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Perce-oreille (forficule) : le reconnaître, le mythe de l'oreille, ses dégâts et comment l'éloigner

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En brefLe perce-oreille, ou forficule, est un insecte brun allongé d'environ 1,5 cm, avec une pince au bout du corps. Il ne rentre pas dans les oreilles : c'est un mythe. Sa pince peut au pire donner un faible pincement. Au jardin, il rend service en mangeant des pucerons, mais abîme parfois fleurs, fruits mûrs et semis. Dans la maison, il cherche l'ombre et l'humidité et n'y survit pas longtemps.
Perce-oreille femelle (Forficula auricularia) sur un mur blanc : corps brun allongé terminé par une pince presque droite
Photo : Luis Miguel Bugallo Sánchez, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Le perce-oreille est l’insecte brun et allongé, avec une pince au bout du ventre, que l’on découvre en soulevant un pot de fleurs ou en cueillant une pêche. Il a mauvaise réputation, mais il est sans danger pour vous. Au jardin, il rend même service.

Comment reconnaître un perce-oreille ?

L’espèce la plus connue est la forficule commune (Forficula auricularia), selon le nom retenu par l’OEPP, l’organisation européenne de protection des plantes. La fiche de l’IRDA, un institut de recherche agricole du Québec, la décrit comme un insecte brun foncé, de forme allongée, d’environ 16 mm. Son corps se termine par deux appendices en forme de pince, appelés cerques.

Le programme de lutte intégrée de l’université de Californie (UC IPM) ajoute qu’il est brun-rouge. Ses ailes sont repliées sous de courts étuis. Les jeunes ressemblent aux adultes, en plus petits et sans ailes.

On l’appelle aussi forficule ou pince-oreille : c’est le même insecte.

Mâle ou femelle : regardez la pince

Chez l’adulte, la forme de la pince suffit en général. Selon l’université du Wisconsin, la femelle a une pince aux branches presque droites. Celle du mâle est nettement courbée et plus grande.

Deux perce-oreilles sur des fleurs jaunes de tanaisie : un mâle à la pince courbée et une femelle à la pince presque droite
Deux perce-oreilles sur des fleurs de tanaisie. En haut à droite, un mâle à la pince courbée ; en bas à gauche, une femelle à la pince presque droite. Photo : Line Sabroe, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Le perce-oreille rentre-t-il dans les oreilles ?

Non, malgré son nom. L’université du Wisconsin parle d’un mythe : les perce-oreilles n’entrent pas volontairement dans les oreilles des personnes endormies. Leur mauvaise réputation viendrait surtout de leur pince à l’air menaçant.

Le perce-oreille est-il dangereux ? Pique-t-il ?

Il ne pique pas : il n’a pas de dard, et sa pince n’est pas venimeuse. Elle peut donner un faible pincement si on le manipule, d’après l’université du Wisconsin. UC IPM précise qu’il ne s’attaque pas à l’homme. Il peut pincer s’il est coincé dans un vêtement ou si l’on s’assoit dessus.

Menacé, il peut aussi libérer un liquide à l’odeur désagréable, note l’université du Wisconsin. Pour UC IPM, même nombreux, il n’est pas un risque pour la santé. Un léger pincement ne demande en général aucun soin. En cas de douleur qui dure ou de réaction inhabituelle, demandez un avis médical.

Est-il utile ou nuisible au jardin ?

Les deux. C’est d’abord un prédateur. UC IPM le décrit comme un grand mangeur de petits insectes au corps mou, comme les pucerons. L’encyclopédie HYPP de l’INRAE montre une jeune forficule en train de manger des pucerons sur un pêcher.

Il cause aussi des dégâts. UC IPM cite :

  • les semis et jeunes plants ;
  • les fruits tendres comme l’abricot et la fraise ;
  • les soies du maïs doux, ce qui gêne la formation des grains ;
  • des fleurs comme le dahlia, le zinnia et l’œillet d’Inde.

Dans les vergers, l’IRDA nuance : la forficule mange surtout d’autres insectes. Elle s’attaque à un fruit déjà abîmé, mais ne touche pas aux pommes intactes, sauf parfois celles de la variété Golden Russet.

