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Anti-moustique : quelles solutions marchent vraiment ?

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En brefL'anti-moustique le plus solide n'est pas un gadget : supprimer l'eau stagnante, poser des moustiquaires et porter des vêtements amples. En complément, le Haut Conseil de la santé publique retient les répulsifs cutanés au DEET, à l'IR3535 ou à l'icaridine avec AMM. Il déconseille bracelets, huiles essentielles, ultrasons et spirales. Pour un bébé ou pendant une grossesse, demandez conseil à un médecin ou à un pharmacien.
Moustique noir rayé de blanc, du genre Aedes, posé sur le dos d'une main
Photo : Ranjithsiji, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Un anti-moustique efficace ne se trouve pas toujours au rayon jardin : plusieurs produits très vendus n’ont jamais prouvé leur effet, et certains présentent des risques. Le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) a passé ces solutions en revue dans un rapport de juin 2026, qui actualise l’ouvrage de référence de 2012. Les comparaisons ci-dessous en sont tirées, avec les avis de l’Anses et de deux agences régionales de santé (ARS). Pour reconnaître le moustique tigre et le moustique commun, voyez notre page sur les moustiques.

Quelle est la méthode la plus efficace contre les moustiques ?

Aucun produit ne suffit à lui seul. L’Anses donne un ordre simple : supprimer d’abord les lieux où les moustiques se reproduisent, puis privilégier vêtements couvrants et moustiquaires. Le répulsif sur la peau ne vient qu’ensuite, si ces moyens ne suffisent pas.

Le HCSP va dans le même sens : les mesures physiques sont à privilégier. Il classe ses recommandations par la solidité des preuves, de A (essais randomisés) à C (faible niveau de preuve). Quand les études manquent, il parle d’avis d’experts. Ces mentions sont reprises dans le tableau : elles disent la solidité d’une recommandation, pas l’efficacité d’un produit précis.

SolutionEfficacité selon les sourcesLimite
Supprimer les eaux stagnantesEfficacité démontrée sur les Aedes, fortement recommandé (grade A)À refaire chaque semaine
Moustiquaires aux fenêtres et portesEfficacité démontrée par des essais ; recommandées en France (avis d’experts)Ne protègent qu’à l’intérieur
Moustiquaire de berceau, de lit, de poussetteRecommandée pour les bébés (avis d’experts)Bien la fixer
Vêtements amples et clairsRecommandés (grade C)Piqûre possible à travers un tissu serré
Répulsif cutané DEET, IR3535 ou icaridine, avec AMM« Efficaces et sûrs » s’ils respectent l’étiquette (Anses), recommandés en cas de risque élevé (grade A)Complément, âge et grossesse à vérifier
Ventilateur, climatisationRecommandés (grade B), effet limitéEn complément seulement
Prise ou diffuseur électriqueRecommandé en complément (grade C), avec AMM et en période de transmissionPas près d’un bébé, d’une femme enceinte ou d’un asthmatique
Pièges au CO2 ou pièges pondoirsRéduisent le nombre de moustiques (grade B) s’ils sont assez nombreuxCoûteux, entretien, autres insectes capturés
Larvicide au BtiEfficacité démontrée (grade B)Pour l’eau qu’on ne peut pas vider
Lampe UV, piège lumineuxNon efficace sur le moustique tigre (HCSP)Essais surtout menés par des associations de consommateurs
Raquette électriqueSans efficacité prouvée, moyen d’appointDépend de votre habileté
Bombe insecticideFaible efficacité préventive, non recommandée (grade B)Autorisée en pulvérisation directe sur l’insecte
Spirale, serpentinEffet démontré, mais à ne pas utiliserRisques pour la santé, pas d’AMM
Huile d’eucalyptus citronné (PMD)Aucune recommandation possible à ce jourPas d’AMM
Plante en pot (géranium, citronnelle)Efficacité « relative » (ARS Nouvelle-Aquitaine) ; pas d’évaluation chiffrée trouvéeN’empêche pas les piqûres
Bougie parfuméeEffet limité, non recommandée (avis d’experts)Doit rester proche de vous
Huiles essentiellesEffet trop bref, non recommandées (grade A)Irritations, allergies
BraceletAucune étude n’a prouvé son effet, non recommandé (grade C)Irritations, surtout chez l’enfant
UltrasonsAucun effet montré, non recommandés (grade C)Achat sans intérêt démontré

Quel répulsif moustique choisir pour la peau ?

