Punaises dans la maison à l'automne : les reconnaître, les empêcher d'entrer, les faire sortir
Une punaise dans la maison en octobre, sur une vitre ou au plafond, n’a rien d’inquiétant. Ce sont le plus souvent des punaises du jardin qui cherchent un abri pour l’hiver. Elles ne piquent pas les habitants et n’abîment pas la maison. Le seul vrai désagrément, c’est leur odeur si on les écrase. Identifiez-la quand même avant de conclure : les espèces ne se comportent pas toutes de la même façon.

Pourquoi des punaises de jardin entrent-elles dans la maison ?
Pour hiverner. À l’approche du froid, plusieurs espèces cherchent un abri sec : écorces d’arbres morts, bâtiments, habitations, explique l’INRAE à propos de la punaise diabolique. D’après le Bulletin de santé du végétal de Nouvelle-Aquitaine, certaines espèces venues d’ailleurs entrent dans les maisons et les bâtiments agricoles, attirées par la lumière.
La punaise diabolique arrive rarement seule. À l’automne, elle se regroupe pour mieux survivre à l’hiver et attire ses congénères avec des substances qu’elle émet. Lors des fortes années, plusieurs centaines de punaises diaboliques peuvent se retrouver sur un même bâtiment.
Pendant l’hiver, les punaises diaboliques ne mangent pas et ne se reproduisent pas, précise l’université du Missouri. Elles ressortent au printemps, quand il fait plus doux : l’INRAE observe une reprise de l’alimentation à partir d’avril.
Quelles punaises trouve-t-on dans la maison ?
| Punaise | Taille | Comment la reconnaître |
|---|---|---|
| Punaise diabolique | 12 à 17 mm | brune marbrée, bandes blanches sur les antennes et les pattes |
| Punaises vertes (deux espèces) | 12 à 16 mm selon l’espèce | verte en été, souvent brunâtre en hiver ; trois points clairs sur le dos chez Nezara viridula, aucun chez Palomena prasina |
| Punaise américaine du pin | 16 à 20 mm | allongée, rouge brun, pattes arrière élargies en feuille |
La punaise diabolique est arrivée d’Asie et a été observée en France pour la première fois en 2012. Elle s’est depuis largement répandue dans le pays, selon l’INRAE. C’est elle qui envahit parfois les maisons en très grand nombre.
La punaise verte est souvent méconnaissable en hiver. Les punaises vertes deviennent souvent brunes à la mauvaise saison, indiquent les fiches de reconnaissance de l’INRA. Une punaise brune n’est donc pas forcément une punaise diabolique.
La punaise américaine du pin (Leptoglossus occidentalis) vient d’Amérique du Nord. Elle a été signalée en France pour la première fois en septembre 2006, dans le Sud, d’après l’Organisation européenne pour la protection des plantes. Selon l’institut suisse de recherche sur la forêt (WSL), elle entre souvent dans les bâtiments pour hiverner. Elle se nourrit surtout des graines de pins et d’autres conifères. Elle peut réduire leur production de graines, mais elle est sans danger dans une maison.

Deux autres punaises brunes sèment le doute. La punaise grise (Rhaphigaster nebulosa) est très commune en France, rappelle la DRAAF Occitanie, et ressemble beaucoup à la diabolique. Elle s’en distingue par une longue épine sous le ventre, dirigée vers la tête, absente chez la diabolique. Les sources consultées ne la citent pas parmi les punaises qui envahissent les maisons.
Quant au nom « punaise des bois », le Muséum national d’histoire naturelle l’attribue à la punaise à pattes rousses (Pentatoma rufipes). Elle passe l’hiver sous forme de larve, sur les arbres : voir notre page punaise des bois.
Punaise de jardin ou punaise de lit ?
La différence est simple. La punaise de lit se nourrit de sang, surtout humain, et pique surtout la nuit, selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). Elle a la taille d’un pépin de pomme et se cache dans les matelas, les sommiers et les fentes sombres.
Les punaises du jardin mesurent plus d’un centimètre, ont un corps en forme de bouclier et se nourrissent de plantes. On les remarque surtout sur les vitres et les murs. Une grosse punaise sur la fenêtre n’a donc rien à voir avec des piqûres au réveil. En cas de doute, comparez avec les photos de notre page punaise de lit.
