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Termites : reconnaître un termite et ses dégâts, ce que dit la loi, comment traiter

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En brefLes termites de France sont surtout des termites souterrains : de petits insectes blanchâtres de 5 à 6 mm qui mangent le bois par l'intérieur, sans laisser de sciure. Si vous en constatez chez vous, la déclaration en mairie est obligatoire dans le mois. Dans les zones fixées par arrêté préfectoral, un état termites de moins de 6 mois est exigé à la vente. Le traitement se confie à une entreprise spécialisée.
Termites souterrains pâles, au corps mou et à la tête jaunâtre, qui circulent dans une galerie creusée sous la surface d'un bois en décomposition
Photo : Judy Gallagher, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Les termites mangent le bois de l’intérieur, à l’abri de la lumière : on les voit rarement, on découvre plutôt une plinthe qui s’effrite ou une poutre creuse. En France métropolitaine, ce sont surtout des termites souterrains, qui vivent dans le sol et remontent dans les maisons. Leur présence entraîne des obligations précises, à commencer par une déclaration en mairie.

À quoi ressemble un termite ?

Un termite ouvrier mesure 5 à 6 mm, indique le guide du ministère du Logement de 2016. Les termites ailés, ceux qui s’envolent pour fonder de nouvelles colonies, mesurent 8 à 9 mm. Toutes castes confondues, la préfecture d’Indre-et-Loire parle d’insectes de 3 à 9 mm de long.

Une colonie de termites souterrains peut compter plusieurs dizaines de milliers d’individus répartis en castes : ouvriers, soldats et reproducteurs, selon la direction des territoires d’Indre-et-Loire. Les ouvriers forment l’immense majorité, 90 à 95 % des individus chez les termites souterrains d’après le ministère. Ce sont eux qui creusent et abîment le bois.

Les termites souterrains supportent mal la lumière et l’air sec. La plaquette de la préfecture d’Indre-et-Loire précise qu’ils ont besoin d’une humidité importante pour survivre. C’est pour cela qu’ils restent dans le bois, dans le sol ou dans leurs galeries de terre.

Quels termites trouve-t-on en France ?

Sur environ 2 700 espèces dans le monde, six seulement vivent en métropole, selon le guide du ministère. Cinq sont des termites souterrains du genre Reticulitermes, qui nichent dans le sol près d’une source d’humidité. Ce sont eux qui causent la plupart des dégâts. La sixième est un termite de bois sec (Kalotermes flavicollis), dont la colonie vit dans une pièce de bois sans passer par le sol.

Le plus connu est le termite de Saintonge, longtemps décrit sous le nom de Reticulitermes santonensis et étudié par l’Institut de recherche sur la biologie de l’insecte (CNRS, Tours). Les chercheurs le rattachent aujourd’hui à Reticulitermes flavipes, un termite d’Amérique du Nord. Une étude de l’université de Tours publiée en 2013 conclut que les populations françaises viennent probablement de Louisiane.

Outre-mer, la situation est très différente. En Guadeloupe, en Guyane, en Martinique et à La Réunion, les espèces sont bien plus nombreuses et les dégâts plus fréquents, souligne le ministère.

Les signes de termites dans le bois et la maison

Le plus souvent, on ne voit pas les termites eux-mêmes. Le guide du ministère et les services de l’État en Indre-et-Loire citent ces indices :

