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Cloporte : le reconnaître, comprendre sa présence dans la maison et l'éloigner

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En brefLe cloporte n'est pas un insecte mais un petit crustacé terrestre, gris ou brun et segmenté, avec 7 paires de pattes. Il vit dans l'humidité et mange surtout des débris végétaux. Il ne pique pas et ne présente pas de danger connu pour la santé. Dans une maison sèche, il meurt vite : s'il s'y installe, cherchez une zone humide (sous-sol, fuite, bas de mur) et un passage vers l'extérieur.
Une vingtaine de cloportes gris (Porcellio scaber), adultes et jeunes, rassemblés sur une planche de bois
Photo : Stephen James McWilliam, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Le cloporte est cette petite bête grise ou brune, aplatie ou bombée selon l’espèce, que l’on trouve sous un pot de fleurs, une planche ou au bas d’un mur humide. Il est sans danger. Si vous en voyez souvent dans la maison, cherchez d’abord un coin humide et un passage depuis le jardin.

Le cloporte est-il un insecte ?

Non. Le cloporte est un crustacé terrestre. Santé Canada rappelle qu’il appartient à la même classe d’animaux que le homard et la crevette. Les spécialistes le rangent dans l’ordre des isopodes. Le programme de lutte intégrée de l’université de Californie (UC IPM) le confirme : ce n’est ni un insecte ni une punaise.

La différence se voit aux pattes. Un insecte en a six. Le cloporte adulte en a 14, soit 7 paires. Franck Noël et Marina Ferrand, qui ont étudié les cloportes d’Île-de-France, décrivent aussi un corps segmenté et aplati de haut en bas.

À quoi ressemble un cloporte ?

D’après UC IPM, l’adulte mesure de 8 mm à 2 cm environ (1/3 à 3/4 de pouce). Le corps est ovale, formé de plaques qui se chevauchent, avec deux antennes bien visibles. Il est gris, brun ou ardoise selon l’espèce.

Trois espèces très communes vivent près des maisons en France. Noël et Ferrand les décrivent ainsi :

EspèceTailleComment la reconnaître
Porcellio scaber11 à 16 mmCorps couvert de fortes granulations, souvent gris acier ; ne se roule pas en boule
Oniscus asellus10 à 18 mmCorps large, aplati, lisse et brillant ; très commun au jardin et dans les murs fissurés
Armadillidium vulgarejusqu’à 20 mmGris-noir chez le mâle, brunâtre à rosé chez la femelle, souvent taché de clair ; se roule en boule quand on le dérange

Les deux auteurs décrivent Armadillidium vulgare comme très répandu en France, souvent dans les jardins et près des habitations.

Cloporte commun Armadillidium vulgare gris ardoise, au corps bombé et lisse, sur de la mousse
Armadillidium vulgare, le cloporte qui se roule en boule. Corps bombé, gris ardoise, plaques bien lisses. Photo : Daniel Das, CC0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Cloporte ou gloméris : celui qui se roule en boule

Deux petites bêtes grises se roulent en boule au jardin : un cloporte, Armadillidium vulgare, et un mille-pattes, le gloméris (Glomeris marginata). Elles se ressemblent beaucoup, mais l’une est un crustacé et l’autre un mille-pattes.

Roulés en boule, les deux se confondent. Pour Armadillidium vulgare, le Kent Wildlife Trust, une association britannique de protection de la nature, donne un critère simple : comptez les pattes. Le cloporte en a 7 paires. Le gloméris en a environ 18 paires. La même fiche note que les dernières plaques du cloporte sont plus étroites que le reste du corps.

Gloméris (Glomeris marginata), mille-pattes noir et brillant aux nombreuses pattes, posé sur un doigt
Un gloméris, mille-pattes qui se roule lui aussi en boule. On compte bien plus de pattes que chez le cloporte, et son dos est noir et brillant. Photo : Donald Davesne, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Santé Canada range cloportes et mille-pattes parmi les petites bêtes qui ne sont pas nuisibles. La scolopendre, plus longue et plus rapide, est un autre animal : voir la scolopendre.

Que mange le cloporte ?

Selon UC IPM, le cloporte se nourrit surtout de végétaux en décomposition : feuilles mortes, bois pourri, compost. Noël et Ferrand le décrivent comme omnivore ou détritivore.

