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Anti-mites pour les vêtements : pièges, lavande, cèdre, insecticides, efficacité et limites

Mis à jour le

En brefAucun anti-mites ne sauve un vêtement déjà infesté : il faut d'abord le laver à 60 °C ou le congeler. Le piège à phéromones sert à repérer les mites, pas à protéger la laine. Lavande et cèdre ont un effet limité. Les insecticides autorisés s'utilisent strictement selon leur étiquette, hors de portée des enfants et des chats. La naphtaline et le paradichlorobenzène sont toxiques : l'Union européenne les a écartés de plusieurs usages biocides.
Sachets de lavande en tissu beige à motifs, empilés et noués d'un ruban vert
Photo : Le Petit Poulailler (Flickr), CC BY 2.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Un anti-mites ne répare rien : il ne tue pas les larves déjà installées dans un pull, et la plupart des produits ne font que repousser ou signaler les papillons. Avant d’utiliser un produit, traitez les vêtements touchés par le lavage chaud ou le congélateur (voir mite des vêtements). Les produits servent ensuite à surveiller les mites ou à limiter leur retour.

Cette page parle des mites des vêtements. Pour celles des placards de cuisine, voir mite alimentaire et piège à mites alimentaires.

Le piège à mites pour vêtements : pour repérer, pas pour protéger

Le piège diffuse une phéromone qui attire les mâles et les retient sur une surface collante. D’après UC IPM, il existe des pièges pour la teigne des vêtements et pour la teigne des fourrures, et ils n’attirent pas les autres papillons. Un piège pour mites alimentaires ne convient donc pas aux mites des vêtements : vérifiez l’espèce sur l’emballage.

Sa limite est nette : UC IPM précise que le piège seul ne protège pas les vêtements. Les femelles ne sont pas capturées et les larves continuent de manger. L’OFEV lui reconnaît deux usages : constater une infestation et réduire le nombre de mites. Il ajoute qu’une seule mite capturée ne suffit pas à parler d’infestation.

Le piège aide à savoir si des mites sont là, à quel endroit, et si elles reviennent après un traitement. Il ne dit pas l’ampleur de l’infestation, et un piège vide ne garantit pas que les vêtements sont sains : inspectez aussi les lainages, les tapis et le fond des armoires.

Anti-mites naturel : lavande et cèdre, un effet limité

La lavande. Pour l’OFEV, les sachets de lavande contribuent à repousser les parasites des textiles, mais leur efficacité « n’est toutefois pas prouvée » par des méthodes scientifiques ou réglementaires. Un sachet de fleurs séchées ne tue ni les œufs ni les larves.

Il existe aussi des diffuseurs d’huile de lavande autorisés comme répulsifs. L’Anses en a autorisé un en juin 2025 pour les particuliers (AMM FR-2025-0031), avec des règles précises :

  • 1 boîte pour 1 m³ de rangement, à remplacer après 3 mois ;
  • une action contre les adultes seulement : il empêche les femelles de pondre sur les textiles ;
  • un usage uniquement préventif : l’Anses demande de vérifier qu’il n’y a pas d’infestation avant de le poser ;
  • une mention de danger : il peut provoquer une allergie cutanée.

Ces règles valent pour ce produit, pas pour tous les produits à la lavande. L’huile de lavande n’est pas sans risque : naturel ne veut pas dire sans danger, et celui-ci porte une étiquette de danger.

Le cèdre. UC IPM indique que l’huile de cèdre rouge peut tuer les petites larves, mais pas les grosses. Son effet s’estompe au bout de quelques années. Pour UC IPM, l’étanchéité du coffre compte plus que l’essence du bois.

Boules anti-mites : naphtaline et paradichlorobenzène

Les boules blanches à l’odeur forte de nos grands-parents pouvaient contenir du naphtalène (la naphtaline) ou du paradichlorobenzène. Deux décisions de la Commission européenne les ont écartés des produits biocides :

  • le paradichlorobenzène, par la décision 2007/565/CE du 14 août 2007, pour les insecticides et les répulsifs ;
  • le naphtalène, par la décision 2008/681/CE du 28 juillet 2008, pour les répulsifs.

Ces décisions visent ces usages biocides précis, pas toutes les utilisations de ces substances. Nous n’avons pas trouvé de texte sur le naphtalène utilisé comme insecticide. Sa toxicité suffit pourtant à l’éviter.