  • des cordonnets : de petits tunnels de terre qui courent le long d’un mur, d’une poutre ou pendent du plafond ;
  • un bois creusé sans sciure, d’aspect feuilleté, avec des galeries garnies de terre ;
  • une plinthe ou un montant de porte qui cède facilement ;
  • quelques minuscules trous noirs sur le plâtre d’un mur ou d’un plafond ;
  • de nombreuses ailes tombées près des fenêtres, après un envol au début du printemps.
Pilier en parpaings couvert de traînées de terre verticales : des cordonnets construits par des termites pour monter du sol à l'abri de la lumière
Cordonnets de termites : des tunnels de terre et de débris qui leur permettent de monter du sol à l'abri de la lumière, ici sur un pilier en parpaings. Photo : Jim Conrad, Domaine public, via Wikimedia Commons (redimensionnée).
Bas d'un bardage en bois peint en blanc, rongé et feuilleté par des termites au ras du sol, avec de la terre collée sur le bois
Bas d'un bardage en bois rongé par des termites : le bois est feuilleté, creusé de l'intérieur, avec de la terre collée sur les dégâts. Photo : Alton, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Ce n’est pas seulement le bois qui est touché. Les termites mangent tout ce qui contient de la cellulose : papier, carton, certains tissus, doublages de cloison. Pour avancer, ils traversent aussi des matériaux tendres comme le plâtre, le polystyrène, les isolants ou les gaines électriques. Une fissure de moins de 2 mm leur suffit pour entrer dans un bâtiment, d’après la DDT d’Indre-et-Loire.

Où chercher ? Le ministère conseille de regarder les caves, sous-sols et vides sanitaires, le dessous des éviers et des baignoires, les parquets couverts d’un revêtement étanche. Dehors, inspectez les souches, les piquets et clôtures en bois plantés dans le sol, le bois de chauffage posé par terre et le bas des murs.

Termites ailés ou fourmis volantes ?

Au printemps, un essaim de termites ailés ressemble de loin à des fourmis volantes. D’après l’université du Kentucky, le termite a quatre ailes de même longueur, un corps épais sans « taille de guêpe » et des antennes droites. La fourmi a une taille très fine, des antennes coudées et des ailes avant plus grandes que les ailes arrière.

Termite ailé noir vu de dessus, avec deux paires de longues ailes brunâtres de même taille qui dépassent l'abdomen
Termite ailé : quatre longues ailes de même taille, un corps sans étranglement. Photo : NY State IPM Program at Cornell University, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Le comparatif complet, avec photos, est sur notre page fourmis volantes. Si les insectes sortent d’un mur avec de la sciure à côté, pensez plutôt à une fourmi charpentière : elle creuse le bois mais ne le mange pas.

Mon département est-il concerné ?

Quand des foyers de termites sont repérés, le préfet délimite par arrêté les zones contaminées ou susceptibles de l’être à court terme. Le ministère indique que l’arrêté est affiché trois mois en mairie. En 2016, d’après le guide du ministère, une cinquantaine de départements avaient un tel arrêté, sur tout ou partie de leur territoire. Ce périmètre évolue avec les nouvelles détections : vérifiez votre commune sur les cartes ci-dessous. Le sud-ouest est le plus touché, mais Paris et sa proche banlieue le sont aussi.

Pour connaître la situation de votre commune, deux cartes officielles existent :

  • la carte du Cerema, chargé par le ministère de recenser les arrêtés préfectoraux sur les termites et la mérule ;
  • l’outil de recherche par commune signalé par service-public.fr, avec une carte interactive.

En cas de doute, la mairie ou la préfecture peut vous dire si un arrêté s’applique. Le ministère rappelle qu’une zone non classée n’est pas pour autant à l’abri des termites.

Termites : vos obligations

Déclarer les termites en mairie

Dès qu’un occupant constate des termites, il doit le déclarer à la mairie dans le mois, indique service-public.fr. L’obligation vaut pour le locataire comme pour le propriétaire, et même pour un terrain sans construction selon le ministère. Le locataire prévient d’abord son propriétaire. Dans une copropriété, l’occupant qui en trouve dans les parties communes prévient le syndic, qui fait la déclaration.

La déclaration se fait sur le formulaire prévu, daté et signé. Elle indique qui vous êtes, où se trouve le logement, les indices observés et, si vous en avez un, le diagnostic. Envoyez-la par lettre recommandée avec avis de réception, ou déposez-la en mairie contre récépissé. Ne pas déclarer peut coûter une amende de 450 €.

