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Le mulot : le reconnaître, le distinguer de la souris et s'en protéger

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En brefLe mulot est un petit rongeur sauvage aux grands yeux, aux grandes oreilles et à la longue queue, au ventre nettement plus clair que le dos. Il mange surtout des graines et peut entrer dans les bâtiments à l'automne. Il n'est pas protégé en France. Le principal hantavirus français est porté par le campagnol roussâtre, mais ses crottes se nettoient avec les mêmes précautions.
Mulot sylvestre vu de face : très grandes oreilles rondes, gros yeux noirs saillants, pelage brun
Photo : Rasbak, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Le mulot est un petit rongeur sauvage, souvent pris pour une souris quand il traverse un abri de jardin ou un garage à l’automne. Il vit d’abord dehors, dans les bois, les haies et les jardins. Deux espèces sont surtout concernées : le mulot sylvestre et le mulot à collier. Bien l’identifier change peu de choses au nettoyage, mais beaucoup au choix des produits.

Comment reconnaître un mulot ?

On le reconnaît à ses grands yeux noirs saillants, à ses grandes oreilles et à sa queue presque aussi longue que le corps. Son dos va du brun sable au brun orangé, et son ventre du blanc au gris. Le parc national de Northumberland, au Royaume-Uni, décrit une limite de couleur nette sur le bas du flanc. Une petite tache jaunâtre se voit souvent entre les pattes avant.

Il sort surtout la nuit et reste discret. Le Cornwall Mammal Group le décrit comme timide, rapide et très bon grimpeur. Le parc de Northumberland note des bonds « comme un kangourou » dans la neige épaisse.

Un mulot gris est souvent un jeune : la Mammal Society britannique indique que les juvéniles ont un pelage plus gris. Le bébé mulot naît nu et aveugle, dans une portée de 4 à 7 petits, et il est sevré vers 18 à 22 jours. La reproduction va de mars à octobre, et peu d’adultes survivent d’un été à l’autre.

Mulot sylvestre et mulot à collier

Le mulot sylvestre (Apodemus sylvaticus) vit dans toute la France métropolitaine, Corse comprise, et rarement au-dessus de 2 000 m, selon la réserve naturelle des marais de Bruges. Il mesure 8 à 10 cm sans la queue et pèse 13 à 27 g, d’après la Mammal Society.

Le mulot à collier (Apodemus flavicollis) est un peu plus grand : 9,5 à 12 cm et 14 à 45 g. Le principal critère est une bande jaunâtre qui forme un collier complet sur la poitrine. Le mulot sylvestre n’a en général qu’une tache allongée. Sans voir le dessous de l’animal, les deux espèces sont difficiles à séparer. Ces mesures viennent d’une source britannique.

Mulot à collier vu de dessus sur le bitume : dos brun orangé, grandes oreilles, gros œil noir, très longue queue
Un mulot à collier, en République tchèque. Sa bande jaune se trouve sous la gorge : vue de dessus, on remarque surtout la longue queue et les grandes oreilles. Photo : Vojtech.dostal, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Mulot ou souris : quelle différence ?

La différence entre le mulot et la souris domestique se voit surtout au contraste du pelage. La souris a une couleur uniforme, alors que le mulot a un dos coloré et un ventre clair. Ses oreilles sont aussi nettement plus grandes et ses yeux plus saillants, d’après la Mammal Society.

Mulot sylvestreSouris domestique
Taille sans la queue8 à 10 cm7 à 9 cm
Pelagedos brun sable à orangégris-brun uniforme
Ventreblanc à gris, limite netteà peine plus clair, sans limite nette
Oreillesgrandesplus petites
Odeur et tracesmoins marquéesodeur plus forte, traces grasses possibles
Lieu de viebois, champs, jardins, dépendancessurtout dans les bâtiments
Crottesproches de celles de la souris, un peu plus grosses3 à 6 mm, comme un grain de riz

Le tableau reprend la Mammal Society, le parc de Northumberland et, pour les crottes du mulot, la réserve des marais de Bruges. Celle-ci juge le mulot « nettement plus grand » qu’une souris, alors que les mesures britanniques se recoupent en partie. Ces dimensions restent indicatives : ni la taille ni les crottes ne suffisent à identifier l’espèce. Notre page crotte de souris aide à comparer les traces.

