Anti-moustique : quelles solutions marchent vraiment ?

Un anti-moustique efficace ne se trouve pas toujours au rayon jardin : plusieurs produits très vendus n’ont jamais prouvé leur effet, et certains présentent des risques. Le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) a passé ces solutions en revue dans un rapport de juin 2026, qui actualise l’ouvrage de référence de 2012. Les comparaisons ci-dessous en sont tirées, avec les avis de l’Anses et de deux agences régionales de santé (ARS). Pour reconnaître le moustique tigre et le moustique commun, voyez notre page sur les moustiques.
Quelle est la méthode la plus efficace contre les moustiques ?
Aucun produit ne suffit à lui seul. L’Anses donne un ordre simple : supprimer d’abord les lieux où les moustiques se reproduisent, puis privilégier vêtements couvrants et moustiquaires. Le répulsif sur la peau ne vient qu’ensuite, si ces moyens ne suffisent pas.
Le HCSP va dans le même sens : les mesures physiques sont à privilégier. Il classe ses recommandations par la solidité des preuves, de A (essais randomisés) à C (faible niveau de preuve). Quand les études manquent, il parle d’avis d’experts. Ces mentions sont reprises dans le tableau : elles disent la solidité d’une recommandation, pas l’efficacité d’un produit précis.
| Solution | Efficacité selon les sources | Limite |
|---|---|---|
| Supprimer les eaux stagnantes | Efficacité démontrée sur les Aedes, fortement recommandé (grade A) | À refaire chaque semaine |
| Moustiquaires aux fenêtres et portes | Efficacité démontrée par des essais ; recommandées en France (avis d’experts) | Ne protègent qu’à l’intérieur |
| Moustiquaire de berceau, de lit, de poussette | Recommandée pour les bébés (avis d’experts) | Bien la fixer |
| Vêtements amples et clairs | Recommandés (grade C) | Piqûre possible à travers un tissu serré |
| Répulsif cutané DEET, IR3535 ou icaridine, avec AMM | « Efficaces et sûrs » s’ils respectent l’étiquette (Anses), recommandés en cas de risque élevé (grade A) | Complément, âge et grossesse à vérifier |
| Ventilateur, climatisation | Recommandés (grade B), effet limité | En complément seulement |
| Prise ou diffuseur électrique | Recommandé en complément (grade C), avec AMM et en période de transmission | Pas près d’un bébé, d’une femme enceinte ou d’un asthmatique |
| Pièges au CO2 ou pièges pondoirs | Réduisent le nombre de moustiques (grade B) s’ils sont assez nombreux | Coûteux, entretien, autres insectes capturés |
| Larvicide au Bti | Efficacité démontrée (grade B) | Pour l’eau qu’on ne peut pas vider |
| Lampe UV, piège lumineux | Non efficace sur le moustique tigre (HCSP) | Essais surtout menés par des associations de consommateurs |
| Raquette électrique | Sans efficacité prouvée, moyen d’appoint | Dépend de votre habileté |
| Bombe insecticide | Faible efficacité préventive, non recommandée (grade B) | Autorisée en pulvérisation directe sur l’insecte |
| Spirale, serpentin | Effet démontré, mais à ne pas utiliser | Risques pour la santé, pas d’AMM |
| Huile d’eucalyptus citronné (PMD) | Aucune recommandation possible à ce jour | Pas d’AMM |
| Plante en pot (géranium, citronnelle) | Efficacité « relative » (ARS Nouvelle-Aquitaine) ; pas d’évaluation chiffrée trouvée | N’empêche pas les piqûres |
| Bougie parfumée | Effet limité, non recommandée (avis d’experts) | Doit rester proche de vous |
| Huiles essentielles | Effet trop bref, non recommandées (grade A) | Irritations, allergies |
| Bracelet | Aucune étude n’a prouvé son effet, non recommandé (grade C) | Irritations, surtout chez l’enfant |
| Ultrasons | Aucun effet montré, non recommandés (grade C) | Achat sans intérêt démontré |
Quel répulsif moustique choisir pour la peau ?
Trois substances sont recommandées et disposent d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) en France : le DEET, l’IR3535 et l’icaridine. Le numéro d’AMM figure sur l’étiquette, sous la forme FR-année-numéro. Il indique que le produit a été évalué. L’Anses conseille d’acheter ces produits en pharmacie ou en parapharmacie, et déconseille l’achat sur Internet.
