poulailler.
2. Boucher les accès
C’est, pour l’université de Californie, la stratégie la plus durable autour d’une maison. Bouchez tous les trous de plus de 6 mm avec de la laine d’acier, du grillage métallique ou de la tôle. Le plastique, la mousse, le bois et le mastic ne tiennent pas : les rats les rongent. Le grillage à poules, à mailles trop larges, ne les arrête pas.
Rangez aussi le bois de chauffage et les planches au-dessus du sol, et éclaircissez le lierre et la végétation dense collés aux murs.
3. Poser des pièges
Pour les rats déjà là, l’université de Californie juge la tapette à rat la façon la plus sûre, la plus efficace et la plus économique de les piéger. Encore faut-il bien choisir l’emplacement et la poser hors de portée des enfants et des animaux. Le rat se méfie des objets nouveaux : laissez les pièges appâtés sans les armer les premiers jours. Modèles, appâts et emplacements sont détaillés dans notre guide piège à rats.
4. Le raticide, en dernier recours
Un raticide n’est pas un répulsif : il tue, avec des risques pour les enfants, les chiens, les chats et les oiseaux. Les conditions d’emploi changent d’un produit à l’autre : respectez l’étiquette, notamment les lieux autorisés et l’usage de postes d’appâtage sécurisés, et ne laissez jamais un appât accessible. Lisez bien l’étiquette : certains produits du commerce ne sont autorisés que contre les souris. L’Anses a par exemple refusé l’usage contre les rats d’un raticide grand public, faute d’efficacité démontrée. Les règles sont sur notre page mort aux rats.
Quand faire appel à un professionnel
Si les rats reviennent malgré les accès bouchés et les pièges, s’ils viennent des caves ou des parties communes d’un immeuble, la population est sans doute importante. Une entreprise de dératisation dispose de produits réservés aux professionnels. Ce qu’elle doit faire, et qui paie, est expliqué sur notre page dératisation.
Sources
- Université de Californie (UC IPM) – Pest Notes : Rats (N.M. Quinn, mise à jour 06/2025)
- Internet Center for Wildlife Damage Management – Norway Rat Damage Prevention and Control Methods
- Université du Tennessee (via ICWDM) – Managing Nuisance Animals (naphtaline)
- Ville de Bordeaux – Lutte contre les rongeurs (mise à jour du 10 mars 2026)
- Anses – Décision d'autorisation d'un rodenticide grand public (FRAP BLOCK, AMM FR-2012-0020)