Sept boules antimites blanches, rondes et légèrement granuleuses, posées sur un fond blanc
Boules antimites vendues en Malaisie, présentées comme de la naphtaline. Toxiques, ces produits sont à éviter. Photo : Wiki Farazi, CC0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Leur danger est documenté. Dans son avis de 2013 sur le naphtalène, l’Anses rapporte des cas d’anémie hémolytique chez des nouveau-nés dont les vêtements et la literie avaient été rangés avec des boules antimites. Elle cite aussi des décès après ingestion de ces boules. Si vous en retrouvez au fond d’une armoire, ne les utilisez pas. Gardez-les hors de portée des enfants et déposez-les en déchetterie. En cas d’ingestion, appelez tout de suite un centre antipoison, même sans symptôme. En cas de malaise grave, appelez le 15.

Spray et gel anti-mites : les produits insecticides

Les deux documents de l’Anses que nous avons consultés portent sur deux formulations à la transfluthrine, de la famille des pyréthrinoïdes : un aérosol autorisé et une famille de gels diffuseurs évaluée. Leurs règles ne sont pas interchangeables, et c’est l’étiquette de chaque produit qui fait foi. Ces deux exemples montrent ce qu’elles peuvent exiger.

Un aérosol pour armoires (AMM FR-2026-0040, juin 2026) :

  • on pulvérise dans un ou deux coins de l’armoire, 0,5 à 1 seconde, une demi-seconde pour un tiroir ;
  • l’armoire reste fermée 24 heures ;
  • la mousse ne doit pas toucher les vêtements ;
  • 11 applications par an au plus ;
  • jamais près des aliments ni de surfaces en contact avec eux, ni sur les animaux.

Un gel diffuseur en plaquettes, évalué par l’Anses en février 2023. Il s’utilise dans des espaces fermés : tiroirs, boîtes de rangement à couvercle, valises. La dose prévue est de 2 plaquettes pour 18 litres. L’efficacité annoncée est de 12 semaines contre les adultes et de 4 semaines seulement contre les larves, avec deux semaines avant l’effet maximal.

Ces chiffres valent pour ces deux produits seulement : ne les transposez pas à un autre aérosol ou à un autre gel.

Les chats d’abord

Les deux documents de l’Anses insistent sur les chats : la transfluthrine peut provoquer chez eux des effets indésirables graves. Utilisez ces produits seulement là où chats, chiens et enfants n’ont pas accès, et respectez les durées de fermeture indiquées. En cas d’exposition d’un animal, appelez votre vétérinaire avec l’emballage. L’aérosol est aussi très toxique pour la vie aquatique : ne jetez jamais un reste dans l’évier ou les toilettes. Suivez les consignes d’élimination de l’étiquette, en général un dépôt en déchetterie.

Avant toute application, lisez toute l’étiquette et vérifiez que le produit est autorisé pour cet usage. Respectez la dose, la fréquence et l’aération prévues. Ne pulvérisez jamais près des aliments ni sur la vaisselle, et ne mélangez pas plusieurs insecticides. En cas d’exposition accidentelle, suivez les consignes de premiers secours de l’étiquette et appelez un centre antipoison.

Pour l’OFEV, mal utilisés, les produits biocides peuvent empoisonner les personnes et les animaux. Un produit autorisé en France porte un numéro d’autorisation (AMM), par exemple FR-2026-0040. Vérifiez sur l’étiquette ce numéro et les usages autorisés : l’autorisation d’un diffuseur ne vaut pas pour un aérosol.

Quel anti-mites selon votre situation ?

Votre situationCe qui est utile
Des trous dans un pull, des larves visiblesLavage chaud ou congélateur, aspirateur, pas de produit d’abord
Vous voyez des papillons mais pas de dégâtsPiège à phéromones pour vêtements, pour confirmer et localiser
Ranger la laine pour la saisonLaine propre en boîte fermée ; répulsif autorisé en complément
Une armoire déjà nettoyée, que vous voulez traiterInsecticide autorisé, armoire fermée, hors de portée des chats
Un tapis précieux ou une infestation qui revientProfessionnel de la lutte contre les nuisibles

Ce qu’il faut retenir sur la méthode

  1. Nettoyer avant de traiter : aucun produit ne remplace le lavage, le froid et l’aspirateur.
  2. Choisir le bon piège : un piège à mites alimentaires n’attire pas les mites des vêtements.
  3. Ne pas surdoser : la dose et la fréquence figurent sur l’étiquette.
  4. Penser aux animaux : la transfluthrine est dangereuse pour les chats.
  5. Ne pas ressortir la naphtaline : elle est toxique.

Sources

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