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Puces sur un chat : les reconnaître, choisir l'anti-puces avec le vétérinaire et éviter les erreurs

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En brefUn chat qui se gratte beaucoup a souvent des puces : un peigne fin passé au-dessus d'un papier blanc fait tomber puces et crottes de puces. Le traitement (pipette, comprimé ou collier) est un médicament vétérinaire : le choix revient au vétérinaire, selon l'âge et le poids. N'utilisez jamais un anti-puces pour chien, qui peut tuer un chat, et traitez la maison et tous les animaux en même temps.
Chat tigré assis qui se gratte le cou avec une patte arrière, les yeux plissés
Photo : Vannie, CC BY 3.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Un chat qui a des puces se gratte, se lèche et se mordille plus que d’habitude. Avant d’acheter un anti-puces, vérifiez qu’il s’agit bien de puces, puis demandez conseil au vétérinaire. Le produit doit être autorisé pour les chats : certains anti-puces pour chiens peuvent tuer un chat.

Comment savoir si votre chat a des puces ?

Pour le centre de santé féline de l’université Cornell, un grattage répété et insistant est le signe le plus net, même si d’autres causes de démangeaisons existent. Les puces se voient surtout sur le ventre, le dos et près de la queue.

Une infestation légère peut passer inaperçue. ESCCAP, conseil scientifique européen sur les parasites des animaux de compagnie, rappelle qu’un petit nombre de puces passe facilement inaperçu, surtout dans un pelage long et épais. La toilette du chat joue aussi beaucoup sur le nombre de puces visibles.

Le test du peigne et du papier mouillé

ESCCAP considère le peignage comme la meilleure méthode de détection. Passez un peigne fin dans le pelage, au-dessus d’une feuille blanche ou d’une taie d’oreiller, comme le conseille Cornell. Vous verrez peut-être des puces, et surtout de petits points noirs : ce sont leurs déjections.

Pour les distinguer d’une simple poussière, posez les points noirs récupérés au peigne sur un papier blanc humide. D’après ESCCAP, les déjections de puces se délitent au contact de l’eau.

La puce du chat, à quoi ressemble-t-elle ?

ESCCAP décrit une puce adulte brune, de 1 à 6 mm, aplatie sur les côtés. Elle passe en général toute sa vie sur le même animal. Les deux espèces les plus courantes sur les chats et les chiens sont Ctenocephalides felis, la puce du chat, et Ctenocephalides canis, la puce du chien.

Puce du chat femelle (Ctenocephalides felis) vue de profil au microscope, corps brun aplati et longues pattes arrière
Puce du chat (Ctenocephalides felis) vue au microscope. À l'œil nu, c'est un petit insecte brun, aplati, qui file entre les poils. Photo : Katja ZSM, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Un chat d’intérieur peut-il avoir des puces ?

Oui. Cornell rappelle que tous les chats peuvent en avoir. Des puces peuvent entrer avec un chien qui sort, un autre chat, ou depuis un jardin fréquenté par des animaux sauvages.

Les puces se reproduisent aussi à l’intérieur. ESCCAP explique qu’elles prolifèrent là où la température et l’humidité de la maison leur conviennent : les œufs tombent du pelage, et larves et cocons se développent dans les tapis, les fentes et les couchages. La puce adulte peut attendre dans son cocon jusqu’à 6 mois, puis sortir quand elle sent des vibrations, de la chaleur ou le gaz carbonique d’un animal qui passe.

Les puces sont-elles dangereuses pour le chat ?

Pour beaucoup de chats, c’est surtout une gêne. Les risques suivants sont décrits par les sources :

  • le ténia (Dipylidium caninum) : la puce le transporte. D’après UC IPM, le programme de lutte intégrée de l’université de Californie, le chat s’infeste en avalant des puces pendant sa toilette. ESCCAP précise que ce ver peut parfois toucher l’homme ;
  • l’anémie : Santé Canada la cite en cas d’infestation importante. Pour Cornell, le risque est surtout grand chez un chaton couvert de puces ;
  • l’allergie aux piqûres : ESCCAP la classe parmi les maladies de peau les plus fréquentes du chat. Elle provoque de fortes démangeaisons, une perte de poils étendue, des croûtes, souvent sur la tête et le cou ;
  • la bartonellose : Cornell et ESCCAP signalent que les puces transmettent entre chats les bactéries Bartonella. Chez l’homme, elles causent la maladie des griffes du chat, transmise surtout par une griffure ou une morsure de chat.

Un chat qui perd ses poils, a des croûtes ou se gratte sans arrêt doit être vu par un vétérinaire. Lui seul peut dire si les puces en sont la cause et s’il faut aussi vermifuger.

Puces sur un chaton : soyez prudent

Le chaton est le plus fragile face aux puces, et aussi face aux produits. L’Agence nationale du médicament vétérinaire (ANMV, rattachée à l’Anses) observe que les effets indésirables graves des anti-puces touchent plus souvent les animaux de petit gabarit. Ils viennent souvent d’un produit utilisé hors de l’espèce, du poids ou de l’âge prévus.

Tous les anti-puces ne conviennent pas à un chaton. L’âge et le poids minimum figurent sur la notice. Pour un chaton couvert de puces, ou une chatte qui allaite, demandez au vétérinaire avant tout traitement.

Pipette, comprimé ou collier : quel anti-puces pour un chat ?

