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Nid de chenille processionnaire : le reconnaître, ne pas y toucher, le faire enlever

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En brefLe nid de chenille processionnaire du pin est une poche de soie blanche au bout des branches, bien visible en hiver. Celui du chêne est un amas compact plaqué sur le tronc. Même vide, un nid reste urticant pendant des années : n'y touchez pas. Son retrait se confie à un professionnel équipé. Selon l'arrêté préfectoral de votre département, l'occupant ou le propriétaire peut être tenu d'agir. Signalez-le sur la plateforme nationale.
Plusieurs nids blancs de chenilles processionnaires au bout des branches, en haut d'un pin, sur fond de ciel bleu
Photo : Mangatome, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Un nid de chenille processionnaire, c’est souvent une boule de soie blanche au bout des branches d’un pin, repérée en hiver depuis le jardin ou la rue. Ne le touchez pas, ne le faites pas tomber et ne le brûlez pas vous-même : même vide, il est plein de poils urticants. Son retrait est un travail de professionnel, et la mairie ou la plateforme nationale de signalement peuvent vous orienter.

Comment reconnaître un nid de processionnaire du pin

Gros plan d'un nid de processionnaire du pin : soie blanche cotonneuse tissée entre les aiguilles et les pommes de pin
Un nid d'hiver de processionnaire du pin, entre les aiguilles et les pommes de pin : soie blanche, aspect cotonneux. Photo : Mangatome, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Le nid d’hiver est une poche de soie blanche, ovale, tissée à l’extrémité des branches de pin, parfois de cèdre. L’ARS Auvergne-Rhône-Alpes lui trouve une « apparence cotonneuse ». Les chenilles le tissent dès les premiers froids, d’après le guide de l’INRA, et il leur sert de « radiateur solaire » pendant l’hiver.

Avant ce nid d’hiver, les jeunes chenilles construisent des pré-nids, plus légers. Le recueil de l’Observatoire des chenilles processionnaires, piloté par FREDON France, précise que les tout jeunes stades ne sont pas encore urticants. Les poils apparaissent au troisième stade : un pré-nid n’est donc pas sans danger si les chenilles ont grandi.

Le nid reste habité jusqu’aux processions. De janvier à mai selon les climats, et dès l’automne dans certaines régions de l’Ouest, les chenilles le quittent en file indienne pour s’enterrer au pied de l’arbre. L’insecte et son cycle sont détaillés sur notre page chenille processionnaire du pin.

Et celui de la processionnaire du chêne ?

Nid de processionnaire du chêne plaqué sur le tronc couvert de mousse : amas de soie grise et de chenilles poilues
Un nid de processionnaire du chêne plaqué contre le tronc : un amas de soie, de mues et de chenilles, sans forme de poche. Photo : Falko Seyffarth (« FWHS »), CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Il ne ressemble pas du tout à celui du pin. L’ARS Auvergne-Rhône-Alpes décrit des nids compacts, sans apparence cotonneuse. Ils sont plaqués sur le tronc ou sur les grosses branches, pas suspendus au bout des rameaux.

D’après le recueil de l’Observatoire, les chenilles construisent entre juin et juillet une « plaque de nymphose » faite de soie et de vieilles peaux de mue. Elle peut mesurer jusqu’à un mètre de long. Les chenilles s’y transforment en papillons, qui en sortent de mi-juillet à fin août. Pour cette espèce, voir processionnaire du chêne.

Pourquoi il ne faut pas toucher un nid, même vide

Les poils urticants se détachent des chenilles et s’accumulent dans le nid. L’Anses parle d’une « grande concentration » de poils dans les nids vides. Le guide de l’INRA ajoute qu’ils y restent même après plusieurs années, et l’ARS Nouvelle-Aquitaine fait le même constat. Avec le temps, le nid se défait et le vent emporte ces poils, rappelle l’Anses.

Concrètement :

  • ne touchez pas le nid et ne cherchez pas à le faire tomber ;
  • ne tondez pas et ne faites pas sécher de linge sous un arbre porteur de nids, comme le recommande l’Anses ;
  • tenez les enfants et les animaux à l’écart, surtout les chiens : voir chenille processionnaire et chien.

Un nid tombé au sol

Si un nid tombe au sol, ne le ramassez pas et ne le balayez pas. Éloignez enfants et animaux, puis faites appel à un professionnel. Pour décontaminer un sol en dur, les professionnels utilisent un désherbeur thermique ou un aspirateur à filtre HEPA, qui retient les poils. Le recueil de l’Observatoire rappelle que le désherbeur n’est permis que si la réglementation incendie l’autorise.

Qui peut enlever un nid de chenille processionnaire ?

L’Anses et l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes donnent la même consigne : ne retirez pas le nid vous-même, faites appel à des professionnels équipés : une entreprise spécialisée dans la lutte contre les chenilles processionnaires, ou un élagueur formé à l’échenillage. Votre mairie ou la FREDON de votre région peuvent vous orienter.