Le HCSP les recommande partout en cas de risque élevé de transmission d’un virus, et les admet en cas de forte nuisance. Dans son édition 2026 pour les voyageurs, il donne des durées indicatives, réduites par la transpiration. La notice du produit reste la référence.
| Substance | Durée de protection estimée | Enfants (repères du HCSP) | Grossesse (repères du HCSP) |
|---|---|---|---|
| DEET | Environ 6 h à 30 % | 20 % dès 2 ans, 30 % dès 12 ans | 30 % au plus, en zone à risque élevé |
| IR3535 | Environ 8 h à 20 % | 10 % de 0 à 1 an, 20 % dès 2 ans, 30 % dès 12 ans | 20 % au plus |
| Icaridine | Environ 6 h à 25 % | 20 % dès 12 mois | 20 % au plus |
Ces chiffres ne valent pas autorisation générale. Le HCSP renvoie aux AMM : l’âge, la concentration et le nombre d’applications se vérifient sur la notice du produit choisi. Une lotion à 10 % d’IR3535 n’est donc pas utilisable dès la naissance du seul fait de ce chiffre.
Pendant la grossesse, les recommandations ne concordent pas non plus. L’ARS Auvergne-Rhône-Alpes écrit que les produits au DEET ne sont pas recommandés, et donne d’autres seuils pour les enfants. Le HCSP lui-même indique que l’icaridine et l’IR3535 n’ont pas été étudiés spécifiquement chez la femme enceinte.
Pour un bébé, une grossesse, un allaitement ou un problème de peau, demandez à votre médecin ou à votre pharmacien, la notice en main. Avant 1 an, le HCSP privilégie la moustiquaire de berceau ou de landau, bien installée.
Spray ou lotion ?
Le HCSP préfère la lotion ou la crème, à cause du risque d’inhalation du spray et d’une application moins précise. Si vous utilisez un spray anti-moustique, ne le pulvérisez pas directement sur la peau : mettez-le d’abord dans vos mains, puis étalez.

Les autres consignes tiennent en quelques points :
- appliquez le produit seulement sur la peau découverte, jamais sur une peau irritée ou blessée, ni près des yeux et de la bouche ;
- avant 12 ans, c’est un adulte qui l’applique, et jamais sur les mains ou le visage de l’enfant ;
- avec une crème solaire, mettez-la d’abord et attendez au moins 20 minutes ;
- lavez la peau quand le risque de piqûre est passé, et rangez le flacon hors de portée des enfants.
Le DEET abîme certains plastiques, comme les bracelets de montre et les branches de lunettes, et il irrite les yeux.
Les anti-moustiques naturels ou bio sont-ils efficaces ?
Aucun répulsif présenté comme « naturel » ne figure parmi les produits recommandés par le HCSP. L’origine végétale ne garantit ni l’efficacité ni l’innocuité. Les moyens sans substance chimique qui ont le plus de preuves restent la moustiquaire, les vêtements et la suppression de l’eau stagnante.
Le produit le plus souvent cité est l’huile d’eucalyptus citronné, dont le principe actif est le PMD, ou citriodiol. Elle n’a rien d’une simple huile essentielle, car elle est modifiée chimiquement. Les deux n’ont pas le même statut. Le PMD n’est pas approuvé en Europe : son dossier a été abandonné. L’huile, elle, est encore en cours d’évaluation, et des produits restent vendus sous un régime transitoire. Aucun n’a d’AMM en France : le HCSP dit qu’il ne peut formuler aucune recommandation, et ne la retient plus dans ses conseils aux voyageurs.
Dans le jardin, le Bti est un larvicide biologique, à réserver aux eaux impossibles à vider. L’Anses le place en priorité parmi les larvicides, d’après le HCSP.
Quelle odeur fait fuir les moustiques ?
Citronnelle, géranium et menthe ont une activité répulsive, note le HCSP. Mais ces huiles sont très volatiles et leur effet s’arrête vite. Dans un essai de laboratoire qu’il cite, la plupart des 20 huiles testées protégeaient quelques minutes, contre 6 heures pour du DEET à 10 %. Les meilleures, girofle et cannelle, tenaient environ 100 minutes.
Les huiles essentielles ont aussi leurs risques : irritations, allergies, et effets toxiques sur le système nerveux ou le foie, selon l’Anses. Certaines provoquent de graves brûlures au soleil. L’Anses en déconseille fortement l’usage chez l’enfant, et l’ARS Nouvelle-Aquitaine les écarte pour la petite enfance.