Souris domestique : petit rongeur gris-brun aux grandes oreilles rondes et au museau pointu
Une souris domestique : pelage gris-brun uniforme, sans ventre nettement plus clair. Photo : Dion Art, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Mulot ou campagnol : la différence en bref

Le campagnol a un museau arrondi, des yeux moins saillants et des oreilles souvent cachées dans le pelage. Sa queue est courte : environ 30 % de la longueur du corps chez le campagnol agreste et 50 % chez le campagnol roussâtre, selon la Mammal Society. Celle du mulot est presque aussi longue que son corps.

Le régime diffère aussi. Le mulot mange surtout des graines, alors que le campagnol agreste mange surtout de l’herbe. Le campagnol terrestre, lui, consomme chaque jour l’équivalent de son poids en racines, selon la FREDON Auvergne.

Campagnol roussâtre sur des feuilles mortes : corps trapu, dos roux, petites oreilles, petits yeux, queue courte
Un campagnol roussâtre : petites oreilles, petit œil et queue courte, à comparer au mulot. Photo : Evan James Shymko, CC BY 3.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Les noms se mélangent parfois. Une fiche de la Ville de Luxembourg (2010) appelle « mulot » l’animal qui ronge les racines et laisse des monticules plats. La FREDON décrit ce tableau chez le campagnol terrestre. Si des racines sont sectionnées sous de petits tas de terre, cherchez donc plutôt un campagnol.

Où vit le mulot et que mange-t-il ?

Le mulot vit surtout dans les bois et les champs, mais il s’adapte à de nombreux milieux. La réserve des marais de Bruges le signale près des habitations, dès qu’il y a des herbes et des buissons. Selon la Mammal Society, il creuse des terriers avec une chambre de nid et des réserves. Le Cornwall Mammal Group ajoute qu’il occupe aussi des cavités existantes, comme des nichoirs.

Son menu change avec les saisons. La Mammal Society cite des graines d’arbres en hiver, des bourgeons au printemps, des chenilles et des vers au début de l’été, puis des mûres et des champignons à l’automne. La SFEPM, société française de mammalogie, le décrit comme insectivore et granivore. Des glands rongés à une extrémité, avec un sillon clair sur la coque, peuvent trahir sa présence, indique la réserve de Bruges.

Il sert aussi de proie aux renards, aux belettes, aux rapaces nocturnes et à la genette, selon la même réserve.

Quels dégâts au jardin ?

Les mulots s’en prennent surtout à ce qui vient d’être semé ou planté. La Société royale d’horticulture britannique (RHS) traite ensemble les mulots et les campagnols, sans toujours les séparer. Elle cite :

  • les semis de pois, de haricots et de maïs doux, avec des restes éparpillés en surface ;
  • les bulbes de crocus et de tulipes, surtout la première année, avec des trous là où ils ont été déterrés ;
  • les fraises, mordues avant maturité, et les pommes, y compris au stockage ;
  • l’écorce des arbres et des arbustes, surtout en hiver.

Un indice caractéristique est une double rainure laissée par les incisives sur une tige, un bulbe ou une pomme. Par temps froid, ajoute la RHS, les mulots entrent dans les serres et les châssis, où ils peuvent détruire de nombreux semis en une nuit.

Pour protéger ces cultures, la RHS privilégie les barrières et le stockage en contenant fermé. La Ville de Luxembourg conseille un grillage à mailles hexagonales posé à la plantation. Pour un jeune arbre, la RHS cite les spirales de protection autour du tronc. Les plantes odorantes parfois conseillées, comme la fritillaire impériale ou l’ail, ne reposent sur aucune mesure que nous ayons trouvée.

Pourquoi le mulot entre-t-il dans la maison à l’automne ?