Trois substances sont recommandées et disposent d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) en France : le DEET, l’IR3535 et l’icaridine. Le numéro d’AMM figure sur l’étiquette, sous la forme FR-année-numéro. Il indique que le produit a été évalué. L’Anses conseille d’acheter ces produits en pharmacie ou en parapharmacie, et déconseille l’achat sur Internet.

Le HCSP les recommande partout en cas de risque élevé de transmission d’un virus, et les admet en cas de forte nuisance. Dans son édition 2026 pour les voyageurs, il donne des durées indicatives, réduites par la transpiration. La notice du produit reste la référence.

SubstanceDurée de protection estiméeEnfants (repères du HCSP)Grossesse (repères du HCSP)
DEETEnviron 6 h à 30 %20 % dès 2 ans, 30 % dès 12 ans30 % au plus, en zone à risque élevé
IR3535Environ 8 h à 20 %10 % de 0 à 1 an, 20 % dès 2 ans, 30 % dès 12 ans20 % au plus
IcaridineEnviron 6 h à 25 %20 % dès 12 mois20 % au plus

Ces chiffres ne valent pas autorisation générale. Le HCSP renvoie aux AMM : l’âge, la concentration et le nombre d’applications se vérifient sur la notice du produit choisi. Une lotion à 10 % d’IR3535 n’est donc pas utilisable dès la naissance du seul fait de ce chiffre.

Pendant la grossesse, les recommandations ne concordent pas non plus. L’ARS Auvergne-Rhône-Alpes écrit que les produits au DEET ne sont pas recommandés, et donne d’autres seuils pour les enfants. Le HCSP lui-même indique que l’icaridine et l’IR3535 n’ont pas été étudiés spécifiquement chez la femme enceinte.

Pour un bébé, une grossesse, un allaitement ou un problème de peau, demandez à votre médecin ou à votre pharmacien, la notice en main. Avant 1 an, le HCSP privilégie la moustiquaire de berceau ou de landau, bien installée.

Spray ou lotion ?

Le HCSP préfère la lotion ou la crème, à cause du risque d’inhalation du spray et d’une application moins précise. Si vous utilisez un spray anti-moustique, ne le pulvérisez pas directement sur la peau : mettez-le d’abord dans vos mains, puis étalez.

Une personne vaporise un répulsif en spray directement sur son avant-bras, à l'extérieur
Geste courant, mais à éviter : le HCSP et l'Anses conseillent de mettre le spray dans les mains, puis de l'étaler. Photo : Taylor Slater (U.S. Air Force), Domaine public, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Les autres consignes tiennent en quelques points :

  • appliquez le produit seulement sur la peau découverte, jamais sur une peau irritée ou blessée, ni près des yeux et de la bouche ;
  • avant 12 ans, c’est un adulte qui l’applique, et jamais sur les mains ou le visage de l’enfant ;
  • avec une crème solaire, mettez-la d’abord et attendez au moins 20 minutes ;
  • lavez la peau quand le risque de piqûre est passé, et rangez le flacon hors de portée des enfants.

Le DEET abîme certains plastiques, comme les bracelets de montre et les branches de lunettes, et il irrite les yeux.

Les anti-moustiques naturels ou bio sont-ils efficaces ?

Aucun répulsif présenté comme « naturel » ne figure parmi les produits recommandés par le HCSP. L’origine végétale ne garantit ni l’efficacité ni l’innocuité. Les moyens sans substance chimique qui ont le plus de preuves restent la moustiquaire, les vêtements et la suppression de l’eau stagnante.

Le produit le plus souvent cité est l’huile d’eucalyptus citronné, dont le principe actif est le PMD, ou citriodiol. Elle n’a rien d’une simple huile essentielle, car elle est modifiée chimiquement. Les deux n’ont pas le même statut. Le PMD n’est pas approuvé en Europe : son dossier a été abandonné. L’huile, elle, est encore en cours d’évaluation, et des produits restent vendus sous un régime transitoire. Aucun n’a d’AMM en France : le HCSP dit qu’il ne peut formuler aucune recommandation, et ne la retient plus dans ses conseils aux voyageurs.

Dans le jardin, le Bti est un larvicide biologique, à réserver aux eaux impossibles à vider. L’Anses le place en priorité parmi les larvicides, d’après le HCSP.

Quelle odeur fait fuir les moustiques ?

Citronnelle, géranium et menthe ont une activité répulsive, note le HCSP. Mais ces huiles sont très volatiles et leur effet s’arrête vite. Dans un essai de laboratoire qu’il cite, la plupart des 20 huiles testées protégeaient quelques minutes, contre 6 heures pour du DEET à 10 %. Les meilleures, girofle et cannelle, tenaient environ 100 minutes.

