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Piège à chenille processionnaire : collier, phéromones, nichoirs, quand et comment les poser

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En brefLe piège à chenille processionnaire le plus courant est un collier posé autour du tronc du pin : il arrête les chenilles qui descendent et les guide dans un sac. Il se pose avant les processions, dès l'automne dans l'Ouest. Sur l'arbre équipé, il piège 96,5 à 99,8 % des chenilles, sans protéger tout le jardin. Le piège à phéromones vise les papillons, les nichoirs les mésanges. Le collier est inutile contre la processionnaire du chêne.
Piège à collier autour du tronc d'un pin : une collerette métallique fait le tour du tronc et un tube mène les chenilles dans un sac fermé
Photo : Rémih, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Un piège à chenille processionnaire n’est efficace que s’il est posé au bon moment du cycle. Le collier posé autour du tronc attrape les chenilles du pin quand elles descendent au sol, en fin d’hiver. Le piège à phéromones capture les papillons mâles en été. Les nichoirs, eux, attirent les mésanges qui mangent les chenilles toute l’année.

Ces trois moyens ne concernent que la processionnaire du pin. Contre celle du chêne, qui ne descend pas en procession, le collier est inutile, et l’Observatoire des chenilles processionnaires juge le piège à phéromones peu performant. Pour elle, voir notre page processionnaire du chêne.

Quel piège choisir, et à quel moment ?

PiègeCe qu’il captureQuand le poserEfficacité selon les études citées
Collier autour du tronc (souvent appelé écopiège)les chenilles qui descendent de l’arbreavant les premières processions : d’octobre à décembre en Centre-Val de Loire96,5 % à 99,8 % des chenilles de l’arbre équipé
Piège à phéromonesles papillons mâlesavant le vol des papillons, au printemps ou en été selon la régionvariable selon le modèle et la hauteur de pose
Nichoir à mésangesrien directement : les mésanges mangent œufs et chenillesen automne, avant la nidificationbaisse des populations constatée sur 8 à 10 ans d’études

Les périodes de pose viennent de la charte de la FREDON Centre-Val de Loire et du recueil de l’Observatoire des chenilles processionnaires, piloté par FREDON France. Les chiffres d’efficacité viennent des études citées dans ce recueil.

Les chercheurs de l’INRA conseillent de combiner les méthodes. Leur guide cite un enchaînement possible : nichoirs installés sur le terrain, nids coupés en hiver, pièges à chenilles au début du printemps, pièges à phéromones au début de l’été.

Le piège à collier : arrêter les chenilles qui descendent

Comment il fonctionne

De janvier à mai selon les climats, les chenilles du pin quittent le nid et descendent le long du tronc pour s’enterrer. Le collier, une collerette qui fait le tour du tronc, les arrête. Elles suivent alors un tube qui les conduit dans un sac rempli de terre, où elles s’enterrent sans pouvoir en sortir.

L’Anses décrit ce collier « en forme de gouttière » qui renvoie les chenilles vers un sac fermé. Le recueil de l’Observatoire y voit deux bénéfices : moins de papillons l’année suivante, et moins de chenilles au sol, là où enfants et chiens les rencontrent.

Quand le poser selon votre région

Le collier doit être en place avant la première descente. Le recueil de l’Observatoire donne les grandes tendances :

  • dans les régions au climat océanique, des processions peuvent avoir lieu dès la mi-octobre ou la fin octobre, jusqu’en décembre, puis de nouveau de février à début mai ;
  • ailleurs, les descentes se font de janvier à mai, selon le climat et l’altitude.

La FREDON Centre-Val de Loire indique ainsi de poser le collier d’octobre à décembre, avant que les processions ne commencent. Les dates changent d’une année à l’autre avec la météo : un collier posé trop tard laisse passer les premières chenilles.

Bien l’installer

Le recueil de l’Observatoire et l’INRAE donnent ces consignes :

  1. Un piège par arbre porteur de nids, posé assez haut pour rester hors de portée des enfants et des animaux, à la hauteur indiquée par la notice.
  2. Placez le tube de descente côté sud de préférence.
  3. Ajustez le collier au tronc et bouchez tous les interstices avec du mastic ou la pâte fournie. L’INRAE prévient que les chenilles se faufilent dans les interstices laissés ouverts. Une rehausse de la collerette peut être nécessaire pour qu’elles ne passent pas par-dessus.
  4. Remplissez le sac de terre meuble aux deux tiers, sans enterrer le bout du tube.
  5. Au-delà de 10 nids sur l’arbre, prévoyez deux sacs.
  6. Si le piège ne porte pas d’avertissement, affichez-en un.

Quelle taille, quel prix ?

Le collier se choisit d’après le tour du tronc. À titre d’exemple, la FREDON Centre-Val de Loire vendait en 2025 des colliers pour des troncs de 94 cm à 392 cm de circonférence. Les prix allaient de 35,80 € à 81,60 € TTC selon la taille, hors frais de port, et 7 € le sac de rechange. La charte de cette FREDON insiste sur le choix de la bonne taille, pour éviter que le piège ne sature.

Le collier se réutilise d’une année à l’autre, seul le sac se change, selon l’INRAE.

Son efficacité réelle

Sur l’arbre équipé, le résultat est bon. Le recueil de l’Observatoire cite deux études : une étude a piégé 99,6 % à 99,8 % des chenilles en procession (Colacci et al., 2017), et l’INRA a mesuré une efficacité de 96,5 % (Martin et al., 2012). Ces chiffres valent pour l’arbre équipé : ils ne protègent pas tout le jardin, car des chenilles peuvent venir des arbres voisins, et un collier mal ajusté en laisse passer.

