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Mite des vêtements (mite vestimentaire) : la reconnaître, traiter vos habits et éviter son retour

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En brefLa mite des vêtements est un petit papillon doré d'environ 6 mm qui vole mal et fuit la lumière. Ce sont ses larves, blanches à tête sombre, qui trouent la laine, la fourrure, le feutre et les plumes. Pour sauver un vêtement : lavage à 60 °C si l'étiquette le permet, nettoyage à sec pour la laine fragile, ou au moins quatre jours au congélateur à −18 °C. Aspirez ensuite l'armoire et rangez la laine propre, en boîte fermée.
Teigne des vêtements adulte vue de profil : petit papillon aux ailes dorées et brillantes, repliées le long du corps, avec une touffe de poils roux sur la tête
Photo : Olaf Leillinger, CC BY-SA 2.5, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

La mite des vêtements est un petit papillon doré. L’adulte ne mange pas les vêtements : ce sont ses larves qui font les trous dans votre pull. Si vous voyez de petits papillons pâles dans un placard et des trous dans la laine, l’urgence est de traiter les textiles touchés, puis l’endroit où ils étaient rangés.

À quoi ressemble une mite des vêtements ?

Deux espèces sont surtout connues pour abîmer les textiles. Le programme de lutte intégrée de l’université de Californie (UC IPM) les décrit ainsi :

  • la teigne des vêtements (Tineola bisselliella) : un papillon doré, avec des poils roux dorés sur le dessus de la tête ;
  • la teigne des fourrures, ou teigne à fourreau (Tinea pellionella) : même taille, ailes plus brunes avec de légères taches sombres.

Posé, l’adulte mesure environ 6 mm selon UC IPM, pour une envergure d’environ 12 mm. Le manuel de conservation des musées du Québec donne 5 mm de corps et 10 à 12 mm d’envergure. Il le compare à un grain de riz, de couleur jaune crème. Il vole mal et n’est pas attiré par les lampes : il reste en général près des textiles touchés, dans les placards et les coins peu fréquentés.

Mite des vêtements ou mite alimentaire : comment faire la différence ?

Un petit papillon qui vole dans la cuisine, ou qui sort d’un paquet de farine, est plus souvent une mite alimentaire. Il ne s’attaque pas aux textiles. Ses ailes sont de deux couleurs, crème et cuivré, alors que la teigne des vêtements est d’un doré uni.

La larve de mite des vêtements : c’est elle qui troue les habits

D’après UC IPM, la larve est blanche et brillante, avec la tête foncée. Celle de la teigne des vêtements tisse des tubes et des voiles de soie là où elle mange. Celle de la teigne des fourrures traîne partout avec elle un fourreau de soie, en forme de petit cigare d’environ 1 cm.

Larve blanche de mite des vêtements sur un feutre de laine brun, au bout d'un tube de soie blanchâtre
Larve de mite des vêtements sur du feutre de laine, avec le tube de soie qu'elle a tissé. Ces fils sont souvent plus faciles à repérer que la larve elle-même. Photo : Guido Gerding, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Le manuel québécois décrit des larves « très voraces », qui laissent des cocons de soie couverts de débris et d’excréments. Ces excréments peuvent prendre la couleur du tissu mangé : sur un pull rouge, ils sont parfois rouges.

Leur développement est lent. UC IPM indique qu’une femelle pond 40 à 50 œufs en deux à trois semaines, puis meurt. Le stade larvaire dure de 35 jours à 2 ans et demi, selon la chaleur et la nourriture. Les durées les plus longues sont des maximums, pas la règle. Mais une armoire oubliée peut abriter des larves bien après le passage du dernier papillon.

Que mangent les mites des vêtements ?

Les larves se nourrissent de matières d’origine animale. Les sources citent :

  • la laine : pulls, manteaux, couvertures, tapis, moquettes, feutre ;
  • la fourrure, le crin de cheval, les poils et soies d’animaux ;
  • les plumes, y compris celles qui rembourrent coussins et oreillers.

Les larves ne digèrent ni le coton ni le synthétique. Selon UC IPM, les larves ne mangent les tissus synthétiques ou les mélanges de coton que s’ils contiennent de la laine. Elles peuvent aussi prendre des fibres de coton pour fabriquer leur cocon. L’OFEV, l’office suisse de l’environnement, note toutefois que des textiles d’origine végétale peuvent aussi être abîmés, même si la larve ne digère pas ces fibres. Un trou dans un t-shirt en coton peut donc venir d’un vêtement en laine voisin, ou d’une tout autre cause.

Les larves préfèrent les textiles sales. Le manuel québécois précise qu’elles choisissent les matières souillées de poussière, de nourriture, de transpiration ou d’urine. Une laine portée puis rangée sans lavage est particulièrement exposée. Un vêtement propre n’est pas à l’abri pour autant.

Où chercher les larves chez vous ?

