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Araignée de maison : reconnaître tégénaire, pholque et stéatode, le risque de morsure, comment les faire sortir

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En brefLes araignées de maison les plus courantes en France sont la tégénaire, grande et brune, le pholque aux pattes très fines et la stéatode, brun sombre. Elles sont sans danger dans l'immense majorité des cas : les morsures signalées aux centres antipoison sont rares, peu graves et souvent non prouvées. En fin d'été, ce sont surtout des mâles qui cherchent une femelle. Pour en sortir une : un verre, une feuille rigide, et dehors.
Grande araignée brune aux longues pattes, tégénaire des maisons (Eratigena atrica), sur un mur crépi blanc
Photo : C.Farquet, CC0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Une grosse araignée de maison qui traverse le salon un soir de septembre fait sursauter, mais elle est sans danger dans l’immense majorité des cas. C’est souvent une grande tégénaire mâle en quête d’une femelle. Voici comment la reconnaître, ce qu’il en est vraiment des morsures, et comment la remettre dehors.

Quelles sont les araignées de maison en France ?

Pour reconnaître les araignées les plus courantes dans les maisons, le portail naturaliste Faune-Aquitaine présente trois groupes : les tégénaires, les pholques et les stéatodes. On les trouve dans les recoins, sous l’évier, à la cave ou sous la baignoire, et parfois dehors sous les pots de fleurs.

AraignéeTaille du corpsComment la reconnaîtreOù la voir
Tégénaire (Eratigena, Tegenaria)6 à 18 mmGrande, allongée, un peu aplatie ; souvent des chevrons sur l’abdomen ; toile en entonnoirRecoins calmes et sombres, derrière les meubles ; souvent vue en train de se déplacer
Pholque (Pholcus)4 à 10 mmPattes très longues et fines ; corps gris pâle à gris sombre, abdomen ovaleRecoins même très secs, derrière les portes
Stéatode (Steatoda)3,5 à 10 mmCorps brun sombre, souvent luisant ; abdomen rond avec des motifs clairs plus ou moins marquésRecoins des pièces et des fenêtres, dans une toile irrégulière aux fils entrecroisés

Faune-Aquitaine prévient que ces critères simplifiés valent pour les araignées trouvées dans la maison. Dehors, d’autres espèces leur ressemblent.

La tégénaire, la « grosse araignée » de la maison

C’est elle qu’on appelle la grosse araignée brune ou noire de la maison. La couleur seule ne suffit pas à l’identifier. Faune-Aquitaine cite surtout la tégénaire des maisons (Eratigena atrica), Tegenaria ferruginea et Tegenaria domestica. Selon ce critère simplifié, les pattes sont plutôt annelées chez les Tegenaria et unies chez les Eratigena.

Tegenaria domestica vue de dessus sur un plafond clair : pattes annelées, abdomen tacheté
Tegenaria domestica, une tégénaire plus petite, aux pattes annelées et à l'abdomen tacheté. Photo : Chb, CC BY 3.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

La plus grande partie de l’année, elle reste dans sa toile en nappe, prolongée par un tube où elle se cache. Geoff Oxford, arachnologue britannique, la décrit dans les abris de jardin, les garages et derrière les meubles. Son article est paru dans le magazine jeunesse Bug Club, diffusé par la British Arachnological Society.

Le pholque, l’araignée aux longues pattes

Le pholque, parfois appelé « faucheuse », a un petit corps et des pattes très longues et fines. Faune-Aquitaine cite le pholque phalangiste (Pholcus phalangioides) et Pholcus opilionoides. Un bon indice : dérangé, il s’agite longuement dans sa toile, au point de devenir flou.

Pholque phalangiste sur un mur blanc : petit corps allongé et pattes très longues et fines
Pholque phalangiste sur un mur : petit corps allongé, pattes très longues et fines. Photo : Luis Fernández García, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

La stéatode, petite et sombre

Plus trapue, la stéatode a un abdomen rond et brun sombre. Faune-Aquitaine cite la stéatode domestique (Steatoda grossa), Steatoda bipunctata et Steatoda triangulosa.

Pourquoi voit-on plus d’araignées en fin d’été et en automne ?

Ce ne sont pas des araignées qui fuient le froid. Geoff Oxford explique que les grandes tégénaires se déplacent surtout à la fin de l’été et au début de l’automne. À cette période, les mâles deviennent adultes, quittent leur toile et partent chercher une femelle.

La plupart des araignées surprises dans une baignoire ou au milieu du tapis sont donc des mâles. On les reconnaît à leurs pédipalpes gonflés, deux petits appendices à l’avant qui ressemblent à des gants de boxe. Chez la femelle, ils ressemblent à une paire de petites pattes.

Le même article répond à une idée reçue : ces araignées n’entrent pas pour se mettre au chaud, puisqu’elles vivent déjà dans la maison. Chez ces grandes tégénaires, le mâle meurt en général au cours de l’hiver. Toujours selon Geoff Oxford, les mâles vivent environ 18 mois et les femelles environ 30 mois.

Pourquoi en trouve-t-on dans la baignoire ?