Ce rôle est utile. Santé Canada explique que les cloportes décomposent la matière organique et rendent des nutriments aux plantes du jardin. L’agence conclut qu’il vaut mieux les tolérer autant que possible.

Le cloporte fait-il des dégâts au jardin ?

Peu. C’est d’abord un décomposeur utile. UC IPM indique qu’il mange parfois des semis, de jeunes racines, des feuilles basses, ou des fruits et légumes posés sur un sol humide.

Pour limiter ces dégâts, UC IPM conseille d’éloigner le paillis et le compost des jeunes plants. Arrosez moins souvent, plutôt le matin, pour que la surface du sol sèche dans la journée.

Le cloporte est-il dangereux dans la maison ?

Non. Santé Canada classe les cloportes parmi les petites bêtes qui ne sont pas nuisibles : elles sont surtout peu agréables à voir. Ils se nourrissent surtout de végétaux en décomposition et ne s’attaquent pas aux provisions de la maison.

Deux cloportes Oniscus asellus, au corps large et brillant, sur du bois humide
Oniscus asellus, cloporte au corps large, lisse et brillant, sur du bois humide. Il ne se roule pas en boule. Photo : Alexis, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Pourquoi y a-t-il des cloportes dans la maison ?

Le cloporte a besoin d’humidité pour vivre. Noël et Ferrand expliquent que les isopodes sont très sensibles au dessèchement. Certaines espèces respirent grâce à une fine pellicule d’eau sur leurs organes respiratoires.

Dans une maison chauffée et sèche, l’air est trop sec pour lui : Santé Canada note que les cloportes y meurent habituellement vite. Une cave humide ou une fuite peut en revanche les faire survivre. S’ils s’installent et survivent, l’agence y voit le signe d’un problème d’humidité important et d’une source de nourriture.

Regardez en priorité :

  • le sous-sol, la cave, le vide sanitaire ;
  • le dessous de l’évier, le bas des murs d’une salle de bain, une fuite de tuyau ;
  • les seuils de porte et les fissures au pied des murs, où ils entrent depuis le jardin ;
  • les murs extérieurs couverts de feuilles mortes ou de paillis.

Trouver quelques cloportes morts et secs près d’une porte n’a rien d’inquiétant : ils sont entrés et n’ont pas survécu.

Comment éloigner les cloportes de la maison ?

Le principe est de leur retirer l’humidité et les abris près des murs. Santé Canada et UC IPM conseillent les mêmes gestes.

Autour de la maison :

  • enlevez les feuilles mortes et les végétaux en décomposition le long des fondations ;
  • éloignez le compost et le paillis des murs ; Santé Canada suggère un paillis plus grossier, qui laisse l’eau s’écouler ;
  • taillez les plantes collées aux murs pour que l’air circule ;
  • laissez le sol sécher entre deux arrosages.

Dans la maison :

  • bouchez les fissures des fondations et le tour des fenêtres, avant l’automne selon Santé Canada ;
  • posez un bas de porte et des joints, comme le recommande UC IPM ;
  • asséchez le sous-sol : Santé Canada cite un déshumidificateur ou un petit ventilateur ;
  • réparez les fuites et aérez les pièces humides.

Pour ceux qui sont déjà entrés, un balai ou un aspirateur suffit. Santé Canada mentionne aussi des pièges collants posés dans les endroits très humides : ils montrent par où les cloportes passent.

Faut-il un insecticide ?

Rarement. Pour Santé Canada, modifier l’habitat devrait suffire à réduire leur nombre. Un insecticide ne règle pas l’humidité, et les cloportes reviendront si le coin reste mouillé. Si vous en utilisez un, choisissez un produit prévu pour cet usage et cet endroit, et respectez son étiquette à la lettre.

Les erreurs à éviter

  1. Traiter les cloportes sans chercher l’humidité : ils ne sont qu’un signal. La fuite ou le mur mouillé reste le vrai problème.
  2. Pailler jusqu’au pied des murs : le paillis garde l’humidité et leur offre un abri à quelques centimètres de la porte.
  3. Les confondre avec d’autres petites bêtes : un insecte argenté et rapide dans la salle de bain est plutôt un poisson d’argent. Une bête brune avec une pince au bout du corps est un perce-oreille.

Sources

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