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Punaise diabolique : la reconnaître, ses dégâts, que faire quand elle entre dans la maison

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En brefLa punaise diabolique (Halyomorpha halys), ou punaise marbrée, mesure 12 à 17 mm : brune marbrée, avec des bandes blanches sur les antennes et les pattes. Venue d'Asie, elle est en France depuis 2012. Elle pique fruits et légumes pour se nourrir, mais ne pique ni l'homme ni les animaux. À l'automne, elle entre dans les maisons pour passer l'hiver : bouchez les fentes et aspirez-la, sans l'écraser.
Punaise diabolique adulte vue de dessus sur un fond clair : corps brun marbré en bouclier, antennes et pattes à bandes blanches
Photo : Alvesgaspar, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

La punaise diabolique est cette punaise brune, longue d’un bon centimètre, qui s’invite sur les fenêtres et dans les rideaux dès les premiers froids. Elle est arrivée d’Asie il y a une douzaine d’années et s’est depuis largement répandue en France. Elle ne pique pas les habitants et ne se reproduit pas dans la maison pendant l’hiver. Le plus gênant, c’est son odeur quand on la dérange.

Comment reconnaître la punaise diabolique ?

D’après la fiche de reconnaissance de l’Anses et de l’INRA, l’adulte mesure 12 à 17 mm de long. Il est brun jaunâtre, ponctué de noir, ce qui lui donne cet aspect marbré. D’où son autre nom : punaise marbrée.

La plaquette de la FREDON Grand Est présente les principaux critères, à combiner entre eux :

  • des antennes brunes rayées de deux bandes blanchâtres ;
  • des bandes blanchâtres sur les pattes ;
  • un bord de l’abdomen à motifs blancs et noirs ;
  • cinq petits points jaunâtres, plus ou moins nets, sur le pronotum, la partie du dos juste derrière la tête ;
  • des ailes translucides au bout, avec de courtes marbrures foncées.

Ne pas la confondre avec la punaise grise

La confusion la plus fréquente se fait avec la punaise grise ou nébuleuse (Rhaphigaster nebulosa), une espèce européenne très commune. Même les spécialistes s’y sont trompés : la punaise diabolique, vue près de Strasbourg en 2012, a d’abord été prise pour elle, rappelle l’INRAE.

Punaise grise (Rhaphigaster nebulosa) vue de dessous : ventre clair ponctué de noir et longue épine dirigée vers la tête
La punaise grise (Rhaphigaster nebulosa) vue de dessous : la longue épine du ventre, pointée vers la tête, la distingue de la punaise diabolique. Spécimen du Muséum de Toulouse. Photo : Didier Descouens, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Trois critères les séparent, d’après le Bulletin de santé du végétal de Nouvelle-Aquitaine. Retournez l’insecte : la punaise grise porte une longue épine sous le ventre, dirigée vers la tête, absente chez la diabolique. La partie souple au bout des ailes, la membrane, est ponctuée chez la grise, striée chez la diabolique. Enfin, les anneaux blancs des antennes ne sont pas placés au même endroit.

Bébé punaise diabolique : les œufs et les larves

Les œufs sont pondus en paquets de 20 à 30 sous les feuilles, selon la FREDON Grand Est. Ils sont blanchâtres et arrondis. La ponte a lieu en été : l’INRAE indique qu’elle commence en juin, et le calendrier varie selon le climat.

La jeune punaise passe par cinq stades larvaires. Au premier, les jeunes larves restent groupées sur les œufs : elles sont rouges, avec la tête et le thorax noirâtres. Dès le deuxième stade, elles se dispersent. Elle a alors une tête rectangulaire avec deux épines devant les yeux, des épines sur les côtés du thorax et des pattes foncées tachées de blanc.

Larve de punaise diabolique au dernier stade sur une feuille de haricot : corps marbré, épines sur les côtés, pattes foncées à anneaux blancs
Larve de punaise diabolique : tête rectangulaire, épines sur les côtés du thorax, pattes foncées tachées de blanc. Photo : Yerpo, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

D’où vient-elle, et où la trouve-t-on en France ?

La punaise diabolique est originaire de Chine, du Japon, de Corée et de Taïwan. Elle a été détectée en Europe en 2004, au Liechtenstein et en Suisse. En France, elle a été observée pour la première fois en 2012, dans la banlieue de Strasbourg, et signalée officiellement en 2013. En Occitanie, la première observation date de 2015, à Escalquens (Haute-Garonne), selon la DRAAF.

