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Punaises dans la maison à l'automne : les reconnaître, les empêcher d'entrer, les faire sortir

Une punaise dans la maison en octobre, sur une vitre ou au plafond, n’a rien d’inquiétant. Ce sont le plus souvent des punaises du jardin qui cherchent un abri pour l’hiver. Elles ne piquent pas les habitants et n’abîment pas la maison. Le seul vrai désagrément, c’est leur odeur si on les écrase. Identifiez-la quand même avant de conclure : les espèces ne se comportent pas toutes de la même façon.

Punaise diabolique posée sur un mur crépi clair, vue de dessus : dos brun marbré, antennes à bandes blanches
Punaise diabolique sur un mur, photographiée dans la Somme : à l'automne, elle cherche un abri sec pour passer l'hiver. Photo : APictche, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Pourquoi des punaises de jardin entrent-elles dans la maison ?

Pour hiverner. À l’approche du froid, plusieurs espèces cherchent un abri sec : écorces d’arbres morts, bâtiments, habitations, explique l’INRAE à propos de la punaise diabolique. D’après le Bulletin de santé du végétal de Nouvelle-Aquitaine, certaines espèces venues d’ailleurs entrent dans les maisons et les bâtiments agricoles, attirées par la lumière.

La punaise diabolique arrive rarement seule. À l’automne, elle se regroupe pour mieux survivre à l’hiver et attire ses congénères avec des substances qu’elle émet. Lors des fortes années, plusieurs centaines de punaises diaboliques peuvent se retrouver sur un même bâtiment.

Pendant l’hiver, les punaises diaboliques ne mangent pas et ne se reproduisent pas, précise l’université du Missouri. Elles ressortent au printemps, quand il fait plus doux : l’INRAE observe une reprise de l’alimentation à partir d’avril.

Quelles punaises trouve-t-on dans la maison ?

PunaiseTailleComment la reconnaître
Punaise diabolique12 à 17 mmbrune marbrée, bandes blanches sur les antennes et les pattes
Punaises vertes (deux espèces)12 à 16 mm selon l’espèceverte en été, souvent brunâtre en hiver ; trois points clairs sur le dos chez Nezara viridula, aucun chez Palomena prasina
Punaise américaine du pin16 à 20 mmallongée, rouge brun, pattes arrière élargies en feuille

La punaise diabolique est arrivée d’Asie et a été observée en France pour la première fois en 2012. Elle s’est depuis largement répandue dans le pays, selon l’INRAE. C’est elle qui envahit parfois les maisons en très grand nombre.

La punaise verte est souvent méconnaissable en hiver. Les punaises vertes deviennent souvent brunes à la mauvaise saison, indiquent les fiches de reconnaissance de l’INRA. Une punaise brune n’est donc pas forcément une punaise diabolique.

La punaise américaine du pin (Leptoglossus occidentalis) vient d’Amérique du Nord. Elle a été signalée en France pour la première fois en septembre 2006, dans le Sud, d’après l’Organisation européenne pour la protection des plantes. Selon l’institut suisse de recherche sur la forêt (WSL), elle entre souvent dans les bâtiments pour hiverner. Elle se nourrit surtout des graines de pins et d’autres conifères. Elle peut réduire leur production de graines, mais elle est sans danger dans une maison.

Punaise américaine du pin sur un montant de fenêtre blanc : corps allongé brun-roux, longues antennes, pattes arrière élargies
La punaise américaine du pin (Leptoglossus occidentalis) sur une fenêtre, dans le Territoire de Belfort : 16 à 20 mm, pattes arrière élargies en forme de feuille. Photo : Thomas Bresson, CC BY 3.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Deux autres punaises brunes sèment le doute. La punaise grise (Rhaphigaster nebulosa) est très commune en France, rappelle la DRAAF Occitanie, et ressemble beaucoup à la diabolique. Elle s’en distingue par une longue épine sous le ventre, dirigée vers la tête, absente chez la diabolique. Les sources consultées ne la citent pas parmi les punaises qui envahissent les maisons.

Quant au nom « punaise des bois », le Muséum national d’histoire naturelle l’attribue à la punaise à pattes rousses (Pentatoma rufipes). Elle passe l’hiver sous forme de larve, sur les arbres : voir notre page punaise des bois.

Punaise de jardin ou punaise de lit ?

La différence est simple. La punaise de lit se nourrit de sang, surtout humain, et pique surtout la nuit, selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). Elle a la taille d’un pépin de pomme et se cache dans les matelas, les sommiers et les fentes sombres.

Les punaises du jardin mesurent plus d’un centimètre, ont un corps en forme de bouclier et se nourrissent de plantes. On les remarque surtout sur les vitres et les murs. Une grosse punaise sur la fenêtre n’a donc rien à voir avec des piqûres au réveil. En cas de doute, comparez avec les photos de notre page punaise de lit.

Sont-elles dangereuses ?

Non. La punaise diabolique ne pique ni l’homme ni les animaux, et une invasion massive ne présente aucun danger, indique le Bulletin de santé du végétal d’Occitanie. La ville de Montréal confirme qu’elle ne présente aucun danger pour la santé humaine ou animale. La punaise américaine du pin est elle aussi inoffensive, selon le WSL.

Leur défense, c’est l’odeur. Beaucoup de ces punaises dégagent une odeur désagréable quand on les dérange ou qu’on les écrase, prévient l’université du Missouri. Celle de la punaise américaine du pin fait plutôt penser au citron ou à la pomme, d’après le WSL.

Comment les empêcher d’entrer ?

Le mieux est d’agir avant l’automne. Bloquer les entrées est la méthode la plus efficace, selon l’université du Missouri. La ville de Montréal conseille de :

  • colmater les fissures autour des fenêtres et des portes ;
  • réparer ou remplacer les moustiquaires abîmées ;
  • retirer ou couvrir les climatiseurs de fenêtre avant l’automne.

Pensez aussi aux passages de câbles et de tuyaux et au bas des portes qui donnent dehors.

Vérifiez aussi les caissons de fenêtres et les stores, où la punaise diabolique aime se réfugier, signale le canton du Valais.

Comment les sortir sans les écraser ?

L’aspirateur est la méthode conseillée par la ville de Montréal. Videz ou jetez rapidement le sac ou le bac, sinon l’odeur reste. L’université du Missouri prévient que l’appareil peut garder l’odeur quelque temps.

Pour quelques punaises, vous pouvez aussi les ramasser et les remettre dehors : c’est ce que propose le WSL pour la punaise américaine du pin. Pour la punaise diabolique, le canton du Valais conseille au contraire de ne pas la relâcher et de l’éliminer, dans de l’eau savonneuse ou au congélateur.

Faut-il utiliser un insecticide ?

Non. Les diffuseurs et les sprays insecticides ne sont pas recommandés à l’intérieur contre la punaise diabolique, selon l’université du Missouri. Aucune des sources consultées ne conseille d’insecticide dans la maison contre ces punaises. Elles ne s’y installent pas et repartent au printemps : calfeutrer et aspirer suffit.

Si vous voyez une punaise diabolique, vous pouvez la signaler dans l’application Agiir de l’INRAE, qui suit son extension en France.

Les espèces

Sources