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Chenille processionnaire et chien : les symptômes, les bons gestes, l'urgence vétérinaire

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En brefUn chien qui a reniflé, léché ou mordu une chenille processionnaire doit voir un vétérinaire en urgence. Les signes apparaissent dans les 2 heures : bave soudaine, vomissements, langue ou babines gonflées. La langue peut noircir en 24 à 48 heures et se nécroser. Appelez-le tout de suite et, en parallèle, avec des gants, rincez-lui la bouche à l'eau froide 10 à 15 minutes, comme le conseille l'Observatoire des chenilles processionnaires.
Un beagle en harnais renifle l'herbe, la truffe au ras du sol
Photo : Slyronit, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Un chien qui a approché une chenille processionnaire doit être vu par un vétérinaire sans attendre. Il suffit qu’il renifle une procession, lèche une chenille ou en prenne une dans la gueule. Les poils peuvent aussi être portés par le vent ou rester accrochés au pelage : pas besoin d’avoir vu une chenille pour soupçonner un contact. Les premiers signes arrivent vite, et la langue peut être gravement atteinte en un ou deux jours.

Votre chien bave d’un coup, vomit ou a la langue qui gonfle après une promenade ? Appelez tout de suite votre vétérinaire, une clinique de garde ou le 3115, numéro des urgences vétérinaires cité par l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes. Ne retardez pas le départ chez le vétérinaire pour attendre un conseil. Pour un avis toxicologique, un centre antipoison vétérinaire peut aussi vous répondre : le CNITV au 04 78 87 10 40 ou le CAPAE-Ouest au 02 40 68 77 40. L’ARS Île-de-France les indique joignables 7 jours sur 7, de 8 h 30 à minuit.

Pourquoi le chien est-il si exposé ?

L’Anses le résume : les animaux ont « la truffe au ras du sol ». Les chiens peuvent avoir des poils urticants sur le pelage, et même prendre une chenille dans la gueule.

L’Observatoire des chenilles processionnaires, piloté par FREDON France, ajoute un trait de comportement. Le déplacement en file indienne des chenilles attire les chiens et les chats, qui veulent les lécher et les attraper. Les chiens sont plus souvent touchés que les chats.

Amas de chenilles processionnaires du pin dans l'herbe, entourées de fils de soie, au ras du sol
Des chenilles processionnaires du pin regroupées dans l'herbe, à hauteur de truffe. Photo : Nur Çağlar, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Le danger ne vient pas seulement des chenilles vivantes. Les poils urticants restent dans les nids, même vides, et le vent les disperse, rappelle l’Anses. Un chien peut donc être touché sans avoir vu de chenille.

Les symptômes chez le chien

La page de l’Observatoire consacrée aux animaux a été écrite avec la Société nationale des groupements techniques vétérinaires (SNGTV) et l’Association française des vétérinaires pour animaux de compagnie (AFVAC). Elle décrit ces signes.

Le temps de réaction : moins de 2 heures

Les premiers signes apparaissent dans les 2 heures après le contact avec les poils, selon l’Observatoire. Le chien se met à baver brusquement, à vomir et à se gratter la face. Pour l’Anses, une salivation importante est le signal qui doit alerter.

La langue : gonflée, puis noire

Les lésions touchent surtout la bouche, la face et les yeux. La langue ou les babines gonflent, parfois au point que la langue sort de la bouche. Elle est d’abord rouge, puis peut devenir noire en 24 à 48 heures : c’est la nécrose, la mort des tissus. La partie nécrosée peut tomber.

Le guide de l’INRA cite la nécrose de la langue comme le symptôme le plus souvent rapporté chez les animaux. Il mentionne aussi le gonflement des babines et les vomissements. L’ARS Nouvelle-Aquitaine note qu’une langue enflammée peut empêcher l’animal de manger ou de boire.

Les yeux et la respiration

Des poils dans les yeux provoquent une inflammation très douloureuse, avec des lésions parfois graves à l’intérieur de l’œil. Plus rarement, le chien inhale des poils : il peut alors avoir du mal à respirer, voire faire un choc. L’Observatoire précise que le pronostic vital peut être engagé.

Il n’y a pas à proprement parler de piqûre : ce sont les poils, chargés d’une protéine irritante, qui se plantent dans la peau et les muqueuses.

Que faire tout de suite ?

C’est une urgence vétérinaire. Voici les gestes que donne l’Observatoire des chenilles processionnaires, cités mot pour mot :

« D’abord, mettre des gants avant de toucher la bouche de votre chien car vous risquez également de présenter des signes cliniques parfois graves. Lui rincer abondamment la bouche avec de l’eau froide (compter 10 à 15 minutes de rinçage). Contacter le plus rapidement possible un vétérinaire […] et le pronostic vital peut être engagé. »

Le rinçage ne remplace pas le vétérinaire : appelez-le en même temps, et ne retardez pas le départ en clinique.