Comment se passe l’échenillage

Pour le pin, l’échenillage consiste à couper les branches qui portent les nids. On utilise un sécateur, un échenilloir (des cisailles au bout d’une perche) ou une nacelle si le nid est haut. Le recueil de l’Observatoire précise qu’on intervient de préférence après une nuit fraîche, quand les chenilles sont dans le nid. Les nids vides sont retirés aussi.

Pour le chêne, le nid est décroché du tronc ou aspiré avec un appareil muni d’un filtre HEPA. L’Observatoire conseille de mouiller d’abord le nid à l’eau savonneuse pour éviter que les poils ne s’envolent.

À quelle période

La charte de la FREDON Centre-Val de Loire fixe ces périodes. Ailleurs, le calendrier peut varier avec le climat et le cycle local des chenilles :

Processionnaire du pinProcessionnaire du chêne
Échenillagenovembre à marsmai à juin
Aspiration des nidsmai à août

Ces mois valent pour le Centre-Val de Loire ; ils se décalent avec le climat de votre région. Pour le pin, le guide de l’INRA situe le retrait des nids entre leur apparition et le début des processions.

Ce que doit faire le professionnel

L’intervenant porte une combinaison, des gants étanches, des lunettes, des chaussures montantes et un masque ventilé, selon la charte de la FREDON Centre-Val de Loire. Il éloigne le public et les animaux, et balise la zone si besoin. Les nids sont ensuite enfermés dans des contenants hermétiques et incinérés.

En Centre-Val de Loire, la FREDON publie avec l’ARS la liste des entreprises qui ont signé cette charte. Elles s’y engagent notamment à détenir un certificat pour les produits biocides, à être formées à la biologie des processionnaires et à être assurées. Dans les autres régions, demandez à votre mairie ou à la FREDON de votre région si une liste comparable existe.

Brûler le nid soi-même ?

Non. Le recueil de l’Observatoire déconseille de brûler un nid directement sur l’arbre : le feu abîme l’arbre, risque de déclencher un incendie et fait voler les poils. La soie du nid résiste d’ailleurs bien à l’eau et au feu, note le guide de l’INRA, au point que des chenilles peuvent survivre à un traitement raté.

Combien coûte le retrait d’un nid ?

Aucune source officielle consultée ne donne de tarif d’échenillage. Le prix dépend de la hauteur des nids, du nombre d’arbres et du matériel nécessaire, une nacelle par exemple. Demandez plusieurs devis.

Pour limiter le retour des chenilles l’année suivante, un piège à collier coûtait de 35,80 € à 81,60 € TTC en 2025, selon la taille du tronc. C’est le tarif de la FREDON Centre-Val de Loire. Voir notre page piège à chenille processionnaire.

Êtes-vous obligé de faire enlever le nid ?

Depuis le décret du 25 avril 2022, les processionnaires du pin et du chêne figurent parmi les espèces dont la prolifération est nuisible à la santé humaine. Le préfet de chaque département fixe par arrêté les mesures à prendre, après avis de l’ARS. L’article R1338-5 du code de la santé publique oblige ensuite le propriétaire, le locataire, l’exploitant ou l’occupant d’un terrain à appliquer ces mesures, dans le délai fixé par l’arrêté. Il n’existe donc pas une obligation identique dans tous les départements : tout dépend de l’arrêté local.

L’Observatoire des chenilles processionnaires recense les arrêtés pris par département. Leur contenu varie. À titre d’exemple, celui de l’Isère, du 16 janvier 2026, prévoit pour une maison individuelle hors forêt :

  • une ou plusieurs actions de lutte dans un délai d’un mois après la découverte des nids, aux frais de l’occupant, ou à défaut du propriétaire ;
  • l’information des voisins dont le terrain se trouve à moins de 20 mètres des arbres atteints ;
  • une intervention du maire en cas d’inaction malgré ses demandes, avec une contravention à la clé.

Ces règles valent pour l’Isère : elles ne s’appliquent pas telles quelles aux autres départements.

Le même arrêté rappelle que l’éradication de ces chenilles n’est pas recherchée : il s’agit de limiter les risques là où vivent des gens. Pour savoir ce qui s’applique chez vous, consultez l’arrêté de votre préfecture ou demandez à votre mairie.

Signaler un nid de chenille processionnaire

Une plateforme nationale de signalement a été déployée en février 2025 par FREDON France : signalement-chenilles-processionnaires.atlasante.fr. Chacun peut y déclarer la présence de chenilles ou de nids, en la plaçant sur une carte, et signaler des symptômes après un contact. L’ARS Auvergne-Rhône-Alpes conseille de joindre une photo pour faciliter l’identification.

Un signalement n’entraîne pas automatiquement la destruction du nid, précise l’Observatoire. Un référent local, désigné par la commune quand il existe, évalue le risque. Il peut juger qu’une destruction est nécessaire, privilégier la prévention ou décider de ne pas intervenir.

Sources

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