D’après l’INRAE, l’invasion s’est accélérée à partir de 2015, et la majorité des départements étaient colonisés en 2021, d’après sa carte des premières détections. En Occitanie, la DRAAF a interrogé les agriculteurs en 2025. Sur 3 029 qui ont répondu, 62 % avaient déjà vu la punaise sur leur exploitation. Dans le Tarn-et-Garonne, c’était 94 % des répondants. En Nouvelle-Aquitaine, la FREDON a arrêté début 2025 son réseau de signalements : la punaise était présente sur tout le territoire régional. Elle voyage facilement avec les marchandises et les véhicules, ce qui explique sa progression rapide.

Quels dégâts fait-elle aux cultures ?

C’est un insecte qui se nourrit uniquement de plantes, et de beaucoup de plantes. La DRAAF Occitanie cite les cerises, abricots, kiwis, noisettes, pêches, poires, pommes et prunes. Au potager, elle s’attaque aux tomates, aubergines, poivrons, courgettes, choux, haricots et fraises. Elle pique les tissus avec son rostre et y injecte des enzymes : le fruit se déforme, se décolore, se boursoufle ou mûrit trop tôt.

Les pertes peuvent être lourdes. Dans des vergers de Savoie, en 2019, les dégâts ont atteint environ 50 % sur des poires Williams, selon la FREDON Grand Est. C’est un cas local, pas une moyenne nationale.

Les insecticides agricoles ne suffisent pas à la contenir, note le Bulletin de santé du végétal de Nouvelle-Aquitaine. La recherche teste des filets, des plantes pièges et un petit parasite de ses œufs, Trissolcus japonicus. L’Anses a donné un avis favorable à son introduction dans l’environnement le 1er décembre 2022.

Punaise diabolique dans la maison : pourquoi entre-t-elle à l’automne ?

Pour passer l’hiver. À l’automne, les adultes cherchent un abri sec : écorces d’arbres morts, bâtiments, habitations, explique l’INRAE. Elle peut alors envahir une maison en très grand nombre. Les punaises se regroupent, attirées par la lumière et par des substances qu’elles émettent pour s’attirer entre elles. Lors des fortes années, plusieurs centaines peuvent se retrouver au même endroit, selon le Bulletin de santé du végétal de Nouvelle-Aquitaine.

Pendant l’hiver, elles ne se nourrissent pas et ne se reproduisent pas, précise l’université du Missouri. Elles ressortent au printemps et se remettent à manger quand il fait plus doux, à partir d’avril selon l’INRAE.

Punaise diabolique : pique-t-elle l’homme ou les animaux ?

Non. Elle pique les plantes pour se nourrir, mais elle ne pique ni l’homme ni les animaux. Même une invasion massive ne présente aucun danger, indique le Bulletin de santé du végétal d’Occitanie. Elle ne mord pas, ne suce pas le sang et ne transmet pas de maladie, ajoute l’université du Missouri. Elle n’abîme pas non plus la maison.

Son seul défaut à l’intérieur : elle dégage une odeur désagréable quand on la dérange ou qu’on l’écrase. Si vous avez des piqûres au réveil, cherchez une autre cause : la punaise de lit est une autre famille, bien plus petite.

Que faire si elle est chez vous ?

Bouchez les entrées avant l’automne. La ville de Montréal conseille de colmater les fissures, de réparer les moustiquaires abîmées et de retirer ou couvrir les climatiseurs de fenêtre. Pour l’université du Missouri, c’est la méthode la plus efficace. Le canton du Valais signale qu’elle se réfugie dans les caissons de fenêtres et les stores.

Aspirez celles qui sont entrées, plutôt que de les écraser. Videz ou jetez ensuite le sac rapidement, pour ne pas garder l’odeur, recommande la ville de Montréal. L’université du Missouri prévient que l’aspirateur peut sentir la punaise pendant quelque temps. Le service de l’agriculture du Valais conseille, lui, de ne pas les relâcher et de les éliminer, dans de l’eau savonneuse ou au congélateur.

Évitez les insecticides dans la maison. Les diffuseurs et les sprays ne sont pas recommandés à l’intérieur, selon l’université du Missouri. Les pièges à phéromone vendus pour cette punaise servent surtout aux agriculteurs à suivre les populations dans les vergers. Les sources consultées ne les présentent pas comme une protection pour la maison.

Signaler la punaise diabolique

Vous pouvez signaler une observation dans l’application Agiir de l’INRAE, qui aide aussi à reconnaître l’adulte et la larve. Ces signalements servent à suivre son extension. En cas de doute sur une observation au jardin ou au verger, la FREDON de votre région peut aussi vous renseigner.

Une punaise verte sur vos tomates est sans doute une autre espèce : voir la punaise verte. Pour une punaise brune aux pattes rousses, voir la punaise des bois. Toutes les espèces qui entrent l’hiver sont sur notre page punaises dans la maison.

Sources

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