Les huiles essentielles ont aussi leurs risques : irritations, allergies, et effets toxiques sur le système nerveux ou le foie, selon l’Anses. Certaines provoquent de graves brûlures au soleil. L’Anses en déconseille fortement l’usage chez l’enfant, et l’ARS Nouvelle-Aquitaine les écarte pour la petite enfance.

Les plantes anti-moustiques

Un pot de géranium ou de citronnelle sur la terrasse ne remplace pas une protection. L’ARS Nouvelle-Aquitaine juge ces plantes d’une « efficacité relative qui n’empêche pas les moustiques d’aller piquer ». Nous n’avons trouvé aucune source officielle qui chiffre cet effet, et le rapport du HCSP ne semble pas évaluer les plantes en pot. Rien n’interdit d’en planter, à condition de ne pas compter dessus.

La bougie à la citronnelle n’obtient pas mieux : le HCSP lui reconnaît un effet limité et ne la recommande pas.

Bracelet anti-moustique : pourquoi il est déconseillé

Le HCSP ne recommande pas ces dispositifs : aucune étude scientifique n’a prouvé l’efficacité répulsive de ces bracelets. Ils peuvent aussi fuir et irriter la peau, en particulier chez l’enfant.

L’Anses a étudié les 19 dossiers reçus par les centres antipoison entre 2012 et 2019, dont 12 avec des symptômes. Elle y relève 10 cas d’irritation de la peau ou des yeux, dont une brûlure au deuxième degré sur la joue d’un jeune enfant. Elle signale aussi un nourrisson qui a fait des convulsions. Plusieurs contacts avec les yeux venaient d’une capsule cassée par un jeune enfant. Sa conclusion : ces bracelets sont à proscrire chez les nourrissons et les jeunes enfants.

Lampe anti-moustique, prise, ultrasons : sont-ils efficaces ?

La lampe anti-moustique. Selon le HCSP, les pièges lumineux à UV ou à LED ne visent que les moustiques actifs la nuit. Ils ne sont donc pas efficaces sur le moustique tigre, actif le jour. Ils capturent aussi d’autres insectes. L’ARS Nouvelle-Aquitaine note que les lampes bleues ou à UV ne semblent pas efficaces, en s’appuyant sur des essais d’associations de consommateurs. Nous n’avons pas trouvé d’essai officiel français sur ces lampes.

Les ultrasons. Une revue de dix études de terrain, citée par le HCSP, n’a trouvé aucune protection contre les piqûres. Un essai récent en laboratoire, sur le moustique tigre et le moustique commun, n’a montré aucun effet répulsif significatif. Les applications pour téléphone reposent sur le même principe.

La prise anti-moustique. Ce diffuseur électrique chauffe une plaquette ou un liquide, le plus souvent à base de pyréthrinoïdes, une famille d’insecticides. Les essais en conditions réelles, faits dehors, suggèrent environ un tiers de piqûres en moins, tout près de l’appareil. Le HCSP l’admet en complément, avec une AMM, dans une pièce aérée et pendant une période où un virus circule réellement.

À cause des pyréthrinoïdes qu’elle diffuse, il demande fortement de ne pas y exposer les enfants en bas âge ni les femmes enceintes. Il s’agit d’une précaution : des études associent ces substances à des troubles du neurodéveloppement de l’enfant. Il écarte aussi son usage près des personnes asthmatiques. Pour une chambre, il préfère la moustiquaire. L’ARS Nouvelle-Aquitaine déconseille ces prises dans les crèches, car elles diffusent un biocide en continu.

La bombe insecticide. Le HCSP ne la recommande pas à titre préventif, car son effet est faible et bref. Une bombe avec AMM s’utilise seulement en pulvérisation directe sur l’insecte.

Spirales anti-moustiques : pourquoi les éviter

La spirale, ou serpentin fumigène, a montré un effet répulsif dans plusieurs essais de terrain. Mais aucune n’a d’AMM en France, et leur fumée contient des produits toxiques. Le HCSP cite des études qui les associent à un risque accru de cancer du poumon, à l’asthme et à la bronchite chronique. Il recommande de ne pas les utiliser.