Les anti-puces pour chats sont des médicaments vétérinaires, même quand ils se vendent sans ordonnance. D’après l’Anses, on les trouve chez le vétérinaire, en pharmacie, et pour certains antiparasitaires externes sans ordonnance, en animalerie, jardinerie ou grande surface. Nous ne citons aucune marque : le bon produit dépend de votre chat, de son âge, de son poids, de sa santé, des contre-indications et des autres animaux de la maison.

Les formes les plus courantes :

FormeComment elle s’utilisePoints d’attention selon les sources
Pipette (spot-on)Liquide déposé sur la peau, à l’endroit indiqué par la noticeSelon l’ANMV, beaucoup d’accidents viennent du léchage : respecter l’endroit d’application et séparer les animaux traités
CompriméMédicament avalé, qui agit par le sangCornell distingue les produits qui circulent dans le sang de ceux qui restent sur le pelage
CollierLibère le produit en continuL’ANMV conseille de ne pas laisser un animal traité dormir avec ses maîtres, surtout les enfants, en particulier avec un collier

Le vétérinaire choisit aussi le rythme de traitement. ESCCAP recommande un protocole personnalisé, établi avec le propriétaire. Il dépend du nombre d’animaux, du niveau d’infestation de la maison et d’une éventuelle allergie aux piqûres. Le traitement doit souvent être renouvelé à intervalles réguliers jusqu’à ce que les puces disparaissent.

Avant d’appliquer un produit, lisez la notice et respectez-la : dose, moment, contre-indications. C’est le premier conseil de l’Anses. La notice officielle de chaque médicament (le « RCP ») se consulte aussi sur le site de l’ANMV, ircp.anmv.anses.fr.

Perméthrine et chat : jamais d’anti-puces pour chien

Certains anti-puces pour chiens contiennent de la perméthrine. L’Anses explique que le chat élimine très mal cette substance. Elle provoque chez lui des tremblements, des convulsions, parfois un coma et la mort. Avec une pipette concentrée, quelques gouttes peuvent suffire.

Les accidents continuent. En 2024, l’Anses a reçu 82 déclarations d’effets indésirables chez des chats après un produit à base de perméthrine, dont 34 cas graves et quatre morts.

Si votre chat a reçu un produit pour chien, ou s’il a léché un chien traité, c’est une urgence, même s’il n’a encore aucun symptôme. L’Anses conseille de :

  1. le laver tout de suite à l’eau tiède, avec du savon ou du liquide vaisselle ;
  2. appeler sans attendre un vétérinaire, ou un centre antipoison vétérinaire, et suivre ses consignes.

Après le traitement du chien, séparez-le du chat : au moins jusqu’à ce que le produit soit sec, et pendant le délai de la notice. Le chat ne doit pas pouvoir lécher l’endroit traité. Nous détaillons ce cas dans la page puces du chien.

Anti-puces naturel pour chat : ce que disent les études

Les remèdes « naturels » sont très recherchés. Plusieurs n’ont pas montré d’efficacité, et certains peuvent intoxiquer le chat :

  • levure de bière et vitamine B1 : ce sont des compléments alimentaires, pas des anti-puces. Pour UC IPM, les études montrent qu’elles n’empêchent pas les puces de piquer ;
  • colliers aux plantes et appareils à ultrasons : UC IPM les juge inefficaces pour repousser les puces ;
  • huiles essentielles : en 2014, le centre antipoison animal de l’ASPCA, aux États-Unis, a publié l’analyse de 443 intoxications par de l’huile essentielle d’arbre à thé pure, dont 106 chats et 337 chiens. Dans 89 % des cas, l’huile avait été appliquée volontairement. Les chats jeunes et légers étaient les plus gravement touchés.

« Naturel » ne veut donc pas dire sans danger pour un chat. Avant d’appliquer une huile ou une lotion maison, demandez l’avis du vétérinaire.

Traiter la maison en même temps que le chat

Traiter le chat ne suffit pas. D’après ESCCAP, chaque femelle pond jusqu’à 50 œufs par jour, qui tombent dans la maison. Les larves se cachent sous les meubles, dans les tapis et dans le couchage. À température ambiante, UC IPM indique que le cycle complet, de l’œuf à l’adulte, peut prendre environ 18 jours.

ESCCAP recommande de traiter tous les animaux du foyer en même temps, et de traiter aussi l’environnement. Santé Canada conseille de passer l’aspirateur tous les jours sur les tapis et les meubles rembourrés. Lavez aussi le panier et les coussins où dort le chat. Les gestes et les produits pour la maison sont détaillés dans notre page puces dans la maison.

Les erreurs à éviter

  1. Utiliser un anti-puces pour chien, même « juste un peu » : la perméthrine peut tuer un chat.
  2. Traiter un seul animal quand il y en a plusieurs : ESCCAP demande de traiter tous les animaux du foyer en même temps.
  3. Oublier la maison : les œufs et les cocons restent dans les tapis et le couchage.
  4. Arrêter trop tôt : de nouvelles puces peuvent sortir des cocons pendant des semaines, voire des mois.
  5. Se fier aux huiles essentielles : elles n’ont pas fait leurs preuves et peuvent intoxiquer le chat.

En cas de doute sur un produit ou de réaction après un traitement, appelez votre vétérinaire. Pour comprendre le cycle des puces et les autres pages de la rubrique, voir notre page puces.

Sources

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