Perce-oreille mâle à la pince courbée posé sur une framboise mûre
Perce-oreille mâle sur une framboise. Les fruits tendres et mûrs font partie de ce qu'il peut abîmer. Photo : Charles J. Sharp, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Ses traces ressemblent à celles des limaces, avec des feuilles rongées et trouées. L’université du Wisconsin donne un indice : le perce-oreille ne laisse pas de traînée de bave.

Comment vit-il ?

Il sort la nuit. Le jour, il se cache dans des endroits sombres, frais et humides, selon UC IPM : débris, feuilles mortes, paillis, lierre. L’INRAE montre une femelle réfugiée dans la cupule d’une noisette.

La femelle est une mère attentive. UC IPM explique qu’elle creuse une petite loge dans le sol en automne ou en hiver. Elle y pond 30 œufs ou plus, puis protège et nourrit les jeunes jusqu’à leur première mue. L’INRAE montre aussi des femelles qui passent l’hiver sous les écorces. Il y a en général une génération par an.

Il vole rarement : ses ailes restent repliées sous les étuis, et il se déplace surtout en marchant, selon UC IPM.

Pourquoi y a-t-il des perce-oreilles dans la maison ?

Il entre par erreur. Selon UC IPM, il pénètre dans les maisons quand il fait trop sec, trop chaud ou trop froid dehors. L’université du Wisconsin ajoute qu’il cherche l’obscurité et sans doute l’humidité. Il passe par de petites fentes, autour des tuyaux par exemple.

Il n’y prospère pas. Les deux universités s’accordent : il trouve trop peu à manger à l’intérieur, il ne se multiplie probablement pas et finit par mourir. UC IPM précise qu’un grand nombre est gênant, mais sans risque pour la santé.

Comment s’en débarrasser dans la maison ?

Ramassez-les ou passez l’aspirateur. L’université du Wisconsin déconseille de traiter l’intérieur avec un insecticide. Ensuite, coupez les entrées :

  • bouchez les fentes au pied des murs et autour des tuyaux avec du mastic ou des joints ;
  • réduisez l’humidité près des fondations : robinet qui goutte, gouttière, climatiseur ;
  • dégagez les débris, planches et tas de feuilles collés aux murs ;
  • l’université du Wisconsin cite aussi une bordure de gravier le long des fondations.

Comment limiter les perce-oreilles au jardin ?

Avant d’agir, vérifiez qu’ils font vraiment des dégâts. Une colonie de pucerons qui disparaît est peut-être leur œuvre.

Le piège à papier roulé. UC IPM et l’université du Wisconsin décrivent le même principe. Les perce-oreilles cherchent le jour des abris sombres et humides. Posez le soir un journal roulé, un carton ondulé, un tube de bambou ou un bout de tuyau près des plantes touchées seulement : ils s’y réfugient à la fin de la nuit. Chaque matin, secouez le piège dans un seau d’eau savonneuse, et continuez tant que vous en attrapez.

Le piège à huile. UC IPM propose une petite boîte à bords bas, enterrée au ras du sol. Mettez-y environ 1 cm d’huile végétale avec une goutte d’huile de poisson ou de graisse de lard pour les attirer. Placez-le hors de portée des animaux domestiques et retirez-le quand les dégâts cessent.

Moins d’abris. UC IPM conseille de retirer le lierre au sol, les mauvaises herbes, les débris et les feuilles. Surveillez aussi le paillis, où ils se cachent volontiers.

Les insecticides devraient rarement être nécessaires, selon UC IPM. Les appâts marchent mal quand le jardin offre déjà de quoi manger. Si un traitement devient indispensable, prenez un produit prévu pour cet usage et suivez son étiquette, pour protéger aussi les pollinisateurs.

Les erreurs à éviter

  1. L’éliminer partout par principe : dans un verger ou un potager, il mange des pucerons.
  2. Traiter la maison à l’insecticide : il y meurt de lui-même. Mieux vaut boucher les entrées.
  3. Le confondre avec un autre insecte : une bête grise et bombée sans pince est un cloporte. Un insecte argenté sans pince, dans la salle de bain, est un poisson d’argent.

Sources

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