Aller au contenu

Punaise des bois : quelle punaise porte ce nom, comment la reconnaître, faut-il s'en inquiéter ?

Mis à jour le

En brefPour le Muséum national d'histoire naturelle, la punaise des bois est Pentatoma rufipes, aussi appelée punaise à pattes rousses : 11 à 14 mm, brune et brillante, pattes rousses, une tache orange sur le dos. Elle vit sur les chênes et les arbres fruitiers et passe l'hiver à l'état de larve sur les arbres. Le nom sert aussi pour d'autres punaises : vérifiez les pattes et les antennes.
Punaise des bois (Pentatoma rufipes) sur une feuille : dos brun foncé brillant, coins avant pointus, pattes rousses, tache orange au bout du triangle du dos
Photo : Holger Krisp, CC BY 3.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

« Punaise des bois » est un nom courant, et c’est justement le problème : selon les documents, il ne désigne pas toujours la même bête. Le Muséum national d’histoire naturelle l’attribue à une espèce précise, la punaise à pattes rousses. Mais beaucoup d’autres punaises brunes ou vertes reçoivent ce nom au jardin ou dans la maison.

Quelle espèce s’appelle « punaise des bois » ?

Dans TAXREF, le référentiel des espèces du Muséum national d’histoire naturelle, le nom « punaise des bois » revient à Pentatoma rufipes. Son autre nom français est punaise à pattes rousses. En anglais, on l’appelle forest bug, la « punaise de la forêt ».

Deux autres usages entretiennent la confusion :

  • l’INRAE et le Bulletin de santé du végétal de Nouvelle-Aquitaine appellent Palomena prasina la « punaise verte des bois ». C’est une punaise verte, présentée sur notre page punaise verte ;
  • le canton du Valais, en Suisse, nomme Pentatoma rufipes « punaise des fruits », parce qu’elle peut abîmer les poires et les abricots.

Les noms communs varient donc d’une source à l’autre. Seul le nom latin est sûr.

Comment reconnaître la punaise à pattes rousses ?

D’après le Woodland Trust, association britannique de protection des forêts, l’adulte mesure 11 à 14 mm. Il est brillant, en forme de bouclier. Il est brun foncé à l’automne, plus clair et bronzé en été. Ses « épaules », les coins avant du dos, sont pointues, bien plus que chez les autres punaises de ce type.

Deux détails confirment l’espèce, selon le canton du Valais : des pattes rousses et une tache orange sur le dos, nettes chez les adultes en automne.

Où vit-elle et que mange-t-elle ?

C’est une punaise des arbres feuillus. Le Woodland Trust la décrit surtout sur les chênes, mais aussi sur l’aulne et le noisetier, dont elle pompe la sève. Certains adultes mangent aussi des fruits, voire des chenilles et d’autres insectes, sans être pour autant un auxiliaire du jardin. Les fiches de l’INRA la comptent parmi les punaises courantes des vergers français.

Son cycle est particulier. Une étude belge menée dans des vergers de poiriers bio (Peusens et Beliën, 2012) l’a suivi en détail. Les dates peuvent varier selon la région :

  1. elle fait une seule génération par an ;
  2. elle passe l’hiver à l’état de jeune larve, cachée sur les arbres ;
  3. elle redevient active en mars ou avril et devient adulte en mai ou juin ;
  4. les adultes s’accouplent en été et pondent sous les feuilles des arbres fruitiers ;
  5. les œufs éclosent fin août, et les jeunes larves cherchent un abri sur l’arbre en octobre.
Larve de punaise des bois sur une feuille : corps arrondi gris-noir, abdomen marqué de taches sombres
Larve de punaise des bois (Pentatoma rufipes) : c'est sous cette forme qu'elle passe l'hiver, sur les arbres. Photo : Syrio, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Fait-elle des dégâts ?

Au jardin, très peu. Dans les vergers, elle peut gêner. Elle pique les bourgeons, les fleurs et les fruits, d’après l’étude belge. Le canton du Valais signale que ses larves déforment les abricots et les poires au printemps. Ces dégâts concernent surtout les producteurs de fruits.

Les sources consultées ne la décrivent pas comme piquant l’homme. En cas de réaction après un contact avec un insecte, demandez conseil à votre pharmacien.

Punaise des bois dans la maison : comment savoir laquelle ?

La punaise à pattes rousses passe l’hiver sous forme de larve sur les arbres. Les sources consultées ne la citent pas parmi les punaises qui envahissent les maisons. La grosse punaise brune qui entre chez vous à l’automne peut donc être une autre espèce. Trois indices aident à trancher :

  • des bandes blanches sur les antennes et les pattes, un dos marbré : c’est la punaise diabolique, qui cherche un abri dans les maisons à l’automne ;
  • des pattes arrière élargies en forme de feuille et un corps allongé de 16 à 20 mm : c’est la punaise américaine du pin, qui entre souvent dans les bâtiments pour hiverner, selon l’institut suisse de recherche sur la forêt (WSL) ;
  • une punaise verte devenue brune : les punaises vertes changent de couleur en hiver, comme l’expliquent les fiches de l’INRA.

Si c’est bien une punaise à pattes rousses, sa présence ne pose aucun problème pour la maison : elle ne s’y installe pas et n’abîme rien. Mettez-la dehors, sur un arbre ou une haie.

Punaise américaine du pin de profil sur une feuille : corps allongé brun-roux, tibias des pattes arrière élargis en forme de feuille
La punaise américaine du pin, souvent appelée à tort punaise des bois : pattes arrière élargies en feuille, 16 à 20 mm. Photo : Didier Descouens, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Faut-il traiter ?

Non, pas dans un jardin. Les sources consultées ne recommandent aucun traitement contre elle chez les particuliers. L’essai de traitement que nous avons trouvé, en verger professionnel, visait à protéger une récolte de poires.

Pour les punaises qui entrent l’hiver, la bonne méthode reste de boucher les fentes et de les aspirer : voir notre page punaises dans la maison.

Sources

À lire aussi