Les plantes anti-moustiques
Un pot de géranium ou de citronnelle sur la terrasse ne remplace pas une protection. L’ARS Nouvelle-Aquitaine juge ces plantes d’une « efficacité relative qui n’empêche pas les moustiques d’aller piquer ». Nous n’avons trouvé aucune source officielle qui chiffre cet effet, et le rapport du HCSP ne semble pas évaluer les plantes en pot. Rien n’interdit d’en planter, à condition de ne pas compter dessus.
La bougie à la citronnelle n’obtient pas mieux : le HCSP lui reconnaît un effet limité et ne la recommande pas.
Bracelet anti-moustique : pourquoi il est déconseillé
Le HCSP ne recommande pas ces dispositifs : aucune étude scientifique n’a prouvé l’efficacité répulsive de ces bracelets. Ils peuvent aussi fuir et irriter la peau, en particulier chez l’enfant.
L’Anses a étudié les 19 dossiers reçus par les centres antipoison entre 2012 et 2019, dont 12 avec des symptômes. Elle y relève 10 cas d’irritation de la peau ou des yeux, dont une brûlure au deuxième degré sur la joue d’un jeune enfant. Elle signale aussi un nourrisson qui a fait des convulsions. Plusieurs contacts avec les yeux venaient d’une capsule cassée par un jeune enfant. Sa conclusion : ces bracelets sont à proscrire chez les nourrissons et les jeunes enfants.
Lampe anti-moustique, prise, ultrasons : sont-ils efficaces ?
La lampe anti-moustique. Selon le HCSP, les pièges lumineux à UV ou à LED ne visent que les moustiques actifs la nuit. Ils ne sont donc pas efficaces sur le moustique tigre, actif le jour. Ils capturent aussi d’autres insectes. L’ARS Nouvelle-Aquitaine note que les lampes bleues ou à UV ne semblent pas efficaces, en s’appuyant sur des essais d’associations de consommateurs. Nous n’avons pas trouvé d’essai officiel français sur ces lampes.
Les ultrasons. Une revue de dix études de terrain, citée par le HCSP, n’a trouvé aucune protection contre les piqûres. Un essai récent en laboratoire, sur le moustique tigre et le moustique commun, n’a montré aucun effet répulsif significatif. Les applications pour téléphone reposent sur le même principe.
La prise anti-moustique. Ce diffuseur électrique chauffe une plaquette ou un liquide, le plus souvent à base de pyréthrinoïdes, une famille d’insecticides. Les essais en conditions réelles, faits dehors, suggèrent environ un tiers de piqûres en moins, tout près de l’appareil. Le HCSP l’admet en complément, avec une AMM, dans une pièce aérée et pendant une période où un virus circule réellement.
À cause des pyréthrinoïdes qu’elle diffuse, il demande fortement de ne pas y exposer les enfants en bas âge ni les femmes enceintes. Il s’agit d’une précaution : des études associent ces substances à des troubles du neurodéveloppement de l’enfant. Il écarte aussi son usage près des personnes asthmatiques. Pour une chambre, il préfère la moustiquaire. L’ARS Nouvelle-Aquitaine déconseille ces prises dans les crèches, car elles diffusent un biocide en continu.
La bombe insecticide. Le HCSP ne la recommande pas à titre préventif, car son effet est faible et bref. Une bombe avec AMM s’utilise seulement en pulvérisation directe sur l’insecte.
Spirales anti-moustiques : pourquoi les éviter
La spirale, ou serpentin fumigène, a montré un effet répulsif dans plusieurs essais de terrain. Mais aucune n’a d’AMM en France, et leur fumée contient des produits toxiques. Le HCSP cite des études qui les associent à un risque accru de cancer du poumon, à l’asthme et à la bronchite chronique. Il recommande de ne pas les utiliser.

Une étude de 2003 sur six marques vendues en Chine et en Malaisie a calculé qu’une spirale émet la même masse de particules fines (PM2,5) que 75 à 137 cigarettes. Ce chiffre vient d’un calcul sur ces seuls produits, et ne vaut pas pour tous. Il compare une masse de particules, pas une toxicité.
Sur ce point, les consignes officielles diffèrent : l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes cite encore le serpentin en complément, uniquement dehors. Le HCSP fixe ses règles si on en utilise malgré tout : à l’extérieur, peu de temps, à distance des personnes, et jamais près d’un enfant en bas âge, d’une femme enceinte, d’un fumeur ou d’une personne ayant une maladie des poumons.