Quand la mairie peut imposer des travaux

Dans un secteur reconnu contaminé, le maire peut imposer au propriétaire, dans un délai de 6 mois, une recherche de termites et les travaux préventifs ou d’éradication nécessaires. Si des termites sont confirmés, les travaux sont faits par une entreprise choisie par le propriétaire. Service-public.fr précise qu’elle doit être différente de celle qui a fait le diagnostic. Une attestation de fin de travaux est ensuite envoyée à la mairie.

Si le propriétaire ne fait rien, le maire peut, après mise en demeure et autorisation du juge, faire exécuter les travaux d’office, aux frais du propriétaire. En cas de démolition, les bois contaminés doivent être brûlés sur place ou traités avant d’être transportés.

Vendre un logement : l’état termites

Dans une zone délimitée par arrêté préfectoral, le vendeur d’une maison ou d’un appartement doit fournir un état relatif à la présence de termites, souvent appelé diagnostic termites. Selon service-public.fr, il est valable 6 mois au maximum : s’il a plus de 6 mois à la signature de la promesse ou de l’acte, il doit être refait. Il fait partie du dossier de diagnostic technique.

Ce diagnostic est réalisé par un diagnostiqueur certifié par un organisme accrédité par le Cofrac. Il ne doit pas faire lui-même de traitement contre les termites, rappelle la DDT d’Indre-et-Loire. L’annuaire des diagnostiqueurs certifiés est publié par le ministère du Logement.

Des termites n’empêchent pas de vendre, mais l’acheteur doit en être informé. Sans état termites valable, le vendeur reste exposé si l’acheteur découvre ensuite des termites cachés, au titre de la garantie des vices cachés.

Comment traiter les termites ?

Un traitement contre les termites ne s’improvise pas : il vise une colonie entière, cachée dans le sol, parfois loin des dégâts visibles. La DDT d’Indre-et-Loire conseille de faire appel à une entreprise de traitement qualifiée Qualibat ou certifiée CTB-A+, la certification délivrée par l’institut technologique FCBA. Deux techniques existent, d’après ces deux sources.

La barrière chimique. Selon la configuration du bâtiment, l’entreprise injecte un produit biocide dans les murs et, si besoin, dans les bois de structure et les autres bois. Le traitement agit tout de suite. Selon la DDT, il concerne environ 20 % des chantiers. Le site de la certification CTB-A+ précise que les traitements des sols, dedans comme dehors, ne sont plus autorisés.

Les pièges-appâts. Des stations sont posées tout autour du bâtiment et sur les passages des termites. Les ouvriers consomment l’appât et le partagent avec le reste de la colonie, qui décline peu à peu. Cette méthode demande un suivi de plusieurs mois par l’entreprise.

Le site CTB-A+ conseille de vérifier que les produits utilisés sont certifiés CTB-P+ et autorisés. Service-public.fr prévient aussi qu’un traitement ne garantit pas toujours une éradication définitive et doit parfois être renouvelé. Demandez à l’entreprise quel suivi elle prévoit après les travaux.

Aucune source officielle consultée ne donne de prix pour un traitement : le coût dépend de la surface, de la technique et de l’étendue des dégâts. Comparez plusieurs devis détaillés.

Limiter le risque de termites

Ces gestes ne remplacent pas un traitement, mais ils rendent la maison moins accueillante. Le ministère et la préfecture d’Indre-et-Loire recommandent de :

  • supprimer les fuites, infiltrations et remontées d’humidité, et bien ventiler caves et vides sanitaires ;
  • ne pas stocker de bois de chauffage, de palettes ou de cartons à même le sol ni contre les murs ;
  • retirer les souches et le bois mort près de la maison ;
  • éviter les plantations denses collées aux murs ;
  • ne pas rapporter de terre, de broyat ou de bois venant d’une zone infestée.

Les termites ne sont pas les seuls insectes qui abîment le bois. Vrillettes et capricornes laissent d’autres traces, présentées sur notre page bois et termites.

Sources

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