L’ARS Nouvelle-Aquitaine donne une consigne proche pour tout animal exposé : porter « gants, lunettes et masque » pour le manipuler, « éviter de le frotter », le « laver à grande eau » et consulter un vétérinaire.

Si vous le pouvez, prenez une photo de la chenille ou du nid, sans vous en approcher : l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes conseille de photographier les chenilles pour faciliter leur identification.

Les gestes à éviter

  • Ne touchez pas sa gueule ni son pelage à mains nues : les poils passent sur votre peau.
  • Ne frottez pas sa truffe, sa langue ni ses yeux, comme le rappelle l’ARS Nouvelle-Aquitaine. Chez l’homme, l’Anses explique que frotter casse les poils invisibles.
  • Ne caressez pas sa fourrure pendant ou au retour d’une promenade dans une zone infestée, conseille l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes.
  • N’attendez pas de voir si les symptômes passent : la langue peut noircir en 24 à 48 heures.

Des remèdes maison circulent sur internet, comme le bicarbonate. Aucune des sources officielles consultées ne les recommande au propriétaire. N’appliquez aucun produit sans l’avis du vétérinaire, et ne retardez pas la consultation pour les essayer.

Ce que fera le vétérinaire

D’après l’Observatoire, le vétérinaire traite les symptômes selon leur gravité. Il lutte contre l’inflammation, la douleur et les infections qui peuvent s’ajouter aux lésions. Dans les cas graves, le chien est hospitalisé pour des soins de réanimation.

Si une trop grande partie de la langue est nécrosée, une amputation partielle de la langue peut être nécessaire. Un chien peut aussi en mourir, car le pronostic vital peut être engagé : c’est pour cela que l’Observatoire demande de contacter un vétérinaire le plus rapidement possible.

Et le chat ?

Le chat qui sort est exposé lui aussi, surtout s’il joue avec une chenille. L’Observatoire note qu’il est moins souvent touché que le chien. L’ARS Île-de-France cite les chats parmi les animaux qui peuvent avoir des symptômes. Les signes à guetter sont les mêmes : bave, langue ou babines gonflées, yeux irrités. La conduite à tenir aussi : manipulez-le avec des gants et appelez un vétérinaire ou un centre antipoison vétérinaire.

Et le cheval ?

Les cas chez les chevaux sont « extrêmement rares », selon les données du CNITV reprises par l’Observatoire. Ils surviennent surtout près des pins, parfois des cèdres ou des chênes. Le cheval broute une herbe où une procession est passée, ou inhale des poils portés par le vent.

Les signes : il bave beaucoup et se gratte en quelques heures, sa langue, sa tête, voire son cou gonflent. Les yeux peuvent être gravement irrités. L’Observatoire, avec les vétérinaires de la SNGTV, indique de mettre des gants et d’enlever les poils des yeux, du nez et de la bouche. Il faut ensuite rincer abondamment à l’eau claire ou au sérum physiologique. Ensuite, appelez le vétérinaire.

Quand le risque est-il le plus fort ?

Processionnaire du pinProcessionnaire du chêne
Oùpins, parfois cèdreschênes
Période à risque (Anses)janvier à mai, pic en marsavril à août, pic en juin
Ce que le chien rencontreprocessions au sol, sur les chemins et les pelouseschenilles sur le tronc, poils tombés au pied de l’arbre

Ces périodes varient avec le climat. Dans les régions au climat océanique, le recueil de l’Observatoire signale des processions de chenilles du pin dès octobre. Et les nids, même vides, restent dangereux toute l’année. Pour reconnaître les deux espèces, voir nos pages chenille processionnaire du pin et processionnaire du chêne.

Protéger son chien en promenade

  • Pendant la période à risque, gardez-le en laisse sous les pins et les chênes, et évitez les parcs où des arbres sont atteints, comme le conseille l’Anses.
  • Repérez les nids blancs au bout des branches de pin : ils signalent un secteur à éviter.
  • Au retour, ne lui caressez pas le pelage à mains nues si vous avez traversé une zone infestée.
  • Au jardin, faites retirer les nids par un professionnel et posez un piège autour du tronc des pins atteints, avant les processions. Voir nos pages nid de chenille processionnaire et piège à chenille processionnaire.

L’ARS Île-de-France invite aussi à signaler les chenilles, ou des symptômes chez un animal, sur la plateforme nationale de signalement des chenilles processionnaires.

Sources

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