Le mulot et la souris se retrouvent à l’intérieur surtout en automne et en hiver, selon le parc de Northumberland. La souris occupe plutôt le logement, et le mulot plutôt les dépendances et les abris de jardin. Le mulot à collier fait aussi parfois son nid dans une maison, indique la Mammal Society. Ces observations sont britanniques, mais un dépliant du ministère de la Santé (2010) évoque lui aussi les « campagnols et mulots » qui entrent dans les maisons.

Où se cache un mulot dans une maison ?

Ses habitudes donnent les meilleurs indices : il grimpe bien, fait des réserves et niche à l’abri. Regardez donc d’abord dans les dépendances, puis dans les endroits calmes où traînent des graines, des fruits ou des croquettes. Le parc de Northumberland évoque des centaines de noisettes stockées près d’un nid.

Mulots et souris entrent par de petits trous dans les murs, sous les portes ou par le toit, d’après la même source. Si vous l’entendez la nuit sans le voir, notre page bruits dans les murs ou le grenier aide à écarter le lérot, la fouine ou le rat.

Comment l’empêcher d’entrer ?

Les consignes officielles visent les rongeurs en général. Le document français de 2022 sur les hantavirus demande de boucher les ouvertures, d’enfermer les aliments et de supprimer les abris. Santé Canada détaille des gestes pratiques, à adapter à votre logement :

  1. Sous les portes, posez un coupe-froid en métal, car même un seuil usé laisse passer une souris.
  2. Autour des tuyaux, remplissez les trous de laine d’acier, puis recouvrez de calfeutrage ou de plâtre.
  3. Sur les aérations du grenier et du sèche-linge, placez un grillage métallique fin.
  4. Dehors, surélevez le bois de chauffage d’environ 30 cm et éloignez-le de la maison. Coupez aussi les hautes herbes près des murs.
  5. Dans la cuisine et le garage, rangez les graines et les croquettes dans du métal ou du verre.

Notre page répulsif souris indique ce qu’on peut attendre des odeurs et des ultrasons.

Le mulot est-il dangereux pour l’humain ?

Nous n’avons trouvé aucune source qui signale des attaques de mulot. Le risque vient surtout de ses déjections et du contact direct, comme pour d’autres rongeurs sauvages. Santé publique France recommande de porter des gants pour éviter tout contact avec les rongeurs, vivants ou morts, et avec leurs nids.

Le hantavirus : plutôt le campagnol roussâtre

En France, le hantavirus principal est le virus Puumala. Le document de mars 2022 de la Direction générale de la Santé et du centre de référence de l’Institut Pasteur donne le campagnol roussâtre comme hôte naturel. Le mulot n’y est pas cité. Le rat brun et le campagnol des champs portent d’autres hantavirus, responsables de rares cas.

Le mulot à collier est le réservoir d’un autre virus, Dobrava. L’Institut Pasteur précise que ce virus n’a jamais été détecté en France chez l’animal, ni chez l’homme hors cas importés. Un dépliant de juin 2010 citait « le campagnol roussâtre et accessoirement le mulot à collier ». Cette mention ancienne ne figure ni dans le document de 2022 ni sur la page de l’Institut Pasteur. Santé publique France parle en août 2026 « essentiellement des campagnols ».

La contamination se fait surtout en respirant des poussières souillées par les excréments d’animaux infectés. Santé publique France compte environ 100 cas en moyenne en métropole, surtout dans le quart nord-est. Le document de 2022 cite les Ardennes, l’Aisne, le Nord, l’Oise, le Jura et le Doubs.

Ce même document invite à consulter un médecin en cas de fièvre, avec ou sans maux de tête ou douleurs musculaires. Cela vaut dans les deux mois suivant un nettoyage de local fermé ou un travail en forêt. Signalez-lui cette activité. En cas de signes graves, appelez le 15.

Les tiques et les autres microbes

Une présentation de la vétérinaire Florence Ayral (avril 2022) cite le mulot sylvestre parmi les rongeurs étudiés pour la maladie de Lyme, transmise par les tiques. Pour ce risque, la leptospirose et les autres microbes, nous n’avons pas trouvé de donnée officielle française propre au mulot.

