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Cafard de jardin (blatte des bois) : le reconnaître, le distinguer et savoir que faire

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En brefLe cafard de jardin est une blatte sauvage, en général du genre Ectobius (blatte des bois), longue d'environ 1 cm. Il vit dehors et entre parfois l'été. En général, il ne s'installe pas dans la maison : la blatte ambrée, la mieux étudiée, n'y survit que quelques jours. Remettez-le dehors, sans insecticide. Le meilleur indice : deux bandes sombres parallèles derrière la tête signalent une blatte germanique, qu'il faut alors traiter.
Cafard de jardin : blatte forestière ambrée (Ectobius vittiventris) brun clair aux longues antennes, trouvée dans un logement, sur fond clair
Photo : NobbiP, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Le cafard de jardin est cette petite blatte brune qu’on découvre sur un rebord de fenêtre ou sur un mur, un soir d’été. La regarder de près évite un traitement inutile, car une blatte sauvage ne fait en général que passer. Une vérification sépare ce cas d’une vraie infestation, et elle se fait à l’œil nu.

Qu’est-ce qu’un cafard de jardin ?

« Cafard de jardin » n’est pas le nom d’une espèce. L’expression désigne les blattes sauvages, surtout celles du genre Ectobius, qu’on appelle aussi blattes des bois ou blattes sylvestres. La fiche de Jardiner Autrement, le site de la Société nationale d’horticulture, compte une vingtaine d’espèces en France, presque toutes de ce genre. L’Opie parle plutôt d’une quinzaine d’espèces sauvages.

La liste française de l’association ASCETE cite notamment Ectobius vittiventris, E. sylvestris, E. lapponicus et E. pallidus. Nous n’avons pas trouvé de chiffres sur la plus courante dans les jardins français. En Suisse, l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) désigne la blatte forestière ambrée (E. vittiventris) comme la plus fréquente en zone urbanisée.

Ces blattes vivent dans la litière de feuilles, sous les écorces, les pierres et les mousses, d’après Jardiner Autrement. Elles participent à la décomposition de la matière organique et ne s’attaquent pas au jardin : la fiche les classe parmi les auxiliaires utiles.

Comment reconnaître un cafard de jardin ?

Il a le corps plat et ovale des blattes, de longues antennes fines et six pattes épineuses. L’étude suisse de référence, publiée en 2004 par Hannes Baur et ses collègues, situe les petites espèces entre 8 et 15 mm environ. Le caractère le plus utile à observer est le pronotum, cette sorte de bouclier placé juste derrière la tête.

EspèceLongueurPronotumAiles
Blatte forestière ambrée (E. vittiventris)mâle 12,4 à 14,6 mm, femelle 9,3 à 11,9 mmambré, uni, à bord clair presque transparentdépassent l’abdomen dans les deux sexes
Blatte sylvestre (E. sylvestris)petite espèce ; seules les ailes du mâle sont chiffrées ici : 10 à 12 mmbrun foncé à noir, parfois éclairci chez la femellecourtes chez la femelle (moins de 6 mm)
E. lapponicus7 à 11 mmocre à brun foncé, unila femelle a des ailes réduites et ne vole pas

Tableau établi d’après Baur et ses collègues (2004) et, pour la taille et les ailes d’E. lapponicus, la fiche britannique Orthoptera and Allied Insects. Ces mesures ne sont pas toutes de même nature (corps ou ailes) : elles ne permettent pas de comparer directement les espèces. Séparer les espèces de façon certaine demande parfois d’examiner le mâle de très près. Pour décider quoi faire, ce n’est pas nécessaire.

Cafard de jardin ou cafard de maison : comment les distinguer ?

La confusion se fait le plus souvent avec la blatte germanique, le cafard des cuisines. Baur et ses collègues notent qu’au premier regard, la blatte ambrée lui ressemble beaucoup. La taille n’aide pas : la germanique mesure 1,1 à 1,4 cm selon l’Opie, soit à peu près la même chose.

Regardez le pronotum. Deux bandes sombres parallèles sur un fond brun sont un indice caractéristique de la blatte germanique. Le cafard de jardin n’a pas ces deux bandes. Chez certaines espèces sauvages, des marques sombres peuvent les évoquer, mais elles s’écartent nettement vers l’arrière, précise la clé de détermination de l’étude suisse. En cas de doute, faites confirmer l’identification.