Selon Geoff Oxford, un mâle qui cherche une femelle ne mange pas et ne boit pas. Assoiffé, il peut chercher des gouttes d’eau et tomber dans l’évier ou la baignoire, dont il ne peut plus remonter les parois lisses. Une serviette posée sur le rebord lui sert d’échelle pour sortir seul.

Les araignées de maison sont-elles dangereuses ?

Pour les araignées présentées ici, le risque est très faible. Santé Canada rappelle que la plupart des araignées sont nocturnes et timides. Elles fuient et ne mordent que si on les serre ou si on les attrape. L’agence ajoute qu’elles ne transmettent pas de maladies.

Les données françaises vont dans le même sens. Des chercheurs des centres antipoison et de l’Anses ont étudié 1 194 morsures d’araignées signalées en métropole entre 2007 et 2018. Leur conclusion : en France, la morsure d’araignée est rare, peu grave et souvent non prouvée.

Les chiffres de l’étude montrent pourquoi :

  • l’araignée, ou au moins son implication, n’a pu être confirmée que dans 29 % des cas ;
  • la morsure elle-même n’a été jugée prouvée que dans 20 % des 1 194 dossiers ;
  • dans un tiers des cas, l’araignée accusée n’était pas connue là où la morsure a eu lieu.

Les auteurs notent que les araignées sont souvent accusées à tort de boutons ou d’éruptions. Parmi les araignées identifiées, les genres les plus fréquents étaient Loxosceles, Latrodectus et Cheiracanthium. Aucun de ces trois genres n’est une tégénaire, un pholque ou une stéatode.

Que faire en cas de morsure ? Pour une morsure qui vous inquiète, ou si des symptômes apparaissent ou s’aggravent, appelez un centre antipoison ou consultez votre médecin. En cas de gêne pour respirer ou de malaise, appelez le 15. Si vous avez pu capturer l’araignée, gardez-la ou photographiez-la : l’étude montre que l’identification manque le plus souvent.

Comment faire sortir une araignée de la maison ?

La méthode la plus simple est celle que décrit Santé Canada :

  1. posez un verre ou un bocal sur l’araignée ;
  2. glissez une feuille de papier rigide ou une carte dessous ;
  3. relâchez-la dehors, loin de la porte.

Pour une araignée près d’une porte ou d’une fenêtre, l’agence suggère aussi de la pousser dehors avec une brosse ou un balai. Une araignée tombée dans la baignoire ressortira seule par une serviette posée sur le rebord.

Comment avoir moins d’araignées dans la maison ?

Les araignées viennent là où il y a des insectes à manger et des coins tranquilles. Santé Canada conseille de :

  • passer l’aspirateur ou le balai dans les coins et le long des plinthes, et retirer les toiles inoccupées ;
  • déplacer les meubles de temps en temps, pour qu’elles ne reprennent pas toujours les mêmes coins ;
  • ne pas laisser vêtements, chaussures ou couvertures au sol, où elles se cachent le jour ;
  • calfeutrer fenêtres et portes, et garder les moustiquaires en bon état ;
  • préférer des ampoules jaunes à l’extérieur, qui attirent moins d’insectes.

Pour limiter les araignées de cave aux très longues pattes, Santé Canada conseille d’enlever les toiles et de réduire l’humidité du sous-sol.

Répulsif araignées : les remèdes naturels marchent-ils ?

Les preuves sont minces. En 2018, des chercheurs canadiens et allemands ont testé les trois remèdes les plus cités sur internet : l’huile de citron, l’huile de menthe poivrée et les châtaignes. Ils ont proposé à des araignées femelles de choisir entre le produit et un témoin.

  • Le citron n’a eu aucun effet sur les trois espèces testées. Les auteurs parlent d’un mythe.
  • La menthe et les châtaignes ont nettement repoussé deux des trois espèces, dans ce dispositif de laboratoire. Une troisième, Steatoda grossa, n’a montré qu’une légère tendance à éviter les châtaignes.

Ces tests ont été faits en laboratoire, sur des espèces qui ne sont pas des tégénaires. Les auteurs parlent d’un effet possible pour dissuader une araignée de s’installer, sans l’avoir testé dans des maisons. L’étude n’a pas mesuré si ces odeurs font partir des araignées déjà présentes. Rien ne prouve donc qu’un sachet de menthe ou des marrons sur le rebord vident une maison de ses araignées.

Les insecticides vendus contre les araignées sont des produits biocides. Avant l’achat, vérifiez sur l’étiquette que le produit est prévu contre les araignées et pour un usage à l’intérieur. Respectez ensuite ses conditions d’emploi et ses précautions. Santé Canada recommande d’essayer d’abord les moyens sans produit.

Faut-il les garder ?

Quelques-unes, oui. Santé Canada rappelle que la plupart des araignées mangent des insectes : mouches, moustiques et autres. Quelques araignées à la cave aident même à attraper les perce-oreilles et autres petites bêtes.

Pour les autres petites bêtes qui courent dans la maison, voir aussi le cloporte et la scolopendre.

Sources

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