Comment nettoyer ses crottes sans risque ?

Comme on ne sait pas toujours quel rongeur a laissé les crottes, appliquez les mêmes précautions partout, surtout dans le quart nord-est et près d’une forêt. Santé publique France et le document de 2022 demandent :

  • d’aérer avant et pendant le nettoyage ;
  • d’humidifier à l’eau ou au désinfectant, sans jet à haute pression ;
  • de porter un masque FFP2 dans un local longtemps fermé, et des gants étanches pour tout contact ;
  • de jeter les cadavres dans un sac hermétique, puis de se laver les mains.

Pour un local poussiéreux, les textes français demandent d’aérer, d’asperger le sol, puis de préférer un aspirateur en bon état au balai. Le but est de ne pas remettre la poussière en suspension.

Pour quelques crottes isolées, on peut simplement les humidifier et les ramasser avec du papier. C’est la méthode de l’Agence de la santé publique du Canada, écrite pour un autre virus (Seoul) : elle demande de laisser tremper 5 minutes et de ne pas aspirer. Dans tous les cas, ne balayez pas à sec. Le pas à pas se trouve sur notre page crotte de souris.

Que faire contre un mulot ?

Les pièges d’abord

Dans une maison ou un abri, la tapette reste le moyen le plus simple, car on voit ce qu’on a pris. Le dépliant de 2010 du ministère de la Santé cite les tapettes classiques appâtées avec un morceau de carotte. Le choix et la pose sont détaillés sur notre page piège à souris.

Un piège posé dehors ne trie pas les espèces, et certains petits rongeurs sauvages sont protégés. Posez-le plutôt à l’intérieur, hors de portée des enfants et des animaux, et vérifiez-le chaque jour. Au jardin, la RHS rappelle que toute méthode de lutte revient à tuer l’animal, et propose d’abord la tolérance ou les barrières.

Les raticides : vérifiez l’étiquette

Un raticide n’est pas forcément autorisé contre le mulot. L’autorisation d’un produit grand public délivrée par l’Anses en septembre 2025 vise la seule souris domestique, en intérieur, dans des postes d’appâtage sécurisés. Le mulot n’y figure pas. Chaque produit a sa propre décision : lisez l’étiquette avant tout achat.

Le dépliant de 2010 décrivait des tas de poison le long des murs, ce qui ne correspond plus à cette autorisation. L’Anses y signale des effets possibles sur les autres animaux, et demande de retirer les cadavres pour limiter l’empoisonnement secondaire. Comme le mulot sert de proie à des carnivores et à des rapaces, le poison au jardin les expose eux aussi. Les règles et les risques figurent sur notre page raticide.

Si une personne a pu avaler un appât, appelez le 15 ou le 112 en cas de symptômes, sinon un centre antipoison ou un médecin. Pour un animal, contactez un vétérinaire.

Le mulot est-il protégé ?

Non. Ni le mulot sylvestre ni le mulot à collier ne figurent dans l’arrêté du 23 avril 2007 sur les mammifères protégés. Nous l’avons lu dans sa version en vigueur au 1er novembre 2026. Ils ne figurent pas non plus à l’annexe A de l’arrêté du 16 avril 2020 sur les organismes nuisibles, qui cite trois campagnols. L’arrêté du 14 mai 2014 sur les campagnols ne vise le mulot sylvestre que lorsqu’il se trouve en mélange avec l’une de ces trois espèces.

Cela ne rend pas toutes les méthodes permises : chaque produit garde ses propres conditions d’emploi. L’arrêté de 2007 protège aussi d’autres petits rongeurs, comme le muscardin et le campagnol amphibie. Des règles locales peuvent aussi exister : votre mairie ou la FREDON de votre région peut vous les indiquer.

Les erreurs à éviter

  • Balayer à sec des crottes dans un local fermé, ce qui soulève la poussière.
  • Accuser le mulot de racines sectionnées : c’est souvent un campagnol.
  • Laisser l’entrée ouverte après une capture : un autre rongeur peut prendre la place.
  • Répandre du poison au jardin ou dans un abri ouvert.

Sources

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