Blatte germanique adulte vivante sur fond clair : brun clair orangé, pattes épineuses, deux bandes sombres derrière la tête
Blatte germanique : deux bandes sombres parallèles derrière la tête. C'est le cafard à traiter. Photo : Bagous, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).
Blatte forestière ambrée vue de dessus : pronotum ambré uni, sans bandes, entouré d'un bord presque transparent
Blatte forestière ambrée : pronotum uni, sans bandes, à bord presque transparent. Elle vient du dehors, même trouvée ici dans un logement. Photo : NobbiP, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Les autres indices aident, sans suffire seuls :

Cafard de jardinBlatte germanique
Où on le voitfenêtre, mur, sol près d’une ouverture, pots de fleurscuisine et salle de bain, près de la chaleur et de l’humidité
Face à la lumièrene la fuit passe cache dès qu’on allume
Volle mâle vole bien, la femelle plane au mieuxcourt surtout, vole peu ou pas
Dans le logementisolé, ne s’installe pas en général ; survie brève chez la blatte ambréeen groupe, se reproduit
Tracesaucunecrottes noires, oothèques, mues

Tableau d’après l’OFEV, Baur et ses collègues, et le centre de recherche hongrois HUN-REN. Un point à garder en tête : les blattes de maison sortent la nuit, mais l’OFEV précise qu’on peut les voir de jour quand elles sont très nombreuses. Une blatte vue en plein jour ne suffit donc pas à conclure. Vérifiez toujours les bandes.

La blatte des meubles, ou blatte rayée, ressemble aussi à une blatte de jardin, note l’OFEV. Ses ailes sont barrées de bandes brunes, ce que n’ont pas les Ectobius. Les quatre espèces de maison sont présentées sur notre page cafard ou blatte.

Et le cafard noir de jardin ?

Un petit cafard noir au jardin peut tout à fait être une blatte sauvage. Jardiner Autrement indique des couleurs allant du jaune au noir, et Baur et ses collègues décrivent E. sylvestris comme une espèce très sombre, au pronotum brun foncé à noir.

Blatte sylvestre (Ectobius sylvestris) sur une feuille d'ortie : pronotum noir à bord clair et ailes brunes
Une blatte sylvestre (Ectobius sylvestris), l'un des « cafards noirs de jardin » : pronotum très sombre à bord clair. Photo : E. A., CC BY 4.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Sur cette photo, le bord clair tranche avec le pronotum noir. C’est peut-être ce que décrivent ceux qui cherchent un « cafard noir et blanc », mais aucune source lue n’emploie ce nom.

Une autre confusion possible concerne la blatte orientale. Elle aussi est sombre, mais elle mesure 2 à 2,8 cm d’après l’Opie, soit environ deux fois plus. La clé suisse sépare d’ailleurs les deux groupes par la taille : au-delà de 18 mm environ, ce n’est plus une petite blatte des bois.

Petit cafard de jardin : à quoi ressemble le bébé ?

Le « bébé » est une larve, sans ailes développées, qui ressemble à l’adulte en plus petit. Chez la blatte ambrée, les larves mesurent 2,3 à 7 mm. Baur et ses collègues les disent faciles à séparer des espèces de maison : thorax jaunâtre, pronotum ambré et uni, abdomen brun souvent marqué de clair. Les larves des espèces sombres, comme E. sylvestris, sont plus foncées.

Jeune blatte des bois sur une pierre : corps sombre et luisant à bords bruns clairs, sans ailes développées
Une jeune blatte des bois sombre, sans doute Ectobius sylvestris, encore sans ailes développées : un petit cafard noir à bords clairs. Photo : Syrio, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Les auteurs ont aussi trouvé des larves de tailles variées dans des maisons, avec les adultes, sur la base de relevés suisses. En voir une ne prouve donc pas qu’une colonie s’est installée. Ils n’ont pas comparé les larves des différentes espèces sauvages entre elles : l’espèce exacte d’une larve reste souvent incertaine.

Cafard de jardin dans la maison : pourquoi entre-t-il, peut-il s’y reproduire ?

Il entre par erreur. Selon l’OFEV, ces blattes peuvent voler par temps chaud et pénètrent parfois dans les logements. Le chercheur Dávid Korányi, du centre HUN-REN, ajoute que la lumière les attire, surtout quand on aère le soir avec la lampe allumée. Baur et ses collègues la trouvent aussi le jour à l’abri sous les pots de fleurs et dans les caissons de volets roulants.

En général, il ne s’y installe pas. Trois sources concordent sur la blatte ambrée. Pour Baur et ses collègues, elle ne se reproduit pas dans les maisons et n’y survit que quelques jours. Ils avancent une explication, avec prudence : ses œufs ou ses larves auraient besoin d’une phase de froid. Une lettre publiée en 2009 dans la revue médicale Emerging Infectious Diseases confirme l’absence de reproduction en intérieur, et le centre HUN-REN parle d’une mort en un à deux jours.

Ces travaux portent sur E. vittiventris. L’OFEV étend le constat aux blattes sylvestres présentes en Suisse : « incapables de survivre en intérieur ». Nous n’avons pas de vérification espèce par espèce pour la France.

Un épisode survenu dans un hôpital suisse illustre le phénomène. En août 2006, environ 30 de ces blattes ont été vues dans un service de soins intensifs de Genève, au rez-de-chaussée. Du personnel ouvrait les fenêtres la nuit. Une fois les fenêtres fermées et l’équipe informée, le phénomène a cessé en 3 jours, sans insecticide.

Quelle est la saison des cafards de jardin ?