Sont-elles dangereuses ?
Non. La punaise diabolique ne pique ni l’homme ni les animaux, et une invasion massive ne présente aucun danger, indique le Bulletin de santé du végétal d’Occitanie. La ville de Montréal confirme qu’elle ne présente aucun danger pour la santé humaine ou animale. La punaise américaine du pin est elle aussi inoffensive, selon le WSL.
Leur défense, c’est l’odeur. Beaucoup de ces punaises dégagent une odeur désagréable quand on les dérange ou qu’on les écrase, prévient l’université du Missouri. Celle de la punaise américaine du pin fait plutôt penser au citron ou à la pomme, d’après le WSL.
Comment les empêcher d’entrer ?
Le mieux est d’agir avant l’automne. Bloquer les entrées est la méthode la plus efficace, selon l’université du Missouri. La ville de Montréal conseille de :
- colmater les fissures autour des fenêtres et des portes ;
- réparer ou remplacer les moustiquaires abîmées ;
- retirer ou couvrir les climatiseurs de fenêtre avant l’automne.
Pensez aussi aux passages de câbles et de tuyaux et au bas des portes qui donnent dehors.
Vérifiez aussi les caissons de fenêtres et les stores, où la punaise diabolique aime se réfugier, signale le canton du Valais.
Comment les sortir sans les écraser ?
L’aspirateur est la méthode conseillée par la ville de Montréal. Videz ou jetez rapidement le sac ou le bac, sinon l’odeur reste. L’université du Missouri prévient que l’appareil peut garder l’odeur quelque temps.
Pour quelques punaises, vous pouvez aussi les ramasser et les remettre dehors : c’est ce que propose le WSL pour la punaise américaine du pin. Pour la punaise diabolique, le canton du Valais conseille au contraire de ne pas la relâcher et de l’éliminer, dans de l’eau savonneuse ou au congélateur.
Faut-il utiliser un insecticide ?
Non. Les diffuseurs et les sprays insecticides ne sont pas recommandés à l’intérieur contre la punaise diabolique, selon l’université du Missouri. Aucune des sources consultées ne conseille d’insecticide dans la maison contre ces punaises. Elles ne s’y installent pas et repartent au printemps : calfeutrer et aspirer suffit.
Si vous voyez une punaise diabolique, vous pouvez la signaler dans l’application Agiir de l’INRAE, qui suit son extension en France.
Les espèces
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Sources
- INRAE, Ephytia (J.-C. Streito et M. Chartois) – Agiir : punaise diabolique et son cycle (mis à jour le 19 octobre 2022)
- Bulletin de santé du végétal Nouvelle-Aquitaine (FREDON, DRAAF) – Les punaises phytophages en arboriculture fruitière, hors-série du 26 avril 2024
- Bulletin de santé du végétal Occitanie (Chambre régionale d'agriculture, DRAAF) – Fiche punaise diabolique (2025)
- DRAAF Occitanie – L'impact de la punaise diabolique sur l'agriculture occitane, Analyses et études (avril 2026)
- Référentiel TAXREF du Muséum national d'histoire naturelle, noms français de Pentatoma rufipes (via GBIF)
- GIS Fruits, INRA (J.-C. Streito) – Fiches de reconnaissance des principales espèces de punaises rencontrées dans les vergers en France (août 2019)
- Institut fédéral de recherches WSL, Protection des forêts suisses – Punaise américaine du pin (fiche diagnostic)
- OEPP (Organisation européenne et méditerranéenne pour la protection des plantes) – Leptoglossus occidentalis, répartition en France
- Ville de Montréal – Signaler la présence de punaises marbrées (mis à jour le 4 septembre 2024)
- Université du Missouri, IPM (J. Pinero et R. Houseman) – Brown Marmorated Stink Bugs in homes (11 octobre 2016)
- Canton du Valais, Service de l'agriculture – Punaise marbrée (diabolique) et espèces à ne pas confondre (consulté le 31 octobre 2026)
- Anses – Bed bugs in 13 questions (5 octobre 2023)