Les limites sont surtout pratiques. Il faut équiper chaque arbre porteur de nids, ce qui exclut les forêts. Un colmatage mal fait laisse passer des chenilles. Le sac peut être percé par un animal ou par un enfant, et prendre l’eau en cas de fortes pluies. Enfin, l’Observatoire rappelle qu’un terrain traité peut toujours être recolonisé depuis les arbres des alentours.

Peut-on fabriquer un piège à chenille processionnaire maison ?

Aucune des sources officielles consultées n’évalue de piège fait maison. Elles décrivent seulement ce qu’un piège à collier doit réussir : une collerette étanche tout autour du tronc, un passage unique vers un sac de terre fermé, une pose hors de portée des enfants. Un montage qui laisse un seul jour entre l’écorce et la collerette laisse passer des chenilles.

La bande collante enroulée autour du tronc est à éviter. Selon le recueil de l’Observatoire, une étude a montré qu’elle laissait passer environ 70 % des chenilles. Son retrait expose en plus à beaucoup de poils urticants.

Comment vider le sac du piège ?

On ne vide pas le sac. Le recueil de l’Observatoire est clair : son contenu est dangereux. La marche à suivre qu’il décrit :

  1. Attendez un mois après les dernières descentes de chenilles.
  2. Mettez des gants, un masque et des lunettes : la gouttière et le sac sont couverts de poils urticants, rappelle l’INRA.
  3. Retirez le sac fermé, sans jamais l’ouvrir, en suivant la notice du piège.
  4. Emballez-le dans un second sac et jetez-le avec les ordures ménagères, ou selon les consignes de votre commune.
  5. Rincez le tronc et le collier, puis rangez le collier ou remettez un sac neuf pour l’année suivante.

Le piège à phéromones : capturer les papillons en été

Piège à phéromones contre la processionnaire du pin accroché à une branche : boîte brune et sac collecteur en plastique
Un piège à phéromones accroché dans un pin : le diffuseur attire les papillons mâles, qui tombent dans le sac collecteur. Photo : Cherubino, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

La femelle du papillon attire les mâles par une odeur, une phéromone. Le piège contient une copie de synthèse de cette odeur et capture les mâles. Moins d’accouplements, c’est moins de pontes, et donc moins de nids l’hiver suivant.

Quand et comment le poser

Il doit être en place avant le début du vol des papillons. Ce vol commence plus ou moins tôt selon le climat : l’INRA situe la sortie des papillons de juin, parfois mi-avril, jusqu’en octobre. La FREDON Centre-Val de Loire indique une pose de mi-mai à mi-août. L’ARS Auvergne-Rhône-Alpes cite des pièges posés en août et en septembre par une entreprise habilitée.

Pour la pose, l’Observatoire et l’INRAE recommandent :

  • de l’accrocher en hauteur : à 5 mètres, il capture 2 à 3 fois plus qu’à 1,50 mètre ;
  • en lisière ou en terrain dégagé, pas au cœur d’un feuillage épais ;
  • un piège tous les 25 mètres le long d’une rangée d’arbres, ou 6 pièges par hectare pour un petit bois de résineux ;
  • de changer la phéromone chaque année ; le diffuseur agit 3 à 4 mois ;
  • de le démonter et de le vider seulement un peu après la fin du vol.

Les papillons ne sont pas urticants : ce piège-là se manipule sans risque particulier, note l’Observatoire.

Ses limites

Il ne capture que des mâles et ne touche pas les chenilles déjà présentes. Son efficacité varie selon le modèle : plaques engluées vite saturées, papillons qui s’échappent de certains entonnoirs, fourmis qui attaquent les sacs, liquide à remettre chaque mois dans d’autres. Il ne suffit pas seul : l’INRA le conseille en complément du collier.

Les nichoirs à mésanges

Mésange charbonnière tenant une chenille dans le bec, à l'entrée d'un nichoir accroché à un tronc
Une mésange charbonnière, une chenille dans le bec, à l'entrée de son nichoir. Photo : Marie-Lan Taÿ Pamart, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

La mésange charbonnière mange les œufs et les chenilles de processionnaire, surtout les grosses chenilles quand elle nourrit ses petits. Elle perce même les nids d’hiver pour les en extraire, selon le recueil de l’Observatoire.

Les consignes de l’Observatoire et de l’INRA :

  • nichoir en bois non traité ou en béton de bois, avec un trou d’entrée de 32 mm ;
  • posé à plus de 1,80 m de haut, l’entrée à l’abri des vents dominants et du plein soleil ;
  • installé en automne, avant la saison de nidification ;
  • 8 à 20 nichoirs par hectare pour protéger une zone, selon l’Observatoire (15 à 20 selon l’INRA).

Une étude de l’INRA menée sur 8 à 10 ans montre que les nichoirs augmentent le nombre de couvées et réduisent les populations de processionnaires. L’Observatoire prévient toutefois que les mésanges peuvent mettre du temps à s’installer : c’est un appoint, pas une solution immédiate.

Les précautions à prendre

  • Portez des gants, des lunettes et un masque pour poser un collier sur un arbre déjà porteur de nids, et pour retirer le sac.
  • Ne grimpez pas dans l’arbre pour couper un nid : l’Anses et l’ARS conseillent de confier ce travail à un professionnel équipé. Voir notre page nid de chenille processionnaire.
  • Tenez les enfants et les chiens loin du tronc et du sac. Pour un chien qui a touché une chenille, c’est une urgence : voir chenille processionnaire et chien.

Pour reconnaître l’insecte et son cycle, voir notre page chenille processionnaire du pin.

Sources

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