Moustiquaire, vêtements, ventilateur : les protections physiques à privilégier
Moustiquaires aux ouvertures. Le HCSP les recommande en France contre le moustique tigre et le moustique commun, à l’intérieur du logement. Le moustique tigre piquant aussi dehors, elles ne protègent pas au jardin. Elles doivent être bien ajustées, et toute autre ouverture doit être fermée. L’Anses précise qu’elles protègent même sans insecticide. C’est aussi une protection utile contre les mouches.
Pour un bébé. Moustiquaire de berceau, de lit ou de poussette : c’est le premier réflexe cité par le HCSP et l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes. L’ARS Nouvelle-Aquitaine conseille pour les crèches un modèle non imprégné, car l’enfant peut porter la toile à sa bouche.
Vêtements. Choisissez-les amples et clairs : le moustique pique à travers un tissu près du corps et à mailles larges, et les couleurs foncées l’attirent, selon le HCSP. Ne les imprégnez pas de perméthrine, que le HCSP déconseille en raison d’un rapport bénéfice-risque défavorable. En cas de risque élevé, il admet un spray répulsif pour vêtements avec AMM, qui tient moins de 8 heures et ne résiste pas au lavage.
Ventilateur. Le courant d’air perturbe le vol des moustiques sans les tuer. Le HCSP le recommande, comme la climatisation, avec une efficacité limitée et en complément des moustiquaires. L’effet ne vaut que dans le champ de l’appareil, précise l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes.
Quel anti-moustique utiliser pour l’extérieur ?
Dehors, commencez par l’eau stagnante. C’est la mesure que le HCSP recommande le plus fortement pour faire baisser le nombre de moustiques autour de la maison : vider, combler ou rendre étanche, chaque semaine. Le moustique tigre s’éloigne peu de son lieu de naissance, souvent dans un rayon d’environ 150 mètres, rappelle l’ARS Nouvelle-Aquitaine. Parler aux voisins compte donc autant que ce que vous faites chez vous. La liste des récipients à surveiller se trouve sur notre page moustiques.

Viennent ensuite les vêtements couvrants et, si besoin, un répulsif cutané. Pour l’eau impossible à vider, le larvicide au Bti reste possible, en suivant la notice.
Les pièges à moustiques valent-ils leur prix ?
Il en existe de deux types principaux. Les pièges pondoirs, passifs, attirent les femelles prêtes à pondre. Les pièges actifs imitent l’odeur et le souffle humains avec du CO2 ou un leurre, puis aspirent les moustiques.
Le HCSP les recommande comme moyen d’appoint, avec la lutte contre les gîtes. Leur effet dépend de leur nombre, de la surface couverte et d’un entretien régulier. Dans un article de 2022, l’Anses estime abusives les promesses du type « zéro nuisance », et situe les prix de quelques centaines à plus de 2 000 euros. Un piège pondoir mal entretenu peut même devenir un lieu de ponte. L’ARS Nouvelle-Aquitaine parle d’une efficacité « encore relative » pour les bornes électriques testées par des collectivités.
Ce que ces solutions ne remplacent pas
Avant un voyage en zone de paludisme ou de dengue, parlez-en à un médecin : les conseils ne sont pas les mêmes qu’en France. En cas de fièvre après des piqûres ou après un séjour à risque, consultez un médecin. Appelez le 15 en cas de malaise ou de difficulté à respirer.
Des piqûres en ligne au réveil, sans moustique dans la chambre, peuvent avoir une autre origine : voyez notre page sur les piqûres de punaises de lit.
Sources
- Haut Conseil de la santé publique – Protection personnelle antivectorielle, rapport du 12 juin 2026
- Haut Conseil de la santé publique, présenté par le ministère de la Santé – Recommandations sanitaires aux voyageurs, édition 2026 (actualisées en juin 2026)
- Anses – Répulsifs anti-moustiques : quels produits utiliser pour protéger les enfants ? (2 juillet 2026)
- Anses – Réactions cutanées et oculaires aux bracelets répulsifs anti-insectes, rapport d'étude (novembre 2019)
- Anses – Les pièges à moustiques sont-ils vraiment efficaces ? (19 mai 2022)
- ARS Auvergne-Rhône-Alpes – Moustique tigre : comment se protéger ? (10 juillet 2026)
- ARS Nouvelle-Aquitaine – Réduire les nuisances liées au moustique tigre, fiche annexe au guide RecoCrèches (non datée)
- Liu et al. – Mosquito coil emissions and health implications, Environmental Health Perspectives, 2003