Les larves fuient la lumière vive. UC IPM conseille de regarder là où elles sont à l’abri :

  • sous les cols et les revers des vêtements, dans les plis ;
  • dans les recoins des fauteuils et canapés rembourrés ;
  • sur la moquette ou le tapis sous les meubles, là où l’on n’aspire jamais ;
  • au dos et sur les côtés des tapis, d’après l’OFEV.

Les signes à chercher : des fils ou un voile de soie, une laine rongée en surface, des trous, une fourrure dont les poils tombent par plaques. L’OFEV conseille aussi de regarder les plafonds et les endroits éclairés, où les larves se transforment parfois en nymphes.

Dos d'une veste en laine brune très rongée par des mites : grands trous laissant voir la doublure, laine grignotée, fils de soie et cocons
Veste en laine rongée par des larves de mites : trous, laine grignotée en surface, fils de soie et cocons. Photo : Lyylihelena, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Mite ou anthrène : deux insectes, mêmes dégâts

Tous les trous dans la laine ne viennent pas des mites. Les anthrènes et autres dermestes sont de petits coléoptères dont les larves mangent aussi la fourrure, la laine et les plumes. Le manuel québécois les distingue facilement : leurs larves sont poilues comme des chenilles. Leurs petites peaux de mue, sèches et velues, sont souvent le premier signe de leur présence.

Une larve lisse et blanche à tête sombre, souvent avec de la soie, est en général une mite. Une petite larve couverte de poils, avec des peaux de mue à côté, est plutôt un anthrène. Les gestes ci-dessous (lavage, froid, aspirateur) valent pour les deux, mais savoir lequel vous avez aide à trouver le foyer.

Comment traiter un vêtement qui a des mites ?

Il faut tuer les œufs et les larves cachés dans le tissu. Deux méthodes sont sourcées.

Le lavage chaud. L’OFEV conseille de laver les textiles à 60 °C quand l’étiquette d’entretien le permet. UC IPM indique une eau d’au moins 49 °C (120 °F) pendant 20 à 30 minutes. Pour la laine qui ne supporte pas l’eau chaude, UC IPM cite le nettoyage à sec.

Le congélateur. Mettez le vêtement dans un sac plastique fermé. L’OFEV recommande au moins quatre jours à −18 °C pour tuer larves et œufs. Le manuel québécois, rédigé pour les musées, va plus loin : −20 °C pendant au moins une semaine, avec un refroidissement rapide. Le froid agit mieux quand il est intense et prolongé.

Larve de teigne des fourrures à tête brun foncé et corps blanc, à moitié sortie d'un fourreau allongé couvert de fibres roses, sur un tissu gris
Larve de teigne des fourrures sortant de son fourreau, sur un tissu. On distingue la tête sombre et le corps blanc ; le fourreau est couvert de fibres. Photo : Patrick Clement, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Le froid convient aux vêtements délicats, aux peluches et aux petits tapis. Laissez le sac fermé revenir à température ambiante avant de l’ouvrir, puis brossez le vêtement pour retirer les débris.

Nettoyer l’armoire et la pièce

Traiter les vêtements ne suffit pas si des larves restent dans les recoins. Pour UC IPM, l’aspirateur est le meilleur outil : passez-le sous les meubles, le long des plinthes, dans les placards et les tiroirs. L’OFEV conseille de jeter le sac de l’aspirateur ensuite, ou de le congeler.

Les tapis volumineux peuvent être battus et aérés au soleil, selon l’OFEV. Pour un tapis précieux ou une grosse infestation, un professionnel de la lutte contre les nuisibles peut intervenir.

Prévenir le retour des mites

  • Ranger propre : lavez ou nettoyez la laine avant de la ranger pour la saison, et laissez-la bien sécher.
  • Ranger fermé : l’OFEV conseille des boîtes hermétiques, dans un endroit frais et sec. UC IPM insiste aussi sur des contenants étanches.
  • Contrôler ce qui entre : l’OFEV recommande de passer les vêtements d’occasion plusieurs jours au congélateur à −18 °C avant de les ranger.
  • Sortir et secouer les vêtements de temps en temps : d’après UC IPM, les larves fuient la lumière vive et tombent du tissu quand elles ne trouvent plus d’abri. C’est une bonne habitude de prévention, pas un traitement.

Les répulsifs comme la lavande ou le cèdre, les pièges à phéromones et les insecticides n’ont pas le même rôle. Nous les détaillons dans notre page sur les anti-mites pour vêtements. Un piège peut confirmer la présence de mites des vêtements. Il ne protège pas un pull déjà infesté.

Les erreurs à éviter

  1. Chercher les papillons au lieu des larves : les adultes ne mangent pas vos vêtements, les larves si.
  2. Remettre un vêtement traité dans une armoire non nettoyée : les larves restées dans les coins recommencent.
  3. Ranger de la laine portée sans la laver : les larves préfèrent les textiles sales.
  4. Ressortir de vieilles boules antimites à la naphtaline : leur substance n’est plus autorisée comme antimite dans l’Union européenne. Les raisons sont expliquées dans notre page anti-mites.

Pour les mites alimentaires de la cuisine, et pour savoir quelle mite vous avez, voir notre page mites.

Sources

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