Spirale anti-moustique verte allumée, posée sur son support à même le sol, l'extrémité rougeoyante
Spirale allumée : la combustion dégage, en plus de l'insecticide, des produits toxiques. Photo : Ant1234567, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Une étude de 2003 sur six marques vendues en Chine et en Malaisie a calculé qu’une spirale émet la même masse de particules fines (PM2,5) que 75 à 137 cigarettes. Ce chiffre vient d’un calcul sur ces seuls produits, et ne vaut pas pour tous. Il compare une masse de particules, pas une toxicité.

Sur ce point, les consignes officielles diffèrent : l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes cite encore le serpentin en complément, uniquement dehors. Le HCSP fixe ses règles si on en utilise malgré tout : à l’extérieur, peu de temps, à distance des personnes, et jamais près d’un enfant en bas âge, d’une femme enceinte, d’un fumeur ou d’une personne ayant une maladie des poumons.

Moustiquaire, vêtements, ventilateur : les protections physiques à privilégier

Moustiquaires aux ouvertures. Le HCSP les recommande en France contre le moustique tigre et le moustique commun, à l’intérieur du logement. Le moustique tigre piquant aussi dehors, elles ne protègent pas au jardin. Elles doivent être bien ajustées, et toute autre ouverture doit être fermée. L’Anses précise qu’elles protègent même sans insecticide. C’est aussi une protection utile contre les mouches.

Pour un bébé. Moustiquaire de berceau, de lit ou de poussette : c’est le premier réflexe cité par le HCSP et l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes. L’ARS Nouvelle-Aquitaine conseille pour les crèches un modèle non imprégné, car l’enfant peut porter la toile à sa bouche.

Vêtements. Choisissez-les amples et clairs : le moustique pique à travers un tissu près du corps et à mailles larges, et les couleurs foncées l’attirent, selon le HCSP. Ne les imprégnez pas de perméthrine, que le HCSP déconseille en raison d’un rapport bénéfice-risque défavorable. En cas de risque élevé, il admet un spray répulsif pour vêtements avec AMM, qui tient moins de 8 heures et ne résiste pas au lavage.

Ventilateur. Le courant d’air perturbe le vol des moustiques sans les tuer. Le HCSP le recommande, comme la climatisation, avec une efficacité limitée et en complément des moustiquaires. L’effet ne vaut que dans le champ de l’appareil, précise l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes.

Quel anti-moustique utiliser pour l’extérieur ?

Dehors, commencez par l’eau stagnante. C’est la mesure que le HCSP recommande le plus fortement pour faire baisser le nombre de moustiques autour de la maison : vider, combler ou rendre étanche, chaque semaine. Le moustique tigre s’éloigne peu de son lieu de naissance, souvent dans un rayon d’environ 150 mètres, rappelle l’ARS Nouvelle-Aquitaine. Parler aux voisins compte donc autant que ce que vous faites chez vous. La liste des récipients à surveiller se trouve sur notre page moustiques.

Tonneau de récupération d'eau de pluie ouvert sur le dessus, relié à une gouttière, avec un arrosoir posé devant dans un jardin
Tonneau ouvert et arrosoir : à couvrir d'un filet ou à vider, car ces réserves d'eau peuvent servir de lieu de ponte. Photo : Acabashi, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Viennent ensuite les vêtements couvrants et, si besoin, un répulsif cutané. Pour l’eau impossible à vider, le larvicide au Bti reste possible, en suivant la notice.

Les pièges à moustiques valent-ils leur prix ?

Il en existe de deux types principaux. Les pièges pondoirs, passifs, attirent les femelles prêtes à pondre. Les pièges actifs imitent l’odeur et le souffle humains avec du CO2 ou un leurre, puis aspirent les moustiques.

Le HCSP les recommande comme moyen d’appoint, avec la lutte contre les gîtes. Leur effet dépend de leur nombre, de la surface couverte et d’un entretien régulier. Dans un article de 2022, l’Anses estime abusives les promesses du type « zéro nuisance », et situe les prix de quelques centaines à plus de 2 000 euros. Un piège pondoir mal entretenu peut même devenir un lieu de ponte. L’ARS Nouvelle-Aquitaine parle d’une efficacité « encore relative » pour les bornes électriques testées par des collectivités.

Ce que ces solutions ne remplacent pas

Avant un voyage en zone de paludisme ou de dengue, parlez-en à un médecin : les conseils ne sont pas les mêmes qu’en France. En cas de fièvre après des piqûres ou après un séjour à risque, consultez un médecin. Appelez le 15 en cas de malaise ou de difficulté à respirer.

Des piqûres en ligne au réveil, sans moustique dans la chambre, peuvent avoir une autre origine : voyez notre page sur les piqûres de punaises de lit.

Sources

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