En Suisse, de la fin mai à septembre pour l’essentiel. Sur près de 2 000 relevés suisses de blatte ambrée, Baur et ses collègues observent :

  • de janvier à avril : quelques larves âgées seulement ;
  • fin mai : les premiers adultes ;
  • juillet : le pic des mâles, ceux qui volent le mieux ;
  • août : le pic général, avec celui des femelles ;
  • septembre : une forte baisse, puis quelques adultes jusqu’en décembre.

À Budapest, le centre HUN-REN situe le pic de vol plus tard, fin août et en septembre. Pour E. lapponicus, la fiche britannique donne des adultes de fin mai à fin septembre. Les dates varient donc selon l’espèce et le climat, et nous n’avons pas trouvé de relevé équivalent pour la France.

Le cycle complet dure environ deux ans. D’après le centre HUN-REN, les femelles pondent leurs oothèques dans la litière de feuilles. Baur et ses collègues présentent ce cycle comme probable pour la blatte ambrée, et citent le même chez E. sylvestris en France, d’après un travail de 1972.

Le cafard de jardin est-il dangereux ? Peut-il mordre ?

Il n’est pas considéré comme dangereux pour l’humain. Le centre HUN-REN indique qu’il ne mord pas, ne pique pas, ne transmet pas de maladie et ne provoque pas d’allergie. La lettre de 2009 le considère comme inoffensif et non associé à des maladies humaines. Dans le service de Genève, les auteurs n’ont constaté ni réaction allergique ni hausse des germes résistants. Il ne se nourrit pas non plus de restes de cuisine.

Ces résultats concernent la blatte ambrée. Les blattes de maison sont un autre sujet : l’Opie rappelle qu’elles provoquent des allergies respiratoires, d’où l’intérêt de vérifier l’espèce.

Que faire si vous pensez avoir été mordu ? Aucune source lue ne décrit de morsure par une blatte des bois, donc la cause est peut-être ailleurs. Pour une marque sur la peau qui gêne, demandez conseil à un pharmacien ou à un médecin. En cas de gêne respiratoire ou de malaise, appelez le 15.

Que faire, et faut-il traiter ?

Dans la maison, remettez-le dehors. C’est la consigne de l’OFEV et de Jardiner Autrement. L’OFEV note qu’il se capture facilement : un verre et une feuille de papier suffisent. Pour limiter les entrées :

  • fermez les fenêtres le soir quand la lumière est allumée, ou aérez lampes éteintes ;
  • posez des moustiquaires, comme le conseille le centre HUN-REN ;
  • regardez ce qui est posé contre la façade, comme les pots de fleurs ou le bois, si les entrées se répètent. Aucune source n’a mesuré l’effet de ce rangement.

Au jardin, ne faites rien. Jardiner Autrement demande de ne pas utiliser de produits phytosanitaires contre ces auxiliaires.

Un insecticide n’apporte rien ici. Baur et ses collègues jugent la lutte non seulement inutile mais vaine, puisque d’autres individus arrivent sans cesse de l’extérieur. Le centre HUN-REN déconseille aussi les produits chimiques, qui tuent beaucoup d’autres insectes. Les auteurs de la lettre de 2009 écrivent qu’aucun insecticide n’existe pour éradiquer cette espèce, et qu’il serait de toute façon inefficace face aux insectes venus du dehors. C’est leur avis, pas un examen des produits en vente.

Ne faites intervenir une entreprise de désinsectisation que si l’espèce est une blatte de maison. Demandez-lui d’identifier l’insecte avant de lancer un traitement.

Quand penser à une vraie infestation ?

Le doute est permis dans ces cas :

  • le pronotum porte deux bandes parallèles ;
  • vous voyez des blattes la nuit dans la cuisine ou la salle de bain ;
  • vous trouvez de petites crottes noires, des capsules brunes ou des mues près des cachettes, les signes cités par l’OFEV.

Passez alors à notre page se débarrasser des cafards, qui détaille les appâts et le moment où appeler un professionnel.

Quels insectes ressemblent à un cafard de jardin ?

Le plus souvent, c’est une autre blatte. Parmi les insectes du jardin, le silphe noir (Phosphuga atrata) peut tromper par sa forme ovale, sa couleur noire et ses 15 mm environ. Aucune source lue ne fait directement la comparaison : ce rapprochement vient de nous.

Silphe noir (Phosphuga atrata) vu de dessus sur fond blanc : coléoptère noir brillant, au dos parcouru de côtes
Le silphe noir (Phosphuga atrata), un coléoptère : son dos noir et brillant porte des côtes bien visibles. Photo : Francisco Welter-Schultes, CC0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

C’est un coléoptère au dos brillant, marqué de côtes, selon la fiche britannique NatureSpot. Il vit notamment dans les jardins, sous les bûches et les débris, et il mange surtout des escargots. Sa larve, plate et noire, peut aussi surprendre. Il ne vole pas, et rien n’indique qu’il faille s’en occuper.

Si la bête est grise, avec de nombreuses pattes, voyez plutôt notre page sur le cloporte. Si elle a des pinces au bout de l’abdomen, c’est un perce